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Partout sur le globe, les jeunes marchent pour préserver leur planète

Le reportage de Kim Vermette
Radio-Canada

Aux quatre coins du globe, des centaines de milliers de jeunes ont refusé d'aller à leurs cours et sont plutôt descendus dans la rue pour attirer l'attention des gouvernements sur les enjeux liés aux changements climatiques.

De l'Australie au Canada en passant par l'Europe, ils se sont mobilisés pour reprocher aux dirigeants mondiaux leur inaction concernant le réchauffement de leur planète. Les jeunes réclament également des efforts individuels des particuliers pour sauver la planète du réchauffement.

Cette manifestation internationale pour le climat s'est tenue dans plus de 2000 villes situées dans quelque 120 pays.

Ils participaient au mouvement mondial de grèves scolaires fédéré autour de la collégienne Greta Thunberg, qui manifeste tous les vendredis depuis août devant le parlement suédois.

Les foules les plus imposantes ont été aperçues à Sydney, Berlin, Paris, Bruxelles, Londres, Madrid, Santiago au Chili et Montréal, où une marée humaine a défilé dans les rues de la métropole.

Le mouvement a touché les cinq continents, dans des centaines de villes, même si les marcheurs n'étaient qu'une poignée en Laponie, sur l'île Maurice ou à New Delhi.

Des étudiants sont grimpés dans le monument commémoratif de la reine Victoria, d'autres assis à ses pieds.Des étudiants manifestent pour le climat devant le monument commémoratif de la reine Victoria devant le palais de Buckingham, à Londres. Photo : Associated Press / Matt Dunham

« Mes yeux souffrent de la pollution », a expliqué Shagun Kumari, 13 ans, dans la capitale indienne. Je veux un air qui n'affecte pas mes poumons. »

Sur des pancartes brandies un peu partout sur la planète, on pouvait lire : « Comme les océans, nous nous élevons » (Sydney), « Changez le système, pas le climat » (Vienne) ou encore « Le Titanic n'aurait pas eu de problème en 2019 » (Allemagne).

Et, partout on retrouvait ce message : « Il n'y a pas de planète B ».

Aux États-Unis, la mobilisation était modeste, même si des jeunes ont manifesté à New York, Washington, Chicago, Portland ou encore St. Paul.

À Washington, 1500 jeunes ont manqué les cours pour manifester devant le bâtiment du Capitole, où siège le Congrès américain, afin de pousser les politiciens à contribuer davantage à la lutte contre le dérèglement climatique.

« C'est la seule Terre que nous avons. Il n'y a pas de planète B. Il n'y a pas d'autre endroit où aller, aussi devons-nous le préserver! », a déclaré Elise Haverland, 16 ans, de Silver Spring dans le Maryland.

Un étudiant tient une affiche avec le dessin d'une terre et la mention : « Sauver l'Eden ».Des étudiants sud-africains ont fait l'école buissonnière et ils ont manifesté à Pretoria pour que les gouvernements prennent des actions concrètes pour contre les changements climatiques. Photo : Associated Press / Themba Hadebe

Prise de conscience

Au total, les organisateurs du mouvement Fridays for Future évaluaient à plus d'un million le nombre de manifestants mondiaux vendredi.

« Je demande aux hommes politiques de réfléchir à ce qui se passera quand ils ne seront plus là et aux enfants qui souffriront à cause de leurs décisions », a dit Emma Rose, 15 ans, qui a participé à un « die-in » – un rassemblement où les gens se couchent au sol et font semblant d’être morts – à New York devant le siège de l'ONU.

« Nous faisons grève pour dire à nos gouvernements de faire leurs devoirs et de nous montrer des preuves! », expliquait l'appel publié sur Facebook. Des preuves que le monde prend les mesures nécessaires pour limiter le réchauffement à +2 °C par rapport à l'ère préindustrielle, comme prévu par l'Accord de Paris. Le monde en est déjà à +1 °C et se dirige vers +3 °C d'ici 2100.

« Les températures ont grimpé, impossible de se concentrer en classe », dit Warlda Mirembe, 16 ans, venue avec son père, fermier et commerçant, manifester à Kampala, en Ouganda. « Ma prise de conscience date de l'inondation de l'école après des pluies diluviennes. J'aime mon pays, on l'appelle la perle de l'Afrique, mais on est en train de le détruire. »

La militante Greta Thunberg devant un micro et des manifestants.La militante Greta Thunberg, à l'origine de la manifestation mondiale pour le climat déclenchée aujourd'hui (le vendredi 15 mars 2019), est au micro entourée de manifestants Photo : Associated Press / Henrik Montgomery

Greta Thunberg s'est fait connaître en brandissant seule tous les vendredis une pancarte « grève de l'école pour le climat » devant le parlement de Stockholm, en Suède. Peu à peu, son initiative a gagné plusieurs pays, et des milliers de jeunes ont commencé à descendre dans la rue chaque vendredi.

La jeune Suédoise, qui a été proposée pour le prix Nobel de la paix 2019, est revenue vendredi devant le parlement suédois.

« Nous venons de naître au monde; cette crise, nous allons devoir vivre avec, et nos enfants et nos petits-enfants et les générations futures. Nous ne l'accepterons pas », a-t-elle prévenu.

Les grévistes ont aussi reçu des soutiens appuyés, comme celui de maires de grandes villes, du président italien ou de la première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern. « Ne sous-estimez pas le pouvoir de votre voix », a-t-elle dit à des étudiants cette semaine.

Pourquoi élèves et étudiants font-ils la grève pour le climat?

Inquiets pour leur avenir et celui de leur planète, des jeunes qui estiment que les adultes n’en font pas assez pour contrer les changements climatiques ont décidé de s’en mêler et manifestent régulièrement, souvent les vendredis, pour dénoncer l’inaction des gouvernements en cette matière. Inspirés par la jeune Suédoise Greta Thunberg, qui a amorcé le mouvement en allant régulièrement manifester devant le parlement de son pays, plusieurs élèves et étudiants du monde entier l’ont imitée.

Greta Thunberg est intervenue à la COP24, en décembre dernier, et au Forum économique mondial, en janvier dernier. Elle a traité les dirigeants du monde entier d'« immatures » en raison de leur inaction dans le dossier des changements climatiques.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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