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Sécurité à la bibliothèque du Millénaire: des Winnipégois font leur consultation publique

Le gestionnaire des services des bibliothèques de la ville de Winnipeg, Ed Cuddy répond aux questions.
Le gestionnaire des services des bibliothèques de la ville de Winnipeg, Ed Cuddy, et d'autres représentants de la bibliothèque du Millénaire ont répondu aux questions lors de groupes de discussion. Photo: Radio-Canada / Julien Sahuquillo
Julien Sahuquillo

Une cinquantaine de personnes se sont réunies à l'Université de Winnipeg, mercredi soir, pour échanger avec des représentants de la bibliothèque du Millénaire. Ils reprochent à l'établissement de ne pas avoir consulté le public avant de mettre en place des contrôles de sécurité à l'entrée du bâtiment.

Bibliothécaires ou passionnés des livres, les personnes dans la salle sont hostiles au contrôle des sacs et à la fouille désormais obligatoires à l’entrée de la bibliothèque.

Pour Rob McGregor, l’un des organisateurs de l'événement, il s’agit d'entreprendre « une consultation publique que la bibliothèque aurait dû mener en amont ».

Tous ont ainsi le sentiment d’avoir été pris au dépourvu, bien qu’ils reconnaissent l’importance d’un espace sûr.

Face à eux, plusieurs représentants de la bibliothèque du Millénaire, dont le gestionnaire des services des bibliothèques de la ville de Winnipeg, Ed Cuddy.

« Ce n’était pas facile comme décision. On a vu de plus en plus d’armes ces deux dernières années, ce qui nous a amenés à prendre ces mesures », leur explique-t-il.

Il affirme ainsi que depuis 2013, les incidents violents ont augmenté de 75 %. Après avoir discuté avec les membres du personnel, il admet avoir dû mettre en place une solution rapide avec les conseils de la police de Winnipeg.

On était arrivé à un point où la police intervenait tous les jours, parfois plusieurs fois par jour.

Ed Cuddy, gestionnaire des services des bibliothèques de la ville de Winnipeg

C’est, justement, la vision unilatérale et sécuritaire que beaucoup d’intervenants dans la salle reprochent.

« Tous les gens que je connais sont opposés à ces procédures. C’est une violation de nos libertés », affirme Rob McGregor.

Une méthode jugée discriminatoire

Parmi les participants aux discussions, Fadi Innab explique ne plus être fier de l’endroit et ne plus vouloir y aller ou amener ses parents et sa fille.

« Je trouve que cela criminalise les gens », soutient-il.

D’autres, comme Kelley Campbell, estiment que cela entretient une discrimination envers les personnes sans-abri.

« Quand j’étais plus jeune, j’ai vécu un peu dans la rue. Les bibliothèques ont été une sorte de refuge. C’était des endroits où je me sentais en sécurité. Je n’aurais jamais pu entrer avec mon gros sac de voyage qui était plein de choses qui n’auraient pas été acceptées avec ce type de sécurité », note Kelly Campbell.

Kelly Campbell portant un bonnet orange.Kelly Campbell a décidé de ne plus aller à la bibliothèque du Millénaire depuis l'installation des nouveaux contrôles de sécurité. Photo : Radio-Canada / Julien Sahuquillo

Pour Rob McGregor et la plupart des autres participants, le problème de sécurité devrait davantage être géré dans la rue que dans la bibliothèque. Il ajoute que, dans l’enceinte de l'établissement, des équipes formées aux techniques non violentes de désescalade seraient plus utiles que les contrôles.

« On demande aux gens de jeter à la poubelle des seringues stériles alors que, pour un consommateur de drogue, cela est un outil pour diminuer les risques de contamination et évite d’en partager », affirme-t-il.

Les équipes de la bibliothèque du Millénaire précisent que, s’il a pu exister des cas de zèle dans la procédure, les visiteurs ayant des raisons médicales peuvent entrer avec du matériel comme des seringues.

De même, des objets tels que des fourchettes ne devraient pas être mis automatiquement à la poubelle, mais ces décisions doivent être évaluées au cas par cas.

Les participants aux discussions restent, malgré tout, agréablement satisfaits de la participation des différents représentants de la bibliothèque pour écouter les remarques et répondre aux questions.

Rob McGregor espère pouvoir réunir, avec ses coorganisateurs, une liste de recommandations issues des propositions entendues dans la soirée pour ensuite les soumettre à la direction de la bibliothèque.

Il espère que cela permettra d’instaurer de nouvelles méthodes de sécurité et de retirer les contrôles à l’entrée.

Manitoba

Prévention et sécurité