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Blaine Higgs, le premier ministre qui veut être PDG

Un plan rapproché de Blaine Higgs.

Blaine Higgs a été élu en septembre 2018.

Photo : Radio-Canada / Élisa Serret

Radio-Canada

Le gouvernement progressiste-conservateur de Blaine Higgs présentera son premier budget mardi. Pour la première fois en 12 ans, le budget présenté sera équilibré. Le Nouveau-Brunswick traîne une dette de 14 milliards de dollars, et Blaine Higgs s'est fait élire en promettant de redresser le bilan financier provincial.

Une analyse de Michelle LeBlanc

Le Nouveau-Brunswick peut-il être géré comme une grande entreprise ? Blaine Higgs, lui-même un gestionnaire de carrière chez Irving Oil, pense que oui. Son passé de ministre des Finances (2010-2014) indique qu’il avait amorcé la transformation.

S’il y a une constante dans les budgets présentés par Blaine Higgs alors qu'il était ministre des Finances de David Alward, c’est son désir d’efficacité : offrir des services gouvernementaux au moindre coût et avec le moins d’employés possible.

Dans le passé, il a poussé les ministères, les districts scolaires, les régies de santé et les foyers de soins à réduire les coûts sans couper dans les services. En l’espace de quatre ans, il a retranché près de 2000 postes de la fonction publique élargie.

Les fonctionnaires qui sont restés n’ont pas eu de cadeau non plus : il a gelé les salaires, les embauches, les promotions automatiques. Il a resserré les règles des congés de maladie et forcé les employés à prendre des vacances pendant la période des Fêtes.

Le bâtiment de l'Assemblée législative à Fredericton, avec le drapeau du Nouveau-Brunswick.

Pas facile pour les citoyens de comprendre qui tient les commandes du gouvernement depuis les élections du 24 septembre au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

Et c’est sans compter sa grande réforme des régimes de pension.

Outre le régime minceur imposé à la fonction publique, Blaine Higgs ne s’est pas gêné pour réduire les subventions aux municipalités, aux universités et aux groupes communautaires.

S’il a fait ses preuves dans le domaine de la restriction maximale les dépenses, l’exercice de trouver des revenus s’est avéré plus compliqué.

Entre 2011 et 2014, Blaine Higgs a misé sur des augmentations des taxes sur l’essence et le tabac pour gonfler les revenus. Sa mesure la plus lucrative a été d’augmenter l’impôt sur le revenu des particuliers et des entreprises : 230 millions de dollars.

Certaines de ses mesures, comme la vente de l’avion gouvernemental et la réduction de la haute fonction publique, sont plus symboliques que significatives.

Couper, oui, mais où trouver des revenus ?

Avant même son élection, Blaine Higgs a fait du contrôle des finances publiques et de la dette la grande question qui le définit.

À peine devenu premier ministre, il a mis en attente de nombreux projets d’infrastructure, comme l’élargissement de la route 11, le palais de justice de Fredericton et l’unité mère-enfant de l’Hôpital régional d’Edmundston. Ces projets étaient financés à parts égales entre la province et le gouvernement fédéral.

Un panneau de la route 11.

La route 11 traverse le Nouveau-Brunswick du nord au sud, sur la côte est de la province.

Photo : Radio-Canada

Nous n’avons pas à inventer des projets parce qu’il y a de l’argent du fédéral sur la table, a-t-il dit. Une économie financée par les “payeurs de taxes” n’est jamais une formule gagnante.

Le ton emprunté dans les négociations avec les foyers de soins laisse présager que le gouvernement Higgs maintiendra la ligne dure dans ses relations avec la fonction publique - et les employés parapublics.

Dorothy Shephard, ministre du Développement social du Nouveau-Brunswick, en point de presse.

Dorothy Shephard, ministre du Développement social du Nouveau-Brunswick, a rencontré les médias après l'interruption des négociations.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Il a promis en campagne électorale de réduire la fonction publique de 600 autres postes.

Le défi principal de Blaine Higgs sera de trouver des recettes supplémentaires. Outre le fédéral et les payeurs de taxes, les sources de revenus sont limitées.

Déjà, il a promis de ne pas augmenter les impôts. Étant donné qu'il est en lutte contre la taxe sur le carbone, il serait surprenant qu’il augmente la taxe sur l’essence.

Bien qu’il fasse des pieds et des mains pour relancer un projet de pipeline avec l’Alberta, les chances de voir Énergie Est ravivé sont à peu près nulles.

Tout un défi, donc, pour Blaine Higgs et son gouvernement minoritaire. La province-entreprise qu’il souhaite diriger sera peut-être efficiente et efficace, mais son produit sera-t-il suffisant pour trouver le chemin de la rentabilité?

Nouveau-Brunswick

Politique provinciale