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analyse

Réseau structurant : quel était le plan du gouvernement Couillard?

Le premier ministre Philippe Couillard et ses candidats de la région de Québec

Le premier ministre Philippe Couillard était à Québec samedi matin.

Photo : Radio-Canada

Louise Boisvert

Si on se fie aux propos du député fédéral de Louis-Hébert, Québec savait depuis juin qu'elle devrait obligatoirement puiser dans deux fonds pour récupérer la participation du gouvernement fédéral pour financer le projet de tramway. Pourquoi alors ces sommes n'ont-elles pas été protégées immédiatement ?

« C'était entendu que le fonds fédéral des infrastructures vertes devait financer le projet de tramway », a déclaré le député fédéral Joël Lightbound en début de semaine.

Selon lui, lors de la signature de l'entente bilatérale entre Québec et Ottawa, en juin, il était clair que la Ville de Québec récolterait seulement 412 M$ dans Fonds des infrastructures de transport collectif et 800 M$ dans celui des Infrastructures vertes.

Ottawa répète que ce fonds complémentaire est 1,8 milliard de dollars. Ce qui est suffisant pour combler le manque à gagner. Dans les faits, le projet de la Ville de Québec est admissible seulement à un volet de ce fonds, qui contient au total 800 M$.

Faites le calcul. S'il y a en assez pour la Ville de Québec, il n'y en a plus pour les projets des autres villes.

Même en sachant, dès le départ, que le fonds fédéral d'infrastructures vertes devait servir à financer le tramway, le gouvernement du Québec ne s'est pas empêché de s'en servir pour financer d'autres projets.

Pour l'instant, il n'est pas clair qui, de la CAQ ou du PLQ, a pigé dedans en premier. De toute évidence, les sommes n'ont pas été réservées pour la Ville de Québec dans un cas comme dans l'autre.

Chicane fédérale-provinciale

Il y a un an, jour pour jour, le gouvernement du Québec signait une entente avec la Ville de Québec pour le projet de réseau structurant. Dès lors, il avait été convenu que Québec paierait 60% de la facture, Ottawa, 40%. Le maire de Québec jubilait.

Conférence de presse à l'hôtel de ville de Québec.  Régis Labeaume et Philippe Couillard lancent officiellement le projet de réseau structurant en mars 2018.

Conférence de presse à l'hôtel de ville de Québec. Régis Labeaume et Philippe Couillard lancent officiellement le projet de réseau structurant en mars 2018.

Photo : Radio-Canada

En plus d'avoir réussi à convaincre tous les partis politiques à l'Assemblée nationale d'appuyer son projet, les sommes pour le financer lui étaient promises sur un plateau d'argent.

Les discussions se sont compliquées par la suite.

Des mois plus tard, Régis Labeaume est forcé de déchanter.

Le silence des libéraux

L'actuel ministre des Transports, François Bonnardel, a affirmé haut et fort cette semaine qu'il n'aurait jamais signée une entente pareille. Facile à dire une fois que les jeux sont faits. Le gouvernement de la CAQ estime qu'Ottawa ne peut pas imposer ses critères pour utiliser les fonds qu'il rend disponibles à la province.

Le gouvernement fédéral ne peut pas nous faire miroiter d'une part qu'on va avoir le champ libre de faire ce que l'on veut avec cet argent pour, d'autre part, nous imposer à utiliser le fonds d'une certaine façon.

Geneviève Guilbault, ministre responsable de la capitale nationale

La ministre responsable de la région, Geneviève Guilbault, souhaite qu'Ottawa modifie ses critères pour rendre le fonds accessible au projet de Québec, mais aussi aux autres projets du Québec. L'impasse reste entière.

Quant aux libéraux, ils sont restés très discrets sur le dossier jusqu'à maintenant. L'ancien ministre responsable de la capitale nationale, Sébastien Proulx, n'est pas monté aux barricades pour exiger de la CAQ qu'elle trouve une solution. Il n'a pas non plus défendu les choix de son ancien Premier ministre de signer l'accord avec Ottawa.

Les budgets de la semaine prochaine n'apporteront certainement pas toutes les réponses. Québec devrait honorer son engagement total au projet. Ottawa risque de rester sur ses positions sous prétexte que l'argent est déjà sur la table.

Louise Boisvert analyse la politique municipale à Québec

Québec

Affaires municipales