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« Quand nous ignorons le racisme, des innocents paient le prix », affirment des musulmans de Winnipeg

Deux femmes se font une accolade.
La directrice générale de l'Association des services sociaux islamiques, Shahina Siddiqui est réconfortée par une amie. Photo: Radio-Canada / Gavin Boutroy
Denis-Michel Thibeault

La communauté musulmane de Winnipeg est ébranlée à la suite de la fusillade tragique survenue dans deux mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande.

La directrice générale de l'Association des services sociaux islamiques, Shahina Siddiqui, a de la difficulté à y croire.

« L’augmentation de la haine, on la voit, on la constate, dit-elle, mais en même temps on espère que quelque part, peut-être… peut-être que nous nous trompons. Peut-être que rien de mal ne se produira. Mais aujourd’hui… je ne sais pas comment exprimer cela en mots. Mes pensées vont aux familles de ces personnes. »

Au moins 49 personnes sont mortes et 48 autres ont été grièvement blessées dans des fusillades survenues dans deux mosquées de Nouvelle-Zélande, où de nombreux fidèles étaient réunis pour les prières du vendredi.

Shahina Siddiqui dit que cette attaque ébranle la conception de la paix qu’elle pouvait avoir.

« Dernièrement, nous parlions de la manière dont les gens à Winnipeg se tiennent ensemble, mais je suis certaine que les gens en Nouvelle-Zélande pensaient la même chose. Je suis certaine que les gens de Québec se disaient la même chose », ajoute Mme Siddiqui.

Quand nous ignorons le racisme, des innocents paient le prix.

Shahina Siddiqui, directrice générale de l'Association des services sociaux islamiques

Son collègue, Krishna Lalbiharie, trouve ironique que ces événements surviennent alors que le groupe s’apprêtait à tenir une conférence pour parler de crimes haineux au Canada.

La conférence qui a pour titre Lutter pour la dignité humaine : race, sexe, classe et religion, doit accueillir des experts du Canada et des États-Unis. La rencontre est ouverte aux musulmans et aux non-musulmans.

La rencontre a d’ailleurs commencé par une prière pour les victimes des fusillades.

« Il y a plusieurs choses qui me traversent l’esprit en ce moment, raconte Shahina Siddiqui. Je ne sais pas comment je vais raconter cette histoire à mes petits-enfants. »

L’Association musulmane de Winnipeg, qui regroupe trois mosquées de la capitale manitobaine, s’inquiète pour la sécurité de ses membres. La prière du vendredi après-midi est la cérémonie la plus importante pour les gens de confession musulmane.

« Que ce soit une mosquée à Québec ou en Nouvelle-Zélande, une église à Charleston ou une synagogue à Pittsburgh, le terrorisme et la violence se sont invités dans des endroits qui sont conçus pour apporter confort, guérison et croissance spirituelle », affirme Tesneem Vali, un des responsables communautaires pour l’Association musulmane.

Nous avons de la difficulté à comprendre.

Tesneem Vali, membre de l'Association musulmane de Winnipeg

De leur côté, les politiciens ont tôt fait de condamner les actes violents. Le maire de Winnipeg, Brian Bowman, et le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, ont publié des messages de compassion sur Twitter.

Le maire de Winnipeg a écrit être attristé par les événements, ajoutant que les Winnipégois sont solidaires des musulmans de partout dans le monde.

Brian Pallister a pour sa part rappelé l’importance de la liberté de religion tout en exprimant ses condoléances aux familles des victimes.

Le premier ministre canadien Justin Trudeau et plusieurs de ces ministres ont fait de même.

Le drapeau canadien sur la tour de la Paix à Ottawa a été mis en berne.

Belle Jarniewski, présidente du Conseil multiconfessionnel du Manitoba, a publié une déclaration au nom du conseil d'administration de l'organisme, offrant ses « plus profondes condoléances ».

« Au moment où les attaques contre les lieux de culte prolifèrent dans le monde, il est essentiel que nous nous unissions pour condamner toutes les expressions de haine. Nous assistons à une explosion du racisme et de la violence dans le monde », affirme-t-elle.

« Nous ne pouvons être plus forts que lorsque nous sommes ensemble », ajoute Mme Jarniewski.

Manitoba

Crime haineux