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Les infirmières de santé publique de Windsor-Essex aident les mères dans le besoin, même pendant la grève

quatre femmes portant des vêtement chauds et colorés se tiennent l'une à côté de l'autre, elles portent des bannières et pancartes aux messages de solidarité pour les infirmières en grève, dont elles font partie.
De gauche à droite : Talaya Harrold, Rachael Oliver, Kendra Neufeld-Stephens et Vicky De Luca. Toutes infirmières en santé publique. Photo: Radio-Canada / Floriane Bonneville
Floriane Bonneville

Depuis une semaine, environ 86 infirmières de la santé publique de Windsor-Essex sont en grève. Vendredi, elles ont organisé une importante manifestation et une collecte de couches pour bébés, visant à aider les mères dans le besoin tandis qu'elles n'ont pas accès aux soins de santé publique.

Cette dernière initiative vise à pallier le manque de services reçus par la population pendant la grève, selon l'infirmière Sheila Hodges.

La partie de la population que nous servons le plus sont les mères, les bébés et les enfants en bas âge, mais parce que nous ne pouvons pas les servir en ce moment, nous voulions faire quelque chose pour les aider.

Sheila Hodges, infirmière de santé publique
Trois femmes se tiennent devant une tente sous laquelle une petite montagne de couches se trouvent.Des infirmières reçoivent les couches données par la population de Windsor-Essex dans le cadre d'une collecte publique. Photo : Radio-Canada / Floriane Bonneville

Mme Hodges soutient d'ailleurs que la Downtown Mission de Windsor, l'organisme a qui sont destinées les couches, a bien besoin de ces ressources dispendieuses pour les parents. La Downtown Mission a beaucoup de nourriture, mais pas assez de couches, explique-t-elle.

Selon elle, la collectivité a très bien répondu à l'appel et toutes les couches reçues ont été transportés à l'organisme de bienfaisance vers 15 h vendredi.

Une femme aux cheveux roux porte un foulard vert fluo, elle semble avoir froid, car elle se tient dehors dans la rue afin de manifester. Sheila Hodges, infirmière en santé publique du Bureau de santé publique de Windsor-Essex Photo : Radio-Canada / Floriane Bonneville

Si la grève se maintient, nous planifions organiser des collectes de dons similaires dans tout le comté d'Essex, dit Mme Hodges.

Du soutien de la communauté

Dans le cadre de cette grève générale, des employés syndiqués de plusieurs endroits dans le Sud-Ouest étaient présents pour les soutenir, dont les pompiers de Windsor, les travailleurs du Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario (SEFPO), des membres de la communauté et les politiciens Brian Masse et Cheryl Hardcastle.

Mme Hardcastle mentionne que les infirmières sont des travailleuses de premier plan, au même titre que les pompiers et les policiers, et pourtant, dit-elle, elles sont les infirmières en santé publique les moins bien rémunérées de toute la province tandis que les administrateurs du Bureau de santé sont payés très cher.

Des dizaines de personnes sont rassemblées dans un parc, ils manifestent et portent des pancartes aux messages revendicateurs pour les droits des infirmières. Des membres de la communauté sont venus apporter leur soutien aux infirmières en grève. Photo : Radio-Canada / Floriane Bonneville

Selon la politicienne, il est impératif que les infirmières de Windsor puissent être bien rémunérées et retournent au travail, parce qu'elles font face à des problèmes de santé spécifiques à la région, causés par la pollution, le climat et l'humidité, entre autres.

Une grève à reculons

Certaines des infirmières en grève disent qu'elles n'ont pas envie d'être là, aimeraient mieux servir leurs patients.

Nous adorons notre emploi, mais afin de continuer à l'aimer, nous devons être en bonne santé, mais nous ne nous sentons pas respectées traitées de manière juste, dit Kendra Neufeld-Stephens, une infirmière de santé publique.

Pour elle, il est évident que lorsque les infirmières sont en santé, il est plus facile pour elles d'aider la collectivité à elle aussi devenir et rester en santé.

L'administration ne veut pas nous parler : elle veut nous rencontrer, mais elle ne veut pas nous parler, dit Therese Taiariol, une infirmière en santé publique depuis les 20 dernières années.

Cette dernière explique que depuis septembre, l'administration offre les mêmes conditions, sans changements, tandis que le syndicat des infirmiers diminue ses demandes.

Les grands perdants de cette grève, selon Mme Taiariol, ce sont les nouveau-nés et leurs parents, car ces derniers ne recoivent pas en ce moment l'appel d'une infirmière en santé publique, coutumier 48 heures après la naissance de leur bébé.

S'il y a un problème, on doit amener les poupons à l'urgence, et c'est dangereux, parce qu'ils n'ont pas encore d'immunisation, dit-elle.

Mme Taiariol explique que les bébé n'ont pas de système immunitaire avant leur première année de vie et qu'ils sont plus susceptibles de devenir malades en allant à l'urgence.

Un manque de fonds?

Le préfet du comté d'Essex, Gray McNamara, affirme que le Bureau de la santé publique de Windsor-Essex a les mains liées lorsqu'il est question d'augmenter les salaires des infirmières.

Selon lui, cette restriction financière vient du ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l'Ontario, qui coupe le financement et demande aux communautés de se serrer la ceinture. C'est la même chose pour l'éducation et les universités, affirme M. McNamara.

Theresa Marentette, la présidente du Bureau de santé publique de Windsor-Essex, refuse de commenter la grève des infirmières.

Cette dernière tient par contre à souligner qu'en cas d'éclosion d'une épidémie de rougeole, le Bureau de santé est préparé à prodiguer tous les soins nécessaires, avec les ressources limitées qu'il a en ce moment.

Mme Marentette ne donne toutefois pas de détails du plan mis en place par son organisation.

Windsor

Santé publique