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L’avez-vous vu? Des robots mous et la fin de l’hiver australien d’ici 2050

Des centaines de personnes sur une plage de Sydney

Les Australiens subiront de plus en plus de canicules.

Photo : Getty Images / TORSTEN BLACKWOOD

Danielle Beaudoin
Isabelle Maltais

Un nouveau record pour le calcul du nombre Pi, traiter la dépression avec du courant électrique et une pandémie ravageuse de faux médicaments. Voici quelques nouvelles que vous auriez pu manquer cette semaine.

1. Les robots du futur seront-ils mous et spongieux?

Un robot en mouvement.

Un robot mou inventé par l'équipe de Katia Bertoldi, de l'Université Harvard

Photo : Université Harvard/ Katia Bertoldi

Lorsqu’on pense aux robots, on les imagine faits de métal ou à la limite en plastique souple, avec des engrenages et du filage. Une ingénieure de l’Université Harvard, Katia Bertoldi, a plutôt construit avec ses collègues des robots avec des matériaux mous et spongieux. Elle a présenté ses inventions il y a quelques jours lors d’une rencontre de l’American Physical Society à Boston.

Courtoisie de Katia Bertoldi, de l’Université Harvard

En s’inspirant de la peau du serpent, l’équipe de Mme Bertoldi a construit un étrange robot bien loin du R2-D2 de Star Wars. Fait à partir d’un simple ballon, ce robot se transforme en une sorte de reptile qui ondule sur le sol. Les chercheurs se sont inspirés des techniques du kirigami, une forme d’art japonais, pour créer un tissu qui ressemble à la peau du serpent avec ses écailles. Les écailles s’élargissent quand le tissu s’étire, et elles se referment quand il se détend.

Ces mouvements répétitifs des écailles font avancer le robot. Et c’est l’utilisation de matériaux mous qui rend cela possible.

Par le passé, les chercheurs boudaient ces matériaux, car ils sont difficiles à contrôler.

« Traditionnellement, nous créons des systèmes pour éviter l’instabilité », explique Katia Bertoldi. « Mais je suis convaincue que cette instabilité est amusante, et que nous pouvons l’utiliser pour faire avancer les fonctionnalités de certains systèmes.

2. Se faire repousser la tête : un tout « nouveau » pouvoir pour certains vers

Gros plan sur le ver.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un « ver à ruban » (Tubulanus sexlineatus) se fait pousser une nouvelle tête. Il s’agit de la section plus claire à gauche.

Photo : Université du Maryland/Terra C. Hiebert

Un groupe international de chercheurs a découvert qu’au moins quatre espèces de vers marins ont développé assez récemment sur le plan de l'évolution l’habileté de faire croître une nouvelle tête à la suite d’une amputation.

La régénération de parties amputées du corps est rare chez les animaux, mais elle existe, que ce soit chez les salamandres, les araignées, les vers ou encore les étoiles de mer. Jusqu’ici, les scientifiques croyaient qu’il s’agissait là d’un trait ancien que certaines espèces avaient réussi à conserver, tandis que la plupart des autres l’avaient perdu durant leur évolution.

La nouvelle étude (Nouvelle fenêtre), publiée sur le site de Proceedings of the Royal Society, arrive à une autre conclusion. Les chercheurs ont découvert que quatre espèces de « vers à ruban marins » ont développé tardivement la capacité de faire repousser leur tête, incluant le cerveau.

Au départ, l’ancêtre de ce type de vers ne pouvait pas régénérer une tête, mais on découvre aujourd’hui que cette habileté s’est développée plus tard dans quatre groupes séparés, explique Alexandra Bely, coauteure de l’étude et professeure associée de biologie à l’Université du Maryland.

Pour un des groupes, cette nouvelle capacité de régénération serait apparue il y a 10 à 15 millions d’années. Cela est récent en termes d’évolution, car de telles habiletés seraient nées il y a plus de 500 millions d’années, avant la période cambrienne.

3.14.... Le nombre Pi s’allonge

Emma Haruka

Emma Haruka, une employée de Google, a établi un nouveau record du nombre de Pi.

Photo : Google

Jeudi, lors de la Journée mondiale de Pi (π), ce nombre qui commence par 3,14 et qui se poursuit infiniment après la virgule, on apprenait qu’une employée japonaise de Google (Nouvelle fenêtre) a pulvérisé le record du nombre de chiffres calculés après cette virgule.

C’est donc 31 mille milliards de décimales qui sont maintenant connues, beaucoup plus que les 22 mille milliards précédentes.

Emma Haruka Iwao est parvenue à ce chiffre après 4 mois, grâce au travail de 25 machines de l’infrastructure Google Compute Engine qui ont utilisé 170 téraoctets de données. Cela équivaut, selon Google, à peu près à la quantité de données de l'ensemble des collections imprimées de la Bibliothèque du Congrès, aux États-Unis.

Même si la recherche de versions plus longues de Pi est un passe-temps de longue date chez les mathématiciens, elle n’est pas d’une grande utilité, puisque même la NASA affirme n’utiliser que 15 décimales de Pi dans ses calculs.

4. L’hiver australien pourrait disparaître d’ici 30 ans

Des gens sur la plage et dans la mer

Des Australiens profitent de la mer à Bondi Beach, près de Sydney

Photo : Reuters / Stringer .

D’ici 2050, l’hiver australien tel que connu jusqu’à maintenant pourrait disparaître au profit d’une saison beaucoup plus chaude, et le pays connaîtrait une saison estivale marquée par des canicules de plus en plus prononcées.

C’est du moins les conclusions auxquelles arrivent des universitaires de l’École d’art et de design et de l’Institut sur les changements climatiques de l'Université nationale australienne, qui ont développé un outil interactif (Nouvelle fenêtre) permettant de visualiser les températures moyennes attendues dans 30 ans dans des milliers d’endroits en Australie ainsi que le nombre de jours de canicule.

Pendant le « nouvel été », nom donné par les concepteurs de l’outil à l’été caniculaire qui deviendrait la norme, les températures dépasseraient régulièrement les 30 degrés Celsius et même les 40 degrés.

Seulement quelques endroits en Tasmanie verraient leur climat inchangé, selon ce scénario, qui est basé sur les données climatiques actuelles et projetées pour chaque saison.

Par exemple, à Sydney, où la température moyenne maximum journalière a été de 22,1 °C entre 1960 et 1990, on devrait observer une augmentation de la température de 3,3 degrés en 2050. L’été pourrait être marqué par 62 jours de températures de plus de 30 °C et 5 jours de températures au-dessus de 40 °C.

5. Soigner la dépression par l’électricité

Gros plan sur une tête couverte d'électrodes.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La chercheuse postdoctorale de l'Université de Caroline du Nord (UNC) Sangtae Ahn porte les électrodes utilisés dans l'étude de Flavio Frohlich. En arrière-plan, une autre membre de l'équipe, l'étudiante Julianna Prim.

Photo : UNC School of Medecine/derewicz

Des tests cliniques réalisés par des chercheurs américains laissent penser que la stimulation de la boîte crânienne par courant électrique pourrait traiter avec efficacité les symptômes de la dépression.

Lors de leur étude parue dans Translational Psychiatry (Nouvelle fenêtre), les scientifiques ont envoyé du courant électrique dans des électrodes attachées au cuir chevelu de patients souffrant de dépression majeure, cinq jours de suite pendant 40 minutes.

L’idée des chercheurs était de resynchroniser ainsi les ondes alpha du cortex frontal gauche avec celles du cortex frontal droit, des travaux récents ayant démontré qu'elles étaient plus actives du côté gauche chez les patients souffrant de dépression.

Chez 70 % des participants dont le traitement avait ciblé les ondes alpha, les symptômes de la dépression ont été réduits de moitié après deux semaines, selon les participants, qui ont dû répondre à un questionnaire pour tester leurs symptômes immédiatement après l'intervention, deux semaines plus tard et un mois plus tard.

Les patients ne ressentaient cependant plus de baisse significative de leurs symptômes dépressifs au bout d'un mois.

6. Les faux médicaments tuent 250 000 enfants par an

Gros plan sur une quantité importante de comprimés de toutes les tailles et de toutes les couleurs.

De nombreux comprimés médicaux

Photo : iStock

Des médecins dénoncent une « pandémie de mauvais médicaments » qui tue probablement des centaines de milliers de personnes par année dans le monde.

Ainsi, 250 000 enfants meurent bon an mal an, après avoir pris des médicaments contrefaits ou de mauvaise qualité pour traiter la malaria ou la pneumonie, selon l’équipe de médecins qui a publié un article (Nouvelle fenêtre) dans l’American Journal of Tropical Medicine and Hygiene.

D’autres meurent après avoir pris des vaccins ou des antibiotiques contrefaits ou de mauvaise qualité, pour traiter des infections aiguës ou des maladies comme l’hépatite, la fièvre jaune ou la méningite.

La plupart de ces décès sont survenus dans des pays où il y a non seulement une forte demande pour des médicaments, mais où il y a très peu de surveillance et de contrôle de qualité. Cela permet aux bandes criminelles et aux cartels d’infiltrer le marché pharmaceutique. Et s’ils se font prendre, ils écopent d’une amende ou d’une peine légère.

7. Des bactéries permettant aux grenouilles de trouver un partenaire sexuel

Une grenouille verte sur une feuille.

Une espèce vivant dans l'État d'Amazonas, au Brésil

Photo : getty images/istockphoto / aldinabella

Des scientifiques pensent que la forte odeur dégagée par certaines espèces de grenouilles est produite par des bactéries dans le but d'attirer un partenaire pour la reproduction.

La recherche, réalisée au Brésil sur la rainette arboricole Boana prasina et publiée dans la revue Actes de l'Académie nationale des sciences (PNAS), a surpris les scientifiques, en montrant une différence prononcée dans la concentration des composants volatils émis par la peau des grenouilles de sexe masculin et féminin, composants qui étaient par ailleurs exactement les mêmes.

Leur analyse a aussi révélé que plusieurs de ces composants étaient produits par des bactéries.

Ces conclusions pourraient maintenant être étendues à plusieurs autres espèces.

« Si B. prasina utilise le parfum comme forme de communication, il est fort possible que d’autres espèces utilisent également la communication olfactive, étant donné que chaque espèce a une odeur caractéristique », explique le coauteur de l'article Célio Haddad, professeur à l’Institut de biosciences Rio Claro de l’Université d’État de São Paulo, au Brésil.

Selon M. Haddad, si cette hypothèse se confirme, cela aura des répercussions majeures.

« Un seul anoure [ordre d’amphibien comportant les grenouilles et les crapauds], à Madagascar, est actuellement connu pour communiquer par odeur », dit-il.

Science