•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Procès d’All Boivin : les avocats font leurs plaidoiries

Le prévenu est assis dans le corridor du palais de justice et il discute avec quelqu'un de dos.
All Boivin lors d'une comparution au palais de justice de Chicoutimi en 2013 Photo: Radio-Canada
Gilles Munger

Le juge Pierre Lortie a pris la cause en délibéré au procès d'All Boivin, ce résident de Laterrière accusé d'une violente agression sur une femme de 21 ans en juillet 2018.

Lors des plaidoiries qui se déroulaient jeudi, l’avocat du prévenu, Pierre Gagnon, a admis que son client a commis des voies de fait avec lésions et du trafic de stupéfiants. Me Gagnon explique que son client a usé d’une force trop grande en situation de défense lorsqu’il prétend avoir reçu du poivre de Cayenne lancé par la plaignante.

Toutefois, l’avocat soutient que rien ne vient confirmer les voies de fait graves et l’agression sexuelle armée dont est accusé All Boivin.

L'avocat Pierre Gagnon qui sort d'un bureau. L'avocat d'All Boivin, Me Pierre Gagnon Photo : Radio-Canada

Pierre Gagnon relève une quinzaine d’importantes contradictions dans le témoignage de la jeune femme et dans la preuve recueillie dans la résidence de l’accusé.

L’avocat invite le juge Pierre Lortie à analyser avec beaucoup de prudence le témoignage de la victime qui est rempli, selon lui, d’exagérations et de trous de mémoire.

« Pas d’étranglement »

L’avocat affirme que la plaignante ne présente aucune trace autour du cou qui confirme sa prétention d’avoir été étranglée par une laisse de chien au point d’en perdre le souffle.

Il ajoute que la victime s’est plainte d’avoir été frappée à de multiples reprises au ventre. Or, une seule ecchymose au ventre serait compatible avec une lésion au foie et la version de l’accusé, selon lui.

Au sujet de l'objet retrouvé dans les organes sexuels de la dame, Me Gagnon invoque l’état d’intoxication élevé des protagonistes et les nombreuses activités sexuelles en groupe dans les jours précédents. « Il s'agit d'une zone d’ombre qui pourrait expliquer l’introduction de cet objet dans la cavité vaginale de la jeune femme », a-t-il précisé.

All Boivin fait face à neuf chefs d'accusation, dont agression sexuelle armée, voies de fait grave et séquestration.

La plaidoirie de la Couronne

La procureure des poursuites criminelles et pénales, Karen Inkel, réplique qu’elle croit plutôt que le témoignage de la jeune femme était crédible et fiable. Malgré des trous de mémoire, « la victime parle, son corps parle et la scène parle », plaide l’avocate.

Elle rappelle que la jeune femme était en panique lorsqu’elle a été « poivrée », étranglée et qu’elle a reçu une centaine de coups, ce qui permet de comprendre qu’elle soit imprécise sur certains détails.

Karen Inkel ajoute que la preuve a démontré les fréquentes sautes d’humeur de l’accusé, « en dents de scie », lorsque celui-ci a consommé des stupéfiants et de l’alcool.

Quant à l’élément déclencheur de l’agression, la procureure rappelle qu’All Boivin n’a récupéré que 6000 des 8000 $ qu’on lui aurait volé, ce qui était amplement suffisant pour provoquer sa colère. Elle rappelle que l’homme se présente lui-même comme un prêteur sur gages à des taux de 50 %.

Contrairement à la défense, la Couronne plaide que des traces d’étranglement sont parfaitement visibles autour du cou de la victime.

Saguenay–Lac-St-Jean

Procès et poursuites