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Pas assez de services en santé mentale, déplorent des étudiants albertains

Un  homme assis dans un corridor, son visage est caché dans ses bras.
Des étudiants de l'Université de l'Alberta qui ont des problèmes de santé mentale ne savent pas toujours où aller chercher de l'aide. Photo: Shutterstock
Heloïse Rodriguez

Il n'y a pas assez de soins en santé mentale offerts à l'Université de l'Alberta, déplorent des étudiants. Ils ont organisé un rassemblement, mercredi après-midi, pour souligner l'importance de ces services pour la communauté étudiante.

Tour à tour, des étudiants sont montés sur scène pour parler de ce qu'ils vivent. Plusieurs ont souffert de dépression, d’autres, de crises d’anxiété.

Certains jeunes ont raconté qu’on les a inscrits sur des listes d’attente quand ils ont essayé d’utiliser les ressources universitaires. D'autres, qu’ils n’ont pas l’impression d’avoir été pris au sérieux quand ils ont consulté.

L'étudiant regarde à droite de la caméra. Derrière lui, un micro sur un podium.Rory Storm a dû cogner à plusieurs portes sur le campus, sans succès, lorsqu'il a essayé de chercher de l'aide pour son anxiété. Photo : Radio-Canada

Rory Storm, un étudiant en économie et en art dramatique, a fait une crise d’anxiété, pour la première fois, l’an dernier. Lorsqu’il a essayé d'avoir de l’aide, il a fait face à un casse-tête bureaucratique.

« J’ai essayé de me rendre au centre d’entraide, mais je ne savais pas où aller, ce n’était pas là [que je devais me rendre]. J’ai essayé le psychiatre, on m’a dit qu’il me fallait d’abord un rendez-vous. Comment obtenir un rendez-vous? Il faut se rendre chez le médecin, alors j’ai été voir un médecin », raconte-t-il.

Je crois que beaucoup de gens sont dans l'ignorance au sujet des ressources en santé mentale. Ils ne savent pas où aller.

Rory Storm, étudiant à l'U0niversité de l'Alberta

Le rassemblement a été organisé notamment en réponse à un article de Radio-Canada, qui révélait qu’un étudiant avait été expulsé de sa résidence à l’Université de l’Alberta, en 2016, parce qu’il avait essayé de se suicider.

Le rassemblement était un moyen pour les étudiants d’exprimer leur solidarité, indique Reed Larsen, le président de l’Association étudiante de l’Université de l’Alberta.

Quand les droits des étudiants sont bafoués de manière aussi fondamentale, comme dans ces cas-ci, c’est quelque chose qui frappe la communauté très fort.

Reed Larsen, président de l’Association étudiante de l’Université de l’Alberta

« On sait qu’il y a eu beaucoup de changements depuis 2016, mais on sait aussi que les étudiants se voient souvent refuser l’accès à des services en santé mentale sur le campus, faute de place et de financement. On veut montrer qu’on a besoin de plus [de services]. »

Il regarde la caméra. En arrière, on voit une pancarte qui indique q'il y a un rallye pour la santé mentale.Reed Larsen croit qu'il est essentiel que les étudiants aient accès à des ressources en santé mentale sur le campus. Photo : Radio-Canada

Reed Larsen espère que la santé mentale sera un des enjeux des élections provinciales, qui seront déclenchées au cours des prochains mois.

« Le gouvernement avait investi [en santé mentale] il y a quelques années, mais ce cycle de financement tire à sa fin. On veut que les partis politiques prennent des engagements pendant la période électorale [à ce sujet] pour s’assurer que les étudiants auront accès aux ressources dont ils ont besoin », conclut Reed Larsen.

Des progrès en vue

André Costopoulos, le doyen des étudiants, a félicité les jeunes pour leurs discussions sur la place publique au sujet de la santé mentale.

Il dit qu’il y a un grand besoin pour des services en santé mentale, mais que l’Université fait des progrès. Il affirme qu’il y a une hausse des consultations offertes aux étudiants de 15 % cette année par rapport à l’an dernier.

« On a toujours besoin de plus de ressources, mais on travaille aussi fort qu’on peut pour maximiser celles que nous avons, qui sont limitées, explique André Costopoulos. Notre rôle est de décider comment on peut organiser ces ressources limitées pour répondre aux besoins des étudiants. »

Il indique que l’Université a mis en place une nouvelle équipe pour rejoindre les étudiants, ce qui leur permet d’avoir accès à un soutien plus immédiat et plus informel en attendant qu’ils aient accès aux ressources de santé mentale disponibles sur le campus.

Alberta

Santé mentale