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L'Ordre des psychologues dévoile les détails de la suspension d'Étienne Lavoie

Étienne Lavoie fait face à plusieurs chefs d'accusation, notamment de proxénétisme et trafic de drogue. On le voit ici sur une photo tirée de son profil Facebook, où il s'entraîne.
Étienne Lavoie fait face à plusieurs chefs d'accusation, notamment de proxénétisme et trafic de drogue. Photo: Facebook/Étienne Lavoie
Christine Bureau

L'Ordre des psychologues du Québec a rendu publiques les raisons qui l'ont poussée à suspendre le droit de pratique du Sherbrookois Étienne Lavoie, notamment accusé de proxénétisme, de trafic de drogues et d'agression sexuelle armée.

La semaine dernière, lors d’une audience, l’Ordre a souligné que la décision avait été prise unanimement en raison de la nature « très grave » des 14 chefs d’accusation qui pèsent contre l'homme.

L'Ordre précise cette semaine que sa décision s’appuie sur trois grandes questions, la première étant de savoir si les infractions dont Étienne Lavoie est accusé sont punissables de cinq ans et plus de prison.

La réponse du conseil de discipline est claire : Chacun des 14 actes criminels reprochés à l’intimé prévoit l’imposition d’une peine qui peut, pour chacun d’eux, atteindre une période de cinq ans d’emprisonnement.

Sur la présomption d’innocence invoquée par Étienne Lavoie, le conseil répond qu’il s’agit d’un principe qui s’applique en matière criminelle et pénale alors que la présente affaire relève du droit disciplinaire.

Les deuxième et troisième questions qui sont soulevées dans la décision de l’Ordre sont reliées à la protection du public.

D’abord, le conseil s’est demandé si les infractions alléguées avaient un lien avec l’exercice de la profession de psychologue. Même si les victimes alléguées ne sont pas des clientes d’Étienne Lavoie, la conclusion est sans équivoque.

Il est difficile d’entrevoir un lien plus direct avec l’exercice de la profession de psychologue. La nature même des actes reprochés contredit l’essence de la profession [...] qui vise à offrir de l’aide aux personnes vulnérables ou en détresse psychologique.

Enfin, le conseil s’est demandé si la confiance du public envers les membres de l’Ordre risquait d’être compromise si le droit de pratique d’Étienne Lavoie n’était pas suspendu. Encore une fois, la réponse est positive.

La position d’Étienne Lavoie

En livrant sa version des faits à l'Ordre, le psychologue s’est déclaré d’entrée de jeu non coupable de l’ensemble des infractions alléguées contre lui, peut-on lire dans la décison.

À plusieurs reprises, l’homme de 47 ans insiste sur la présomption d’innocence. Il croit que la preuve contre lui est insuffisante, notamment considérant l’absence de témoins lors de la commission des actes reprochés.

Il soutient également qu’une suspension lui enlèvera la capacité financière de se défendre.

La position de l’intimé développée au cours de sa plaidoirie fait grandement craindre, dans l’immédiat, le pire pour la protection du public, peut-on lire plus loin dans la décision du conseil de discipline.

Des conditions à respecter

Lors de son enquête sur remise en liberté, mercredi, Étienne Lavoie s’est pourtant dit prêt à respecter la décision de l’Ordre, soit celle de ne pas exercer sa profession s’il recouvre la liberté en attendant la suite des procédures.

Devant le juge, il a d’ailleurs dit qu’il ne prévoit pas trouver de travail. Je veux m'occuper de moi [...] m'assurer d'être abstinent. C'est la seule chose qui est importante pour moi.

Avant son arrestation en janvier, le psychologue faisait déjà l’objet d’un suivi avec l’Ordre en lien avec sa dépendance aux drogues. Selon ce qu’Étienne Lavoie a raconté devant la cour, les deux parties avaient conclu une entente en septembre dernier. Ce dernier s’était notamment engagé à consulter un psychologue, ce qu’il faisait depuis décembre 2018.

Selon l’entente, le psychologue consulté par Étienne Lavoie avait le devoir d’alerter l’Ordre si jamais il constatait que le problème d’Étienne Lavoie représentait un risque dans sa pratique.

La décision relativement à son enquête sur remise en liberté sera connue vendredi. Mercredi, le Service de police de Sherbrooke a confirmé avoir ouvert six autres enquêtes en lien avec des allégations semblables à celles des trois présumées victimes déjà connues.

Estrie

Justice et faits divers