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Les conservateurs rêvent d'une vague bleue au Québec

Alain Rayes est le lieutenant politique pour le Québec du Parti conservateur d'Andrew Scheer.

Photo : Radio-Canada

Philippe-Vincent Foisy

Malgré les récentes difficultés de Justin Trudeau et des libéraux, le Parti conservateur du Canada (PCC) peine toujours à prendre son envol au Québec, clé des prochaines élections, selon le député Alain Rayes, responsable de la campagne conservatrice dans la province.

Le temps est gris lundi matin à Oka, dans la circonscription fédérale de Mirabel, où le printemps tarde à s’installer. Devant la mairie, le pont de glace est toujours ouvert. Alain Rayes arrive sans manteau à sa rencontre avec des maires de la région. Il l’a laissé au restaurant, où il rencontrait plus tôt des bénévoles et des militants.

Ce matin-là, comme presque tous les autres où il n’est pas à la Chambre des communes à Ottawa, le député de Richmond-Arthabaska a quitté Victoriaville vers 6 h. « Je dois passer l’équivalent de 40 % de mon temps en tournée un peu partout au Québec », explique-t-il.

Le lieutenant conservateur pour le Québec veut enraciner son parti dans la province et doubler le nombre de députés. En ce moment, ils ne sont que 11 sur les 78 circonscriptions québécoises.

Les gains, il compte les faire au Lac-Saint-Jean, à Québec, en Montérégie, en Abitibi-Témiscamingue et dans la couronne nord de Montréal, dont à Mirabel.

« Toutes les circonscriptions où il y avait le Bloc et le NPD, pour nous, clairement, il y a un potentiel de gain plus élevé », explique l'homme de confiance d'Andrew Scheer au Québec.

Au Québec, on vote beaucoup avec notre coeur, il y a toujours eu des vagues : Pierre-Elliott Trudeau, Brian Mulroney, le Bloc a eu droit à sa vague, le NPD, Justin Trudeau… il n’y aucune raison qu’on ne puisse pas en avoir une.

Alain Rayes, député de Richmond–Arthabaska

Ce sont aussi des régions où la CAQ a fait des percées lors de l’élection provinciale. Il est persuadé que la vague caquiste pourrait se traduire en vague conservatrice. « La CAQ nous a démontré une partie du chemin qu'on devait prendre, ça nous a confirmé que le chemin qu'on avait pris était le bon », ajoute Alain Rayes.

Il a d’ailleurs établi une stratégie en trois points : recruter rapidement des candidats, les soutenir et écouter les préoccupations régionales.

Recrutement

Les conservateurs sont en avance sur leurs adversaires. Ils ont déjà annoncé 43 candidats. À Mirabel, ils présentent François Desrochers, ex-député de l’ADQ.

En comparaison, le Parti libéral du Canada, qui détient 42 sièges au Québec, a confirmé la candidature de 34 personnes, le NPD, cinq, et le Bloc, trois. « On ne veut pas de poteaux qu’on annonce à la dernière minute, ce qui est un peu l'ancien modèle », explique Alain Rayes, qui admet toutefois qu’un de ses défis majeurs est de recruter des femmes.

« Je pense que si on veut être honnête, on n’arrivera pas à nommer 50 % de femmes, admet-il. Lors de la dernière élection, on avait 9 candidates sur 78, je peux vous garantir qu'on va en avoir plus! Je suis très sûr qu'on va arriver à 30-35 %. »

Accompagnement

Une fois nommés, les candidats reçoivent de la formation et du soutien du parti. « On leur a nommé des mentors, un sénateur ou un député du Québec. Le candidat peut les appeler n'importe quand, s’ils ont une question, une demande d’entrevue ou autre… Toutes les deux semaines, j’ai un appel avec les candidats », explique-t-il.

Lors de sa rencontre avec les maires à Oka, Alain Rayes leur explique qu’il est là pour écouter leurs préoccupations afin de les traduire en promesses électorales taillées sur mesure pour les régions. « Notre chef, Andrew Scheer, veut qu’on apporte des idées plus régionalisées pour nourrir la plateforme nationale », leur lance-t-il.

Pendant la journée, Alain Rayes répète qu’il souhaite que cette plateforme contienne un volet environnemental. « Je pense qu’il reste des mythes au Québec, des gens qui disent que les conservateurs sont contre l’environnement », soutient-il, en précisant qu’il conduit une voiture hybride.

Mais les engagements concrets en matière de lutte contre les changements climatiques se font toujours attendre.

Les adversaires des conservateurs en profitent pour les attaquer, tandis que les citoyens peinent à bien comprendre ce que les conservateurs ont à offrir aux Québécois. Voilà qui peut expliquer leur deuxième position dans les intentions de vote au Québec, croit la professeure à l’Université d’Ottawa Geneviève Tellier.

« On ne connaît pas encore les idées du parti, on ne connaît pas encore leur plateforme, dit-elle. C'est de bonne guerre, parce que la campagne électorale s'en vient, mais ça fait en sorte que c’est un peu flou dans la tête des gens, ce que ça veut dire, voter pour les conservateurs… »

Au cours des prochains mois, toutes les formations politiques multiplient les efforts pour attirer les électeurs indécis. Alain Rayes espère avoir mis en place sa stratégie suffisamment tôt pour donner à son parti une réelle chance de gagner la bataille du Québec.

Philippe-Vincent Foisy est correspondant parlementaire à Ottawa et animateur de La mêlée politique

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