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Québec ne compte pas bannir les cellulaires des salles de classe

Un étudiant tient entre ses mains son téléphone cellulaire en salle de classe. Sur son bureau se trouvent des exercices scolaires.
Le gouvernement du Québec ne compte pas bannir les téléphones ni les tablettes des salles de classe. Photo: Radio-Canada
Valérie Boisclair

Le gouvernement du Québec n'entend pas suivre l'exemple de l'Ontario et bannir l'utilisation des téléphones cellulaires en classe, a clairement indiqué mercredi le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge.

« Je n’ai pas l’intention de donner de directive ministérielle dans ce sens-là », a-t-il déclaré avant d’ajouter qu’il revenait aux directions des écoles de se pencher sur cette question.

« Pour moi, c’est une décision pédagogique qui relève des enseignants et des équipes-écoles », a-t-il justifié.

La veille, son homologue ontarienne, la ministre Lisa Thompson, a fait savoir que le gouvernement allait bannir les appareils cellulaires des salles de classe des écoles publiques primaires et secondaires dès la prochaine rentrée.

Cette décision, qui découle d’une promesse électorale faite en campagne par le gouvernement de Doug Ford, doit permettre aux élèves de « se concentrer sur leur apprentissage et non sur leur téléphone cellulaire », a expliqué la ministre Thompson.

Quelques exceptions sont toutefois prévues, notamment pour laisser aux enseignants le soin de valider certaines informations ou pour aider les élèves ayant des besoins particuliers. Il reviendra aux commissions scolaires et aux directions des écoles de l’Ontario de veiller à ce que l’interdiction soit respectée.

Entre les mains des professionnels de l’éducation

Décriée par plusieurs élèves et conseils scolaires, la décision du gouvernement Ford de s’ingérer dans les affaires des écoles semble pour plusieurs déconnectée de la réalité.

« L’utilisation pédagogique du téléphone ou de la tablette est quelque chose qu’on ne peut pas nier ou qu’on ne peut pas éviter », souligne Égide Royer, psychologue spécialisé en éducation.

À ses yeux, empêcher l’utilisation des téléphones en classe devrait relever des enseignants, et non d’une interdiction unilatérale du gouvernement. « C’est une décision [qui doit être prise] en contexte par un professionnel de l’éducation qui s’appelle un enseignant », estime-t-il.

Si je suis un enseignant, je n’ai pas besoin d’une décision du premier ministre pour savoir [...] ce que je vais faire dans ma classe.

Égide Royer, psychologue spécialisé en éducation

Sans remettre en doute le fait que les élèves peuvent être distraits par les textos durant les heures de cours, le Dr Royer note que les enseignants arrivent à faire de ces appareils des outils pédagogiques « merveilleux ».

La question des téléphones ou des tablettes en classe en est une de décorum, qui ne devrait pas dominer le code de vie des écoles, poursuit-il.

À l’instar du Québec, les gouvernements de l’Alberta et de la Colombie-Britannique ont aussi annoncé qu’ils n’avaient pas l’intention de s’ingérer dans ce dossier.

Avec les informations de Mélissa François

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