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Il faut régionaliser les services de santé mentale pour jeunes, plaident des intervenants

Un adolescent assis sur un skateboard entre deux rangées de casiers.
La suspension des travaux au Centre d'excellence pour jeunes à Campbellton est l'occasion de repenser la façon dont les services sont offerts aux jeunes qui souffrent de troubles de santé mentale, estiment des intervenants. Photo: Shutterstock
Anaïs Brasier

Davantage d'efforts devraient être investis pour offrir des services aux jeunes qui ont des troubles de santé mentale dans leur communauté et leur famille avant de créer un Centre d'excellence à Campbellton, selon des intervenants qui se sont réunis jeudi lors d'un forum organisé par l'Alliance Pro-jeunesse.

Des représentants d’une quarantaine de groupes et d’agences travaillant en santé mentale auprès des jeunes se sont rencontrés à Fredericton jeudi pour discuter de l’avenir du Centre d’excellence en matière de santé mentale jeunesse à Campbellton.

L'avenir de ce centre a été remis en question après la publication du rapport de l’ombudsman du Nouveau-Brunswick Charles Murray. Ce dernier a recommandé l’annulation du projet après avoir pris connaissance de plusieurs cas de maltraitance à l’institution voisine pour adultes, le Centre hospitalier Restigouche.

Au-delà des problèmes de recrutement et de rétention du personnel soulevés par l’ombudsman, Albert Cyr, président de la Coalition pour la santé mentale et le traitement des dépendances du Nouveau-Brunswick, croit que des efforts devraient être concentrés sur la « capacité communautaire » avant de créer un Centre d’excellence.

Il faut préserver les liens d’attachement du jeune plutôt que de l’isoler dans une institution.

Albert Cyr, président de la Coalition pour la santé mentale et le traitement des dépendances du Nouveau-Brunswick
Albert Cyr en entrevue. Albert Cyr sait de quoi il parle : son fils schizophrène a été hospitalisé au Centre hospitalier Restigouche par le passé. Photo : Radio-Canada

Qu’est-ce que la capacité communautaire?

Il s’agit, selon Albert Cyr, des ressources, de la formation, de la compétence et de la recherche axées sur le meilleur intérêt du jeune afin que celui-ci puisse avoir accès à des services en santé mentale sans quitter sa communauté et sa famille.

Albert Cyr sait de quoi il parle. Son fils schizophrène a été hospitalisé au Centre hospitalier Restigouche par le passé.

Ç'a été difficile de voir mon jeune hospitalisé et ne pas pouvoir sortir parce que les ressources communautaires n’étaient pas là.

Albert Cyr, président de la Coalition pour la santé mentale et le traitement des dépendances du Nouveau-Brunswick

Pour ce père, ce n’est donc pas une mauvaise chose que la construction du Centre d’excellence de Campbellton soit suspendue. Cela permettra, espère-t-il, de développer la capacité communautaire dans les différentes régions du Nouveau-Brunswick. Si le Centre d’excellence est construit ensuite, il pourra complémenter les ressources complémentaires et non les précéder.

Sans développer les ressources communautaires, on ignore quels sont les besoins réels pour un Centre d’excellence, assure-t-il. Si le Centre d’excellence pour jeunes à Campbellton n’est pas appuyé par la capacité communautaire, c’est comme mettre la charrue devant les boeufs.

Bernard Richard, qui a notamment été défenseur de l'enfance et de la jeunesse de la Colombie-Britannique, est d’accord. Ces services devraient être fournis à Campbellton, mais aussi à Saint-Jean, à St. Stephen, à Fredericton, dans les communautés à travers la province pour que les enfants restent au sein de leur réseau, de leurs proches, de leur famille et de leur école.

Pour John Sharpe, le directeur du développement de l’Alliance Pro-Jeunesse, qui a organisé l’événement, l’arrêt de la construction du Centre d’excellence de Campbellton est l’occasion de repenser les services offerts aux jeunes aux prises avec des troubles de santé mentale.

Avec les informations de Gabriel Garon et CBC

Nouveau-Brunswick

Santé mentale