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Tornades : la municipalité de Pontiac se relève, mais l'aide psychosociale reste nécessaire

Les madriers d'une maison gisent sur le sol, dans le gazon, en bordure d'une route.
Des débris se sont accumulés en bordure de route à la suite de la tornade. Photo: Radio-Canada / Lorian Bélanger
Radio-Canada

Les défis auxquels font face certains résidents de la municipalité de Pontiac, six mois après le passage des tornades dans la région, ne se limitent pas aux rénovations de leur maison, mais passent aussi par une reconstruction de nature psychosociale.

Selon le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Outaouais, de trois à quatre sinistrés font une demande d'aide chaque semaine, et ce, même si la catastrophe a eu lieu il y a plusieurs mois.

Pour le psychologue Marc Martineau, ce serait une erreur de penser que les gens [se] remettent [en six mois] d'un sinistre comme celui qui a déferlé sur la région en septembre.

Selon lui, beaucoup d’importance est accordée à la survie, soit les besoins immédiats après un sinistre. Or, le retour à la vie, qui peut prendre beaucoup de temps, est négligé, soutient le psychologue.

Après l’effet de choc, une douleur à long terme peut s’installer chez des victimes de sinistre, explique le psychologue. Il y a plusieurs émotions : la crainte, beaucoup de frustration et le sentiment d’injustice, énumère-t-il.

Marc Martineau répond aux questions d'un journaliste. Marc Martineau, psychologue. Photo : Radio-Canada

Pour surmonter ces sentiments, les sinistrés doivent bénéficier d’un lieu sécuritaire, stable et calme – ce dont les sinistrés sont privés, soutient M. Martineau. C’est difficile de progresser quand on n’a pas accès à son propre logement.

Les problèmes décrits par M. Martineau ne sont pas étrangers à Nada Milasic et sa famille, qui subissent toujours les contrecoups de la tornade, six mois après. Comment je me sens? Je me sens comme... Je suis en dépression, vraiment en dépression, admet Mme Milasic.

Nada Milsic répond aux questions d'un journaliste, en pleurs.Nada Milasic, sinistrée. Photo : Radio-Canada

La maison de Mme Milasic et sa famille est un véritable chantier de construction, mais les travaux sont au point mort depuis des semaines, alors qu'ils attendent que leur assureur donne le coup d'envoi.

Je ne peux pas dormir. Quand la dame de l'assurance m'appelle, je stresse, décrit-elle, incapable de retenir ses sanglots.

Même son de cloche pour le conjoint de Mme Milasic, Sravisa Ternovskej, toujours affecté par les dommages qu'a subis sa résidence. Ça fait mal. J'ai construit cette maison-là pour moi, pas pour la vendre, alors j'ai mal, dit-il.

Sravisa Ternovskej à l'extérieur de sa résidence.Sravisa Ternovskej a toujours de la difficulté à composer avec les dommages à sa résidence. Photo : Radio-Canada

Depuis le sinistre, une toile a été installée pour éviter les infiltrations d'eau et de neige, mais rien d'autre n'a été fait, raconte-t-il.

Selon la Municipalité de Pontiac, la moitié des sinistrés attendent toujours des nouvelles de leur assureur avant de pouvoir donner un premier coup de marteau.

Au total, 108 personnes ont reçu de l'aide psychologique à la suite des tornades jusqu'à présent en Outaouais.

Avec les informations de Jérôme Bergeron

Ottawa-Gatineau

Incidents et catastrophes naturelles