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« Retournez à la table! » : des parents d'enfants autistes lancent un cri du coeur au gouvernement ontarien

Plusieurs personnes assises dans une salle

Plus de 50 personnes ont pris part à une assemblée citoyenne jeudi soir à Sudbury pour discuter des changements au Programme ontarien de l'autisme et de leurs conséquences pour le Nord de l'Ontario.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Bienvenu Senga

Des parents d'enfants autistes du Nord de l'Ontario exhortent le gouvernement provincial à faire marche arrière dans sa stratégie de financement des soins pour l'autisme. Ils craignent de ne pas voir leurs enfants s'épanouir, mais estiment aussi qu'ils seront davantage touchés par les changements prévus par le gouvernement au Programme ontarien de l'autisme.

Melissa Harriman est désemparée. Elle a dû quitter son emploi pour s’occuper de ses trois enfants autistes. La Sudburoise estime que la somme annuelle promise par le gouvernement ontarien ne sera pas suffisante pour couvrir les soins de son fils cadet, dont les problèmes sont particulièrement graves.

Ceci pourrait signifier que mon fils ne pourra jamais parler, ne sera jamais capable de vivre seul ou d’obtenir un emploi, dit-elle.

Le gouvernement doit retourner à la table, y repenser.

Melissa Harriman, mère d’enfants autistes
Une femme vêtue d'un chandail mauve

Les trois enfants de Melissa Harriman sont atteints d'autisme.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Même son de cloche chez Kara Walker dont le fils est toujours en attente de soins subventionnés. Vivant à une heure de Sudbury - la localité la plus proche où les soins sont offerts -, elle souligne que plusieurs parents nord-ontariens doivent encourir des frais de déplacement supplémentaires pour le traitement de leurs enfants.

J’aimerais mieux attendre un peu plus longtemps pour que mon fils obtienne ce dont il a réellement besoin, plutôt que n’obtenir qu’une petite partie des soins, note-t-elle.

Lors d’une assemblée citoyenne jeudi soir à Sudbury à laquelle ont pris part des dizaines de personnes, plusieurs parents ont exprimé leurs craintes de voir les chances de réussite de leurs enfants réduites par la réforme envisagée par la province. Ils se sont convenus de solliciter le concours de leurs élus respectifs et de soutenir des intiatives déjà établies visant à manifester leur mécontentement.

Les francophones davantage défavorisés

La psychologue sudburoise Allison Roy, qui offre des services de diagnostic d’autisme, indique que les grands perdants de la réforme seront les enfants souffrant d’autisme sévère.

Ces enfants ont besoin d’un traitement beaucoup plus intense et de beaucoup plus d’heures. Sans le support dont ils ont besoin, il y a un risque pour leur avenir et leur intégration dans le système scolaire, affirme-t-elle.

Une femme vêtue d'une veste bleue

La psychologue Allison Roy offre des services de diagnostic de l'autisme.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

À son avis, la situation vient exacerber un problème de manque d’accès aux soins déjà très présent dans le Nord de la province, surtout lorsque les parents requièrent des thérapeutes francophones.

Si les parents veulent des services francophones, au niveau plus intensif, il n’y a personne à l’instant dans notre district, donc c’est un autre problème qui pose des inquiétudes, explique la psychologue.

Un programme qui fait ses preuves

Michelle Duval-Benevides se réjouit des progrès réalisés par sa fille de cinq ans.

Deux ans après avoir finalement été admise au Programme ontarien de l’autisme, la jeune enfant a atteint tous les buts et terminera ses traitements en mai.

Une femme vêtue d'un chandail noir

Michelle Duval-Benevides est mère d'une fille souffrant de l'autisme.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Pour Mme Duval-Benevides, l’attente d’une année en aura valu la peine.

Ça l’a vraiment aidée avec la communication. Elle est maintenant capable de nous dire ce dont elle a besoin, de s’exprimer très bien. On a même approché une école pour voir si elle pouvait aller là pour apprendre le français, explique-t-elle.

En n’instaurant pas les mesures annoncées en février, le gouvernement ontarien donnerait une chance aux autres familles d’enfants autistes, selon la Sudburoise, de connaître le mêmes succès que la sienne.

Nous, on trouve que le traitement était miraculeux. Ce gouvernement a le pouvoir de continuer à offrir de petits miracles à toutes les familles.

Michelle Duval-Benevides, mère d’enfant autiste

Les changements au Programme ontarien de l’autisme entreront en vigueur le 1er avril.

Nord de l'Ontario

Politique provinciale