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Des chercheurs découvrent que les loutres sont droitières

La loutre dont le buste est sorti de l'eau se débât à l'aide de la pierre.

Une loutre de mer sauvage en Californie ouvre des moules à l'aide d'une grosse pierre

Photo : Jessica Fujii / Aquarium de Monterey Bay

Radio-Canada

Grâce à une étude interdisciplinaire, publiée jeudi dans la revue Scientific Reports, des biologistes de la faune et des archéologues ont découvert, par des observations filmées, que les loutres tiennent les coquilles des crustacés qu'elles mangent d'une « manière très précise alors qu'elles pilaient », explique le biologiste canadien coauteur de l'étude, Tim Tinker.

Un texte de Nora Chabib

Selon lui, cette découverte révèle que la plupart des loutres - comme la plupart des humains - sont droitières.

Juste avant de frapper le rocher, ils tordent légèrement la carapace pour que leur main droite soit celle qui la fracasse vraiment.

Tim Tinker, biologiste canadien coauteur de l’étude.

Le professeur et directeur de l'Unité de recherche sur les mammifères marins à l'Université de la Colombie-Britannique, Andrew Trites explique que « le fait que les loutres tournent toujours leurs mains dans un certain sens, montre que l'animal à un très bon sens du toucher ».

Dans l'histoire des loutres on va ajouter qu'elles sont droitières et c'est fascinant parce que c'est comme les humains.

Andrew Trites, professeur et directeur de l'Unité de recherche sur les mammifères marins à l'Université de la Colombie-Britannique,

Retracer l'évolution des loutres de mer

Les outils, tels que les pierres et les roches, que les loutres utilisent pour obtenir leur nourriture, aident à retracer l'évolution de cet animal, selon les résultats de l'étude.

Ainsi, l'usure des pierres en fait un matériel exploitable pour la recherche archéologique, constat que les chercheurs avaient « manqué depuis des décennies », observe Tim Tinker.

Les chercheurs savaient déjà que, pour se nourrir de la chair des coquillages, tels que des escargots, des moules et des palourdes, la loutre se munit de pierres afin de casser les carapaces résistantes à leurs mâchoires.

Il n'y a vraiment rien qui puisse écraser une palourde, un oursin ou un escargot avec la même force que celle d'une loutre de mer (à part les humains).

Tim Tinker, biologiste canadien coauteur de l’étude.

Faux présupposés

Il y a plusieurs années, l’archéologue et directeur de l’étude, Michael Haslam, alors chercheur à l'Université d'Oxford, avait proposé à Tim Tinker de mener des recherches sur l’utilisation des pierres comme outils chez les loutres après avoir réalisé une étude similaire chez les singes.

Plutôt sceptique au départ, à cause de la difficulté d'accéder aux roches que les loutres fouillent au fond de l'océan, Tim Tinker a finalement pu se rendre compte, en travaillant sur plusieurs lieux d'observation en Californie, avec d’autres archéologues, que les loutres martèlent les moules incrustées dans les tuyaux de drainage et les rochers plus fréquemment que dans les fonds marins.

Une des deux loutres à la tête dans le gros tuyaux et mort un coquillage à pleine dent tandis que l'autre se trouve entre deux tuyaux et la regarde. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les loutres de mer dégustent des moules sur les tuyaux de drainage des ponceaux à Bennett Slough en Californie.

Photo : Michael Haslam

Au début, nous avons pensé : C'est drôle, quelqu'un a dû venir ici, pique-niquer et manger des moules.

Natalie Uomini, archéologue et anthropologue à l'Institut Max-Planck d'histoire des sciences.

La chercheure spécialisée sur les outils en pierre fabriqués par des ancêtres humains il y a 500 000 à 1 million d'années, se souvient avoir commencé à remarquer des coquilles de moules cassées, entassées à certains endroits, et en avoir déduit, de par leur état, que ces débris avaient probablement été causés par des loutres et non par des humains.

L’équipe prend donc conscience que la science archéologique ouvre de nombreuses possibilités de recherche au sujet de ce petit mammifère encore inscrit sur la liste des espèces préoccupantes en vertu de la Loi sur les espèces en péril du Canada.

Colombie-Britannique et Yukon

Nature et animaux