•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le nouveau programme d'éducation sexuelle suscite des réactions mitigées

Une manifestante pour le rétablissement du programme d'éducation sexuelle de 2015 devant Queen's Park.
En juillet dernier, le rétablissement du programme d'éducation sexuelle de 1998 avait suscité la grogne de militants devant Queen's Park. Photo: Radio-Canada / Philippe de Montigny
Myriam Eddahia

La ministre ontarienne de l'Éducation, Lisa Thompson, a dévoilé le nouveau programme d'éducation sexuelle qui sera enseigné dès l'année scolaire 2019-2020. Ce nouveau programme d'éducation sexuelle s'inscrit dans une refonte majeure du système d'éducation de l'Ontario annoncée vendredi.

Le gouvernement revient sur certaines décisions prises l'été dernier en ramenant des concepts au programme comme l'identité de genre et le consentement.

Ce nouveau programme remplacera le plan d'enseignement de 1998 remis en place l'année dernière par le gouvernement de Doug Ford.

En juillet dernier, le gouvernement progressiste-conservateur a remplacé le programme d'éducation sexuelle modernisé de 2015 du gouvernement libéral.

Le ministère de l'Éducation a spécifié que le nouveau programme qui sera enseigné au palier élémentaire sera publié vers la fin du mois de mai et sera mis en place dès septembre 2019.

Ce que les élèves apprendront

Au cours du second semestre de la 8e année, les élèves apprendront ce qu'est l'identité de genre et l'expression de genre, a annoncé la ministre de l'Éducation, Lisa Thompson, ce qui représente en recul par rapport au curriculum de 2015, mais une modernisation comparativement à 1998.

La notion de consentement sera également de retour au programme ce qui n'était pas le cas dans le programme d'il y a 21 ans.

Le nouveau programme d’éducation sexuelle en bref :

  • Les parties du corps, incluant les organes génitaux (1re année)
  • L’image corporelle (2e et 3e année)
  • La puberté (de la 4e à la 6e année)
  • La reproduction (5e année)
  • L'orientation sexuelle (5e et 6e année)
  • Le consentement (de la 4e à la 6e année)
  • Les rapports sexuels et les infections transmissibles sexuellement (7e et 8e année)
  • L'identité de genre et l'expression de genre (deuxième semestre de la 8e année)

Le programme d’éducation sexuelle instauré par le gouvernement libéral de Kathleen Wynne avait suscité son lot de controverses, particulièrement auprès des Ontariens plus conservateurs.

Les notions de sexe anal, fellation et cunnilingus étaient entre autres apprises aux élèves de la 7e année.

Pour la première fois depuis 1998, le programme de 2015 incluait la cyberintimidation, le sextage et la masturbation.

On ne sait pas encore si ces notions feront partie du programme.

Doréanavant, les parents d'élèves pourront choisir s'ils souhaitent que leurs enfants n'apprennent pas certaines notions en classe.

Pour veiller à respecter les parents, le gouvernement appliquera une politique de non-participation, écrit le ministère de l'Éducation dans un communiqué.

La ministre de l'Éducation n'était toutefois pas en mesure de préciser quels concepts seront optionnels ou obligatoires.

Le Ministère offrira des modules en ligne que les parents pourront utiliser pour aborder ces sujets à la maison quand ils estiment que leur enfant est prêt. Les parents disposeront de ces deux options dès l'année scolaire 2019-2020.

Déclaration du ministère de l'Éducation de l'Ontario

Cette annonce arrive après une série de consultations dans le milieu de l'éducation.

Nous avons clairement écouté les Ontariens, a lancé la ministre Lisa Thompson, affirmant que plus de 72 000 personnes ont été consultées avant la mise en place de cette refonte.

Le président de l'Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques, Jean Lemay, considère que le nouveau programme est équilibré et correspond à l'opinion des parents et des conseils scolaires.

Le gouvernement a écouté les parents puis certains parents ont décidé que si ça s'offre à ces niveaux à de cette façon là ils pourront retirer leurs enfants de leurs salles de classe, dit-il.

Pour sa part, l'ancien président de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO), Pablo Mhanna-Sandoval, considère qu'il s'agit d'un pas en arrière.

C'est pas du tout le but de l'éducation sexuelle. On sait que certains parents sont inconfortables de même parler du sujet. Garder ça comme étant la décision du parent est incohérent avec le but même du programme.

Pablo Mhanna-Sandoval

Selon lui, les valeurs des parents sont priorisées par rapport à l'intérêt des jeunes.

Politique provinciale

Politique