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Élections en Alberta, le mystère plane

Rachel Notley salue l'audience accompagnée de quelques membres de son Cabinet.
Rachel Notley entourée de quelques membres de son Cabinet. Photo: La Presse canadienne / Jason Franson
Marie-Pier Mercier

Les élections en Alberta seront déclenchées dans quelques heures, dans quelques jours ou dans quelques semaines. Impossible de connaître la date exacte. La première ministre, Rachel Notley, maintient le suspense depuis les derniers mois. Chose certaine, tous les yeux seront rivés sur son gouvernement, qui présentera, lundi, son dernier discours du Trône avant les élections.

S’il existe beaucoup d’inconnues sur ce qui s’en vient, le discours du Trône portera sans doute sur la santé et l’éducation.

« Si on compare à celui de l’an passé où on a beaucoup parlé de pipelines et de diversification de l’économie, j’ai l’impression que ça risque de passer plus en retrait », dit le politologue de l’Université de l’Alberta Frédéric Boily.

Le ministre fédéral des Infrastructures, Amarjeet Sohi, annonçait, la semaine dernière, que la décision du Cabinet sur TransMounain serait prise cet été, soit après les élections albertaines. Le gouvernement Notley a donc avantage à mettre l'accent sur autre chose.

La province prévoit d’ailleurs faire voter une loi qui protégerait le système de santé publique. La ministre de la Santé, Sarah Hoffman, n’a toutefois pas précisé si elle présenterait son projet de loi avant la fin de la session législative, ou sous un éventuel gouvernement néo-démocrate réélu.

Les scénarios possibles

Le gouvernement peut décider de déposer des projets de loi et de déclencher les élections plus tard, ou simplement de dissoudre l’Assemblée et se lancer dès maintenant en campagne électorale.

Celle qui a mené son parti à la première victoire de son histoire et à la première défaite des conservateurs en 40 ans, a tout intérêt à repousser les élections, croit cependant, Frédéric Boily.

« Plus Rachel Notley attend, plus il y a une possibilité que la bisbille éclate du côté conservateur », dit-il. La GRC enquête présentement sur des allégations de contributions financières illégales au Parti conservateur uni (PCU).

Jeff Callaway et Jason Kenney se serrent la main.Selon des documents obtenus par CBC, Jeff Callaway aurait en fait été un candidat « kamikaze », qui se serait lancé dans la course à la chefferie dans le seul but d’attaquer le principal adversaire de Jason Kenney. Photo : Campagne de Jason Kenney

Par ailleurs, Jeff Callaway, qui s’était présenté contre Jason Kenney, lors de la course à la direction du PCU aurait en fait été un candidat « kamikaze », qui se serait lancé dans la course à la chefferie dans le seul but d’attaquer Brian Jean, alors le principal rival de M. Kenney.

« Ce n’est certainement pas bon à l’aube d’une campagne électorale de se faire accuser d’avoir peut-être triché. [...] Cela ne fera pas nécessairement éclater en morceaux tout le parti, mais ce sera sans doute assez pour susciter certaines divisions qui pourraient leur être défavorables », ajoute M. Boily.

Pourquoi Rachel Notley est-elle si avare de commentaires quant à la date des élections ? Selon Frédéric Boily, elle veut gagner du temps.

Si le gouvernement était en avance dans les sondages ou si les sondages étaient beaucoup plus serrés, probablement qu’on saurait déjà quand on s’en va en élection.

Frédéric Boily, politologue à l'Université de l'Alberta

« Je serais surpris de voir un déclenchement dès lundi ou mardi. Je pense plutôt qu’il y aura une courte session de peut-être trois semaines et après ça, on s’en va en élection », conclut-il.

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