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Le périlleux déménagement des fourmis de l’Insectarium

Des fourmis Atta à l'Insectarium de Montréal

Photo : Radio-Canada / Alexis Gacon

Radio-Canada

Comme le Biodôme, l'Insectarium de Montréal a fermé ses portes pour faire peau neuve. Sa superficie va augmenter de près de 70 % d'ici à sa réouverture, à l'été 2021. L'heure est donc au déménagement pour les insectes. Pour qu'elle survive, une espèce de fourmi demande cependant un soin tout particulier.

Un texte de Alexis Gacon

Enfermées dans un bac fait d'un plastique spécial qui les empêche de s’enfuir, pas moins de 30 000 fourmis Atta, des coupeuses de feuilles originaires du sud des États-Unis, déménagent pour vivre dans un laboratoire de l’Université McGill.

C'est certainement l'espèce la plus nombreuse qu'on avait dans nos collections. C'est probablement 80 % des organismes vivants qui viennent de quitter le musée.

Maxime Larrivée, directeur de la recherche et des collections à l’Insectarium

Ce déménagement est périlleux. Leur survie dépend d'un champignon qui nourrit la colonie. Si les fourmis sont trop stressées durant le transport, ou si la variation de température est trop importante, elles vont délaisser le champignon, ce qui peut entraîner la mort de la colonie en peu de temps.

Une fourmi sur une branche.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Fourmi Atta, dite coupeuse de feuilles

Photo : Radio-Canada / Alexis Gacon

Dominique Ouellet, entomologiste à l'Insectarium, s'occupe du transport de la colonie.

Ce qu’il y a de difficile dans ce déménagement, c'est que chaque colonie a son comportement, c'est comme un individu. [...] Il faut entretenir manuellement le champignon, un petit stress peut détruire la colonie simplement.

Dominique Ouellet, entomologiste

Les fourmis vivent dans ce champignon, qui se nourrit de leurs excréments pour rester en vie. S’il perd de sa structure durant le transport, le sort de la colonie en est scellé.

Un homme est debout à côté de deux vivariums.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'installation des fourmis Atta

Photo : Radio-Canada / Alexis Gacon

De nouvelles espèces en 2021

Âgée de huit ans, la colonie des fourmis Atta est en fin de vie; son nouveau départ vers le laboratoire de l’Université McGill sera son dernier déplacement.

Dans le sous-sol, de nouvelles colonies sont en train d'être développées pour la remplacer dans le futur Insectarium. Il s'agit de fourmis soldats originaires de Trinité-et-Tobago, longues de plusieurs centimètres et particulièrement voraces.

Si je la pose sur mon ongle, elle n’attaque pas ma phalange, sinon, ses mandibules vont profondément dans ma peau.

Dominique Ouellet, entomologiste

L'entomologiste Dominique Ouellet n'est visiblement pas effrayé par l’expérience. « Avec les plus petites, rouges, je ne sens même plus leur piqûre », dit-il.

L’Insectarium veut mettre l'accent sur des espèces impressionnantes pour sa réouverture.

« On va miser sur des espèces flamboyantes, des lucanes, des scarabées iridescents, très colorés », s’enthousiasme Maxime Larrivée.

Le projet « Métamorphose » de l’Insectarium mise aussi sur une expérience plus immersive que par le passé, favorisant la proximité avec les insectes.

Grand Montréal

Protection des espèces