•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Écrasement d'un Boeing 737 MAX : l'enquête se déplace à Paris

Des hommes en tenue de travail  extraient une pièce détachée de la carlingue au milieu de débis
Des sauveteurs récupèrent les débris de l'avion, près de Bishoftu, au sud d'Addis-Abeba. Photo: The Associated Press / Mulugeta Ayene
Radio-Canada

Pendant que des proches des 157 victimes de l'écrasement d'avion de dimanche dernier en Éthiopie s'entassaient dans des autobus à Addis-Abeba pour se rendre sur le site de la tragédie afin de s'y recueillir, les boîtes noires du Boeing 737 MAX 8 sont arrivées à Paris pour y être analysées.

Les proches de victimes se sont embarqués pour un voyage de trois heures d’autobus afin de parvenir sur le site de l’écrasement situé sur des terres agricoles arides de l’Éthiopie. « Nous avons vu où il est mort et a touché la terre », a dit Sultan Al-Mutairi, venu de Riyad, en Arabie saoudite, pour pleurer son frère, Saad. Ce dernier dirigeait une agence de recrutement à Nairobi et il a péri dans l'écrasement.

L’identification des victimes pourrait prendre des semaines, voire des mois, en raison de l’état des restes humains retrouvés sur les lieux de l’accident. Les secouristes n’ont retrouvé aucun corps, seulement des fragments de restes humains, carbonisés et dispersés, qui témoignent de la violence de l’impact.

Les familles des victimes réclament plus de transparence de la part du transporteur Ethiopian Airlines, à qui appartenait l’avion.

Arrivés sur le site de l’accident, certains proches des victimes se lamentaient et se frappaient la poitrine en voyant qu’un bulldozer roulait sur les tas de débris pour dégager l’endroit. Une bâche de plastique bleue recouvrait l'épave de l'avion.

À Addis-Abeba, quelque 200 membres des familles des victimes, en colère, ont quitté une séance d’information du transporteur aérien Ethiopian Airlines. Les proches des victimes reprochent à la société de ne pas leur fournir l’information adéquate.

Les responsables de l’entreprise se défendent en indiquant avoir ouvert un centre d’appel ouvert 18 heures par jour pour répondre aux questions des gens, mais les membres des familles se plaignent de ne pas obtenir les réponses dont ils ont besoin pour faire leur deuil.

Les victimes de l’écrasement d’Ethiopian Airlines venaient de 35 pays. Dix-huit étaient du Canada.

De nouvelles informations récoltées dans l’épave de l’avion et des données satellitaires sur la trajectoire de l’avion ont révélé certaines similitudes entre l’écrasement de dimanche et celui de Lion Air, au large des côtes indonésiennes, en octobre dernier.

Des hommes portant des dossards à l'effigie de la Croix-Rouge fouillent dans la terre à travers les débris.Des travailleurs de la Croix-Rouge s'affairent à travers les débris sur le lieu de l'écrasement. Photo : AFP/Getty Images / MICHAEL TEWELDE

Les deux écrasements se sont produits quelques minutes après le décollage et la trajectoire des deux, irrégulière et en paliers descendants, est similaire, en plus d’être anormale pour un avion qui a atteint son altitude de croisière peu de temps après le décollage.

Ces nouvelles informations « justifient une enquête plus approfondie sur la possibilité d'une cause commune », a déclaré le Bureau de l’Agence américaine de sécurité des transports (FAA) dans un communiqué.

Un administrateur par intérim de la FAA Daniel Elwell a indiqué qu’il ne sait pas combien de temps les Boeing 737 MAX demeureront cloués au sol aux États-Unis. Il faudra des mois à Boeing pour corriger le logiciel de la nouvelle gamme d’appareils de l’avionneur américain qui est montré du doigt par les enquêteurs qui travaillent sur l’écrasement de Lion Air, a déclaré M. Elwell.

Les livraisons de 737 MAX, le plus vendu des appareils de Boeing, ont été suspendues, mais la production se poursuit malgré l’interdiction de voler imposée à l’appareil, partout dans le monde, pour des raisons de sécurité.

Un vol d’Air Canada reliant San Francisco à Halifax a été le dernier à atterrir tard mercredi soir.

Airbus dans le sillon de Boeing

Un Boeing 737 MAX.Un appareil de la compagnie Aerolineas Argentinas à l'aéroport d'Ezeiza près de Buenos Aires. Photo : Reuters

Alors que l'incertitude plane sur l’avenir du 737 MAX, une source présidentielle française a déclaré que le constructeur d’avion européen Airbus discute avec Ethiopian Airlines d’un éventuel nouveau contrat dans le cadre du renouvellement de la flotte de l’entreprise.

Le fonctionnaire a déclaré que le président Emmanuel Macron et le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed avaient parlé d'un contrat possible lors de la visite de Macron à Addis-Abeba au début de la semaine.

Les compagnies aériennes qui exploitent les 737 MAX livrés depuis leurs débuts en 2017 ont déclaré qu'elles avaient annulé certains de leurs vols et réaménagé leurs horaires pour utiliser d'autres appareils de leur flotte.

« Notre objectif est d'exploiter notre horaire avec tous les appareils disponibles dans notre flotte afin de répondre aux attentes de nos clients pendant la saison printanière achalandée », a déclaré le transporteur américain Southwest Airlines, le plus grand exploitant au monde de 737 MAX.

Les boîtes noires à Paris

Un Boeing 737 de la compagnie Ethiopian Airlines sur le tarmac de la capitale, Addis-Abeba.Un Boeing 737 de la compagnie Ethiopian Airlines sur le tarmac de la capitale, Addis-Abeba. Photo : Reuters / Amr Dalsh

Alors que les similitudes entre les deux écrasements de Boeing 737 sont révélées, les responsables de la réglementation de l’aviation civile de par le monde attendent avec impatience l’analyse des deux boîtes noires de l’appareil d’Ethiopian Airlines. L’enregistreur de données de vol et l’enregistreur de conversations du cockpit sont arrivés à Paris pour être lus et interprétés.

Les données contenues dans les boîtes noires sont essentielles pour élucider les causes de l’écrasement d’un deuxième Boeing 737 MAX flambant neuf en moins de six mois.

Bien que Boeing continuait de soutenir que ses appareils étaient sécuritaires, les agences nationales d’aviation civile de la planète ont interdit la nouvelle gamme d’avions du géant américain de leur espace aérien. Boeing s’est rallié à la décision de la FAA, dernière agence à ordonner la fermeture de son espace aérien aux 737 MAX.

« Boeing a décidé – par excès de prudence et afin de rassurer le public sur la sécurité de l'appareil – de recommander à la FAA la suspension temporaire des opérations de l'ensemble de la flotte mondiale de 371 appareils 737 MAX », a indiqué le constructeur dans un communiqué.

La FAA, l'autorité éthiopienne de l'aviation civile et des experts de Boeing poursuivent leur enquête sur le site de l'accident, à quelque 60 km de la capitale éthiopienne.

Avec des informations de Reuters et de l'Associated Press

Écrasement d'avion

International