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Des imprévus de 5 millions de dollars pour le nouveau pavillon de l’Assemblée nationale

Le nouveau pavillon d'accueil de l'Assemblée nationale du Québec ouvrira ses portes au printemps, trois ans après le début des travaux.

Le nouveau pavillon d'accueil de l'Assemblée nationale du Québec ouvrira ses portes au printemps, trois ans après le début des travaux.

Photo : Assemblée nationale du Québec

Mathieu Dion
Hugo Lavallée

Les projets d'infrastructures de l'État québécois se réalisent rarement sans imprévus, et le nouveau pavillon d'accueil de l'Assemblée nationale, qui ouvrira ses portes ce printemps, ne fera pas exception. Au total, les changements apportés pendant les travaux et la sous-estimation des coûts atteignent près de 5 millions de dollars jusqu'ici.

Il ne s'agit toutefois pas d'un dépassement de coûts, puisqu'une contingence avait été prévue.

Les travaux de construction ont débuté en 2016 avec un budget de 60,5 millions de dollars. Trois ans plus tard, l’Assemblée nationale indique qu’elle « respecte son budget » et que le projet demeure « dans l'enveloppe budgétaire allouée ».

Une demande d’accès à l’information nous permet toutefois de constater que des centaines d’imprévus ont coûté 3,67 millions de dollars supplémentaires : modifications aux plans initiaux, ajouts de fonds de clouage, problèmes de conduits, oubli d’une prise électrique, remplacements de sous-planchers en mauvais état, etc. Des écarts constatés entre les prévisions budgétaires et la valeur des contrats octroyés s'établissent en plus à 1,19 million.

Une provision, dont on refuse de nous dévoiler les détails, apparaît toutefois dans une ventilation des budgets datée du 11 février dernier et obtenue en vertu de la Loi sur l'accès à l'information. Il est possible de l'estimer à 5 millions, puisque la contingence restante, caviardée, semble à vue d’œil se chiffrer dans les centaines de milliers et non dans les millions. 85 % des travaux étaient alors achevés.

Selon ce document obtenu en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, la provision prévue pour les travaux du nouveau pavillon d'accueil de l'Assemblée nationale peut être estimée à environ 5 millions de dollars. Nous avons tracé une ligne rouge pour mettre en évidence les montants de 7 chiffres et ceux de 6 chiffres; la contingence restante serait donc inférieure à un million de dollars.

La provision prévue pour les travaux du nouveau pavillon d'accueil de l'Assemblée nationale peut être estimée à environ 5 millions de dollars.

Photo : Radio-Canada

Par ailleurs, l'Assemblée nationale avait mal anticipé les honoraires professionnels, qui sont passés de 9,5 millions de dollars à 11,6 millions, mais elle s'est rattrapée sur les achats, services et frais administratifs.

Le coût exact des travaux « sera dévoilé plus tard au printemps », se contente de dire l'institution, une fois le tout terminé.

Un édifice de plus de 130 ans

Les travaux majeurs réalisés au cours des dernières années ont forcé les parlementaires à endurer des bruits parfois incessants de dynamitage et de marteaux-piqueurs.

Le défi était considérable étant donné que le projet est intégré à l’hôtel du Parlement conçu par Eugène-Étienne Taché et construit il y a plus de 130 ans. Un imposant tunnel a littéralement été construit au pied de l’Assemblée nationale.

La construction d'un nouveau pavillon d’accueil ultramoderne, qui était dans les cartons depuis plusieurs années, s’imposait afin de rehausser les mesures de sécurité à la suite du triste attentat au parlement d’Ottawa en 2015. Le coût du projet a d’ailleurs bondi de 22 % après la tragédie en raison de l'ajout de dispositifs de protection. Deux nouvelles salles de commissions parlementaires sont aussi incluses dans le projet.

Les députés pourront utiliser deux nouvelles salles de commissions parlementaires ultra modernes pour étudier les projets de loi.

Les députés pourront utiliser deux nouvelles salles de commissions parlementaires ultra modernes pour étudier les projets de loi.

Photo : Assemblée nationale du Québec

Controverse sur l’origine du budget

Le Journal de Québec avait révélé en 2015 que l'Assemblée nationale avait épargné pour ce projet en ne remplaçant pas le départ d'employés tout en conservant le même budget.

Cette façon de faire a suscité la controverse. Les surplus des organismes publics doivent normalement retourner dans les coffres de l’État, mais l’Assemblée nationale, une institution souveraine, est indépendante du gouvernement, avait plaidé à l’époque l’ancien président Jacques Chagnon.

Deuxième phase des travaux

Une seconde phase de travaux est prévue en 2020-2021 afin de sécuriser le « périmètre extérieur de l’ensemble du parc immobilier de l’Assemblée nationale ».

L’institution voudra prévenir, par exemple, toute tentative d’attaque au camion-bélier. La rue des Parlementaires derrière l’édifice principal serait partiellement fermée à la circulation avec l’installation d’une guérite et d’un poste d’inspection des véhicules à son entrée ainsi que la construction d’une sortie sécurisée. Une entente surviendra prochainement à cet effet avec la Ville de Québec, puisque les plans et devis doivent être produits cette année.

Des bollards et barrières aux points d’accès autour du site seraient également aménagés.

D’autres travaux sont aussi en préparation afin de rafraîchir le restaurant Le Parlementaire et de rénover le Salon bleu.

Mathieu Dion et Hugo Lavallée sont correspondants parlementaires de Radio-Canada à Québec

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