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Plus de patrouilles communautaires pour contrer la hausse de la criminalité à Saint-Boniface

Une patrouille à vélo de St. Boniface Street Links.
Les patrouilles à vélo de Saint-Boniface Street Links parcourent bénévolement le quartier pour assurer un sentiment de sécurité. Photo: Marion Willis
Abdoulaye Cissoko

L'agression d'un homme de 70 en plein jour à Saint-Boniface continue de susciter des réactions : l'organisme Saint-Boniface Street Links et l'Association des résidents du Vieux Saint-Boniface (ARVSB) comptent unir leurs forces pour contrer la montée de la criminalité.

L'objectif est de recruter plus de bénévoles pour multiplier les patrouilles pédestres et à vélo dans le quartier, selon Marion Willis, présidente de Saint-Boniface Street Links, un organisme à but non lucratif qui travaille auprès des personnes toxicomanes et sans-abri dans le quartier.

Mais ces groupes d'habitants patrouilleurs sont-ils vraiment efficaces?

Un homme aux cheveux blancs et à la longue barbe parle, l'air sérieux, dans une rue, devant une façade colorée en rouge.Mitch Bourbonnière, travailleur social à Ogijiita Pimatiswin Kinamatwin, un organisme qui vient en aide aux jeunes Autochtones marginalisés et à leurs familles. Photo : Radio-Canada

Mitch Bourbonnière est activiste communautaire et l'un des membres fondateurs du groupe de patrouille Bear Clan au centre-ville de Winnipeg. Selon lui, il n'y a pas de doute : les rondes faites par les patrouilleurs de quartiers contribuent à lutter contre la criminalité.

« On dit que nous sommes les yeux et les oreilles de la police. Je pense aussi que les gens qui veulent commettre des méfaits y pensent à deux fois lorsqu’ils voient les patrouilleurs », affirme-t-il. Selon lui, ce n'est pas un hasard qu'il y ait de plus en plus de patrouilles de quartier à Winnipeg.

La police témoin de l'efficacité des patrouilles

Le porte-parole de la police de Winnipeg, le sergent Rob Carver, pense aussi que les patrouilles communautaires sont bénéfiques. Il affirme que les autorités policières voient leur efficacité dans divers quartiers de la capitale manitobaine.

En plus d'accroître le sentiment de sécurité chez les Winnipégois, les patrouilleurs ont un rôle positif dans les communautés.

 Rob Carver, porte-parole de la police de Winnipeg.Rob Carver, porte-parole de la police de Winnipeg. Photo : Radio-Canada

« Ils nous informent, par exemple, lorsqu'ils voient un individu suspect. Ils ont aussi une relation plus poussée avec la communauté que ne pourraient l'avoir des policiers. Tout cela est positif, je pense que c'est une bonne chose. »

Marion Willis est du même avis. Selon elle, la présence de patrouilleurs dans les rues dissuade de potentiels malfaiteurs qui se savent surveillés.

« On sait, grâce à nos patrouilles, quelles sont les maisons à Saint-Boniface où il y a des problèmes de drogues et on concentre nos efforts là-dessus. Les gens sont alors intimidés par nos équipes, car ils savent que, lorsqu'elles quittent les lieux, la police vient et que, si celle-ci part, nos équipes prennent le relais », affirme-t-elle.

Les patrouilles communautaires permettent également de repérer les endroits névralgiques. À Saint-Boniface, les patrouilleurs de Street Links connaissent des endroits sensibles dans le quartier. « Ils savent qui habite dans ces maisons et ce qui s'y déroule. C'est une bonne façon d'aider la police », mentionne Marion Willis.

La directrice de Street Links Marion WillisLa directrice de Street Links, Marion Willis Photo : Radio-Canada / Holly Caruk

Elle estime qu'il est essentiel d'étendre la portée des rondes des bénévoles de Saint-Boniface Street Links, d’autant plus qu'elle s'attend à un été « chaud » en termes de hausse de la criminalité dans toute la ville. « La meilleure façon de résoudre le problème, c'est d'opter pour une approche proactive. Nous avons besoin de plus de bénévoles », explique-t-elle. L'organisme recherche, par conséquent, une trentaine de bénévoles supplémentaires pour des patrouilles à vélo.

La mobilisation de tous

Mardi, la présidente de Saint-Boniface Street Links a participé à l'assemblée générale annuelle de l'Association des résidents du Vieux Saint-Boniface et discuté avec ses membres. Elle affirme que son organisme pourrait, par exemple, profiter du réseau de l'ARVSB pour recruter plus de bénévoles.

Elle souhaite aussi, en partenariat avec l'association et d'autres organismes de Saint-Boniface, organiser une conférence sur la crise de la méthamphétamine. Cette drogue dure est mise en cause dans la montée de la criminalité.

Une telle rencontre permettra, dit Marion Willis, de sensibiliser les gens à ce fléau et de parler de prévention. Elle ajoute que Street Links collabore aussi avec Norwood Grove Biz, qui aide son organisme à recruter plus de bénévoles. « Personne, ni nous ni la police, ne peut résoudre le problème seul, mais je pense qu'ensemble nous pourrons changer les choses », conclut-elle.

Manitoba

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