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La tuerie en Nouvelle-Zélande est « effroyable » selon un musulman de la Saskatchewan

Un homme en veston et en cravate regarde la caméra, debout à l'extérieur.
Amr Henni est le président par intérim de l'Association multiconfessionnelle de la Saskatchewan. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Le président par intérim de l'Association multiconfessionnelle de la Saskatchewan, Amr Henni, a qualifié d'« effroyable » la tuerie qui a fait au moins 49 morts et qui a blessé grièvement 48 personnes dans deux mosquées en Nouvelle-Zélande, pendant les prières du vendredi.

Étant lui-même de confession musulmane, le Saskatchewanais d’origine algérienne déplore que certains groupes de politiciens hésitent encore à lutter contre l’islamophobie.

« Malheureusement, la plupart des services de sécurité essaient de faire très attention à tout ce qui est de l’ordre du terrorisme musulman, mais ils ne veulent pas savoir d'où vient le reste du terrorisme, du côté de l'extrême droite », constate-t-il.

M. Henni ajoute : « on l'aura vu ailleurs, les partis d'extrême droite sont en train de prendre le pouvoir presque partout, donc ce sont des choses qui vont devenir pires et ne vont pas s'améliorer », poursuit-il.

Plus tôt vendredi, la première ministre de la Nouvelle-Zélande, Jacinda Ardern, a mentionné qu'il est désormais évident « qu'il s'agit d'un attentat terroriste ».

Tristesse et recueillement

La traditionnelle prière du vendredi à la mosquée Mahmood de la communauté Ahmadiyya de Regina s’est déroulée dans la tristesse.

Les pensées étaient tournées vers les dizaines des personnes tombées sous les balles d'un tireur qui a ouvert le feu dans un lieu qui, d'habitude, symbolise la paix et la sécurité.

Devant une vingtaine de fidèles qu'il sentait inquiets et confus, l'imam a tenu à rappeler que ces fusillades sont des événements isolés.

« Lorsque des événements de ce type surviennent, on rappelle aux membres que ces attaques terroristes ne sont pas associées à une religion ou un groupe religieux », mentionne l’imam Zeeshan Ahmed.

Il réaffirme qu'il n'avait pas peur, mais il a tout de même fait appel à des bénévoles supplémentaires pour garantir la sécurité des fidèles.

Risques minimes en Saskatchewan

Dans le cadre de ses fonctions de président par intérim de l’Association multiconfessionnelle de la Saskatchewan, Amr Henni explique faire « beaucoup d'efforts avec les autorités pour essayer d'expliquer aux autres notre propre religion, et l’on apprend beaucoup par ces choses-là », en déclarant recevoir également du soutien des gens d’autres confessions religieuses.

Amr Henni ajoute être allé lui-même dans plusieurs églises pour parler de l’islam aux paroissiens, afin de démythifier les principes de sa religion.

Il estime qu’une tragédie comme celle de la Nouvelle-Zélande risque peu de se produire en Saskatchewan.

Mais vous savez, je crois que les Néo-Zélandais disaient la même chose avant que cela arrive.

Amr Henni, président par intérim de l'Association multiconfessionnelle de la Saskatchewan

« Je n'ai pas l'impression que quelque chose de grave pourrait se passer en Saskatchewan, mais un redoublement d'efforts du gouvernement pour essayer de trouver les cellules d'extrême droite serait quelque chose de profitable », espère-t-il.

« Il y a de plus en plus de gens qui s'autorisent à dénigrer des religions et des pays qui sont en majorité musulmans. Ces choses-là ouvrent la porte à d'autres », explique-t-il.

« Aucune place pour l’islamophobie »

Le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, a exprimé ses condoléances aux familles des victimes, « à la communauté musulmane dans la province que nous représentons et dans tout le pays », a-t-il déclaré dans un événement à Saskatoon.

« Il n’y a pas de place pour ceci, un acte de ce genre, a-t-il dit. Il n’y a pas de place pour l’islamophobie. Il n’y a pas de place pour les actes haineux comme celui-ci dans notre province, notre pays ou dans le monde et je vais les condamner. »

Questionné sur les multiples patrouilles de la police de Saskatoon autour des mosquées, M. Moe a déclaré qu’il faisait confiance aux services de police de la Ville des Ponts et de toute la province.

« Je fais aussi confiance à la population de la Saskatchewan », conclut le premier ministre de la province.

Avec les informations de l’émission Point du jour

Attentats dans deux mosquées de la Nouvelle-Zélande

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