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Des municipalités ontariennes mitigées sur la question de prêter serment à la reine du Canada

Ils sont assis à la table du conseil.
Une réunion d'un conseil municipal Photo: Radio-Canada
Floriane Bonneville

Les 444 municipalités de l'Ontario ont reçu une résolution leur demandant s'ils veulent ou non abolir toute mention de la reine dans la cérémonie d'assermentation. Deux municipalités du Sud-Ouest de l'Ontario ont récemment offert des réponses mitigées à ce sujet.

Le conseil municipal de LaSalle mardi a voté de façon unanime contre la résolution, tandis que Kingsville l'a approuvée.

Pour les conseillers municipaux de la ville du Sud-Ouest, il était impératif de montrer leur soutien à leur collègue Mike Akpata, un ancien combattant qui refuse d’arrêter de prêter serment à la reine.

Une réunion en cours du conseil municipal de LaSalle, dans le Sud-Ouest de l'OntarioLe 11 juillet, le conseil municipal de LaSalle en Ontario écoute plusieurs résidents préoccupés par la localisation proposée pour la nouvelle caserne de pompiers. Photo : Radio-Canada / CBC/Dale Molnar

Il ne veut pas déshonorer les anciens combattants, qui eux plaident allégeance à la reine [...] nous sommes solidaires envers lui, affirme Mark Carrick, un conseiller de LaSalle.

Pour LaSalle, la question est réglée : la motion a été rejetée, dit-il.

Toutefois, une autre municipalité, Kingsville, a approuvé la proposition le 22 février.

D’où vient cette proposition ?

La proposition découle du refus d’un conseiller de Hearst, Gaëtan Baillargeon, de prêter serment à la reine au mois de décembre 2018.

À la suite de cet incident, l’Ontario a apporté des changements à la loi afin de donner le choix aux conseillers assermentés de ne pas déclarer loyauté à la reine du Canada.

La municipalité de Mattice-Val Coté, chapeautée par le maire Marc Dupuis, après coup, a quant à elle pris l’initiative d’envoyer une résolution à toutes les municipalités de l’Ontario pour qu’elle donne leur avis sur la proposition d’enrayer toute mention de la reine dans la déclaration d’entrée en fonction des conseillers.

Cinq personnes sont rassemblées, un homme est assis, le maire, et quatre autres sont derrière lui, debout. Le conseil municipal de Mattice-Val Coté, avec au centre son maire, Marc Dupuis. Photo : Mattice-Val Coté

Selon le maire Dupuis, cette demande sert à provoquer une discussion en Ontario afin de faire pression sur le gouvernement provincial, pour qu’il soit au courant qu’un problème existe et est reconnu au niveau communautaire.

Le maire dit cependant comprendre qu’un ancien combattant ou un policier ne veuille pas adhérer à cette proposition.

S’il s’avère que la résolution est adoptée par 60 % des municipalités, ça indiquerait à la province que plus de la moitié des municipalités sont prêtes à regarder pour faire un changement et aller de l’avant.

Marc Dupuis, maire de Mattice-Val Coté

Ce que M. Dupuis voudrait, c’est que l’Ontario en arrive à une seule forme de déclaration d’entrée en fonction, qui ne fait pas mention de la couronne, mais qui s’adresse aux trois nations fondatrices du Canada : la Grande-Bretagne, la France et les Premières Nations.

Une question de choix

Cette option d’amalgamer la formule de l’assermentation n’était pas ce que le conseiller instigateur du mouvement avait en tête lorsqu’il a refusé, par loyauté envers ses origines autochtones et franco-ontariennes.

Je pense que chacun peut faire son choix, je l’ai toujours dit, dit-il, avant d’ajouter qu’il comprend que les anglophones de descendance britannique aient à coeur de maintenir cette tradition.

Pour lui personnellement, le conseiller franco-ontarien et autochtone se dit incapable de prêter serment à la reine du Canada.

Photo d'un homme autochtone avec des lunettes noiresGaëtan Baillargeon a été élu conseiller municipal, mais refuse de prêter serment à la reine. Photo : Facebook

Moi, en tant que Franco-Ontarien et Autochtone, je pense que ça m’a touché des deux bords, un peu plus en tant autochtone, mais vous dire que ça ne m’a pas touché en tant que Franco-Ontarien, ce serait une menterie.

Gaëtan Baillargeon, conseiller municipal à Hearst

Le conseiller de Hearst se dit apaisé de ne pas avoir été obligé de prêter serment à une reine qui n’est pas la sienne.

Pour l’instant, les municipalités de l’Ontario n’ont pas encore toutes répondu à l’appel du maire de Mattice-Val Côté, la ville du Nord-Est qui a lancé la résolution.

Selon le maire Marc Dupuis, cela pourrait encore six mois avant de recevoir la réponse de tous les gouvernements municipaux.

Windsor

Politique municipale