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Interdiction des Boeing 737 MAX : les compagnies aériennes s’ajustent

Le reportage de Maxime Bertrand
Radio-Canada

Maintenant que les gouvernements du Canada et des États-Unis ont immobilisé les Boeing 737 MAX, un branle-bas de combat est à prévoir chez les transporteurs aériens, notamment en raison des réaménagements d'horaires. Et pour les transporteurs qui s'activent à répondre aux questions des voyageurs, la facture risque d'être salée.

« Pendant une semaine ou deux, ce sera du chahut et du chaos », a mis en garde Marvin Ryder, professeur adjoint de marketing à l’Université McMaster, en Ontario.

Selon lui, Air Canada et WestJet pourraient perdre collectivement 100 millions de dollars dans les 10 premiers jours suivant l’interdiction de vol des 737 MAX.

Ces compagnies « ne disposent pas de 24 autres avions à réaction garés quelque part et qu'elles peuvent mettre en service pour couvrir [les imprévus] », a expliqué M. Ryder.

En l’occurrence, ces imprévus, ce sont les 41 Boeing 737 MAX que compte la flotte canadienne et qui n’ont plus accès à l’espace aérien au pays.

Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, a annoncé mercredi que le Canada interdisait à ces modèles de voler jusqu’à nouvel ordre, sur la foi de nouvelles informations concernant les défaillances du système de Boeing dans le cas de l’écrasement en Éthiopie, qui a fait 157 morts, dont 18 Canadiens, mais aussi dans celui d’un avion en Indonésie, en octobre dernier, qui a coûté la vie à 189 personnes.

Des problèmes à l'horizon pour les voyageurs

« Le devoir d’information des voyagistes et des transporteurs n’est pas à sens unique, il va falloir que les voyageurs s’informent en communiquant avec leur agence de voyages ou leur transporteur aérien », a rappelé Daniel Guay, avocat en droit du voyage.

Si certains voyageurs se sont plaints sur les réseaux sociaux de la difficulté de communiquer avec un agent, les compagnies aériennes assurent prendre les choses en main.

Du côté d'Air Canada, qui possède 24 de ces avions, certains clients seront remboursés pour la totalité de leur voyage, tandis que d’autres recevront une dispense totale des frais, a indiqué la compagnie par communiqué. Dans ce dernier cas, le remboursement pourrait ne pas couvrir les tarifs les plus élevés si le vol doit être modifié.

« Nous nous efforçons de modifier les réservations des clients concernés dès que possible, mais étant donné l'ampleur des activités des 737 MAX, qui transportent en moyenne de 9000 à 12 000 clients par jour, les clients peuvent s'attendre à des retards dans la modification des réservations et dans les centres d'appels d'Air Canada », a fait savoir Air Canada.

La compagnie doit trouver un moyen de compenser ou de rediriger les voyageurs qui devaient prendre l’un des quelque 75 vols quotidiens qui se faisaient à bord d’un Boeing 737 MAX avant l’interdiction.

D’autres avions devront être utilisés pour les vols à destination d'Hawaï, de la Martinique et de la Guadeloupe, et certains passagers – notamment ceux des vols reliant Halifax et Saint-Jean (Terre-Neuve) à Londres – seront redirigés vers différentes compagnies aériennes, dans le cas où leur vol n'est pas annulé.

Du côté de WestJet, qui opérait 13 Boeing 737 MAX, la compagnie estime que 1400 clients par jour sont touchés. Pour l’heure, elle tente de réserver de nouveaux vols pour ses invités sans frais. Les voyageurs doivent toutefois s’attendre à payer la différence de prix ou de frais pour la modification de leur billet, prévient-elle.

Outre les vols intérieurs, notamment entre Vancouver et Calgary, ou Vancouver et Montréal, la société de Calgary employait les Boeing 737 MAX 8 chaque jour, à raison de 35 vols vers de grandes villes touristiques en Floride, comme Tampa, Orlando et Fort Lauderdale.

Avant même l’annonce du ministre Garneau, Sunwing avait pour sa part annoncé qu’elle n’utiliserait plus les 4 Boeing 737 MAX que compte sa flotte pour des raisons commerciales et logistiques, soulignant les restrictions d’espace aérien imposées par « les destinations des partenaires ».

Sur Twitter, Sunwing a annoncé qu’elle ne comptait annuler aucun vol. « Nous révisons actuellement notre horaire de vols afin de pallier le retrait temporaire de nos appareils MAX […] Nous nous efforcerons de minimiser l’impact qu’auront ces changements d’horaire », a-t-elle écrit, remerciant ses clients de leur patience.

Le Canada a imité mercredi près de 40 pays qui ont décidé de fermer le ciel aux Boeing 737 MAX. L'Agence européenne de sécurité aérienne (EASA) a annoncé mardi après-midi qu’elle fermait l'espace aérien européen aux Boeing 737 MAX 8 et 9. Sa décision s’applique à tous les vols de ces appareils, qu'ils soient à destination, au départ ou à l'intérieur de l'Union européenne, et que les opérateurs soient européens ou issus de pays tiers.

L'Australie, l'Égypte, la Grèce, Hong Kong, le Kazakhstan, le Liban, la Malaisie, la Nouvelle-Zélande, la Singapour, la Thaïlande et Oman ont fait de même.

La Chine, l'Indonésie et la Mongolie ont pour leur part décidé de clouer au sol les appareils 737 MAX 8. 

Comment savoir si vous allez emprunter un 737 MAX 8?

Sur les sites d’Air Canada et WestJet, l’information est facilement disponible en ligne dès la réservation. Dans la section « Détails », vous trouverez le type d’appareil utilisé pour le vol. L’abréviation du 737 MAX 8 est 7M8.

C’est la même chose pour des sites comme Expedia ou Kayak ainsi que pour la plupart des autres compagnies aériennes qui utilisent encore ce type d’avions, comme Southwest Airlines, American Airlines, Copa Airlines ou flydubai.

Si vous ne trouvez pas l’information, vous pouvez appeler un agent de voyages ou directement la compagnie aérienne.

Il est bon de savoir, cependant, qu’il est toujours possible pour un transporteur de changer d’appareil à la dernière minute.

Avec les informations de La Presse canadienne

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