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Winnipeg ouvre le débat sur les noms autochtones dans l’espace public aux universitaires

Les septs panéliste à leur tablede conférence.

Les panélistes ont échangé leurs visions sur l'importance de la place des noms autochtones dans l'espace public.

Photo : Radio-Canada / Julien Sahuquillo

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La Division des relations avec la communauté autochtone de la Ville de Winnipeg a invité, mercredi soir, un panel de chercheurs pour discuter et réfléchir à la place des noms autochtones dans l'espace public, lors d'une rencontre à l'Université de Winnipeg. Les participants ont notamment souligné l'urgente nécessité de reconnaître cette part autochtone de l'histoire de la ville.

Issus de champs d'études variés, ces experts des enjeux autochtones ont évoqué l’importance de reconnaître la présence autochtone dans la ville pour lutter contre une logique de réécriture de l’histoire.

Le chercheur en histoire autochtone de l’Université du Manitoba, Jarvis Brownlie, souligne sa propre enfance à Toronto et la difficulté de se rendre compte du passé.

« Je n’ai jamais perçu la colonisation ici. Pour moi ça existait ailleurs, comme dans les Caraïbes. Tout ça est rendu invisible ici, mais ça ne s’est pas fait tout seul », affirme-t-il.

Pour la directrice de la recherche pour l'enquête nationale sur les femmes autochtones assassinées et disparues, Karine Duhamel, la ville ontarienne est un bel exemple des possibles changements dans les stratégies de dénomination des espaces publics.

« Dans d’autres endroits, comme à Toronto, il ya des villes qui ont deux noms pour les rues », souligne-t-elle en exemple.

Le panel a également évoqué la possibilité de revoir les plaques des monuments historiques afin de parler des grandes figures de la ville de façon plus juste vis-à-vis de l’histoire.

« Il faut commencer par reconnaître des choses comme le nom des endroits. Ça semble très simple, mais c’est très symbolique. Le symbolisme, en fin de compte, peut avoir beaucoup d’impact sur les gens », affirme Karine Duhamel.

La directrice de la recherche pour l'enquête nationale sur les femmes autochtones assassinées et disparues, Karine Duhamel.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La directrice de la recherche pour l'enquête nationale sur les femmes autochtones assassinées et disparues, Karine Duhamel, estime que mettre de nouveaux noms autochtones sur les panneaux peut attiser la curiosité de gens.

Photo : Radio-Canada / Julien Sahuquillo

D’autres idées ont été avancées, comme la possibilité de construire des contre-monuments pour créer une espace de conversation sur l’histoire, ou encore de reconnaître certains lieux importants dans le passé de la ville comme Rooster Town.

Karine Duhamel précise néanmoins que cela ne peut être que la première étape d’un travail plus profond et concret vers la réconciliation.

« Ce qu’on a entendu des témoignages des familles qu’on a recueillis [l'enquête nationale sur les femmes autochtones assassinées et disparues], c’est qu’il faut arrêter de reconnaître. Il faut arrêter de simplement réfléchir et il faut commencer à faire ».

L'événement s'inscrit dans le processus « Redécouvrir Winnipeg : concilions notre histoire », lancé par le maire Brian Bowman en début d’année.

Les représentants de la Division des relations avec la communauté autochtone n’ont pas voulu se prononcer sur la façon dont ils comptaient se servir des discussions du panel, mais précisent qu’un rapport plus général de recommandations sera soumis à la ville en juin.

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