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Plainte pour brutalité contre un policier du SPVM

Le reportage d’Isabelle Richer.
Radio-Canada

Un Montréalais accuse un agent du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) d'avoir fait preuve de brutalité policière envers lui alors qu'il s'était avancé pour poser des questions sur une intervention en cours.

Un texte d'Isabelle Richer

C'est une scène qu'on a vue 100 fois, ici et ailleurs. Des policiers procèdent à une arrestation, des gens s'approchent pour observer, mais également pour filmer à l'aide de leur cellulaire.

Les faits au coeur de l'histoire relatée ici se sont produits le 8 septembre dernier à la sortie des bars, boulevard Saint-Laurent, où des policiers interviennent dans une bagarre à laquelle une cinquantaine de personnes sont mêlées.

Deux agents maîtrisent un suspect, un peu plus loin, et un homme et une femme s'avancent pour poser des questions et comprendre ce qui se passe. Une troisième personne filme la scène.

L'agent Alexandre D'Amour veut éloigner les curieux et leur ordonne de reculer. Puisqu'ils n'obéissent pas à ses ordres, il les repousse physiquement. Quand les deux personnes s'avancent de nouveau, le policier frappe l'homme avec son bâton télescopique, au genou. Puis il pousse la femme au niveau de la poitrine, de façon très énergique.

À la suite de cet incident, Jason De Sousa Andrade a porté plainte pour brutalité policière au Commissaire à la déontologie policière. Son avocat, le criminaliste Patrick Davis, est scandalisé de la force employée.

« Ce qui m'apparaît répréhensible, explique l'avocat, c'est le fait que les policiers ont agi avec une telle rapidité et une violence, alors qu'en aucun cas leur sécurité était en péril. Le policier dégaine son bâton télescopique et commence à frapper les gens qui ne faisaient que poser des questions et qui ne sont vraisemblablement pas armés. »

Le fil des événements

Dans ce genre d'altercation, le contexte est important.

Il est 3 h, les gens sortent des bars, un peu éméchés, et un attroupement se forme parce qu'une bagarre éclate devant le bar Boulevard 44, coin Saint-Laurent et Ontario. Quand les agents Alexandre D'Amour et David Lambert interviennent, il y a déjà des policiers sur les lieux.

Puisque la foule s'est fractionnée en petits groupes qui se sont déplacés, les deux agents se déplacent eux aussi. Ils arrêtent un homme, qu'ils immobilisent au sol pour le fouiller et s'assurer qu'il n'est pas armé.

Leur préoccupation, c'est de veiller à ce que le périmètre qu'ils établissent autour du suspect soit sécuritaire.

Après avoir visionné la séquence vidéo, Marcel Savard, un officier à la retraite de la Sûreté du Québec qui a été policier pendant près de 40 ans, en fait l'analyse suivante : « Le policier doit protéger l'intervention qui est en cours, l'arrestation du suspect. Il doit s'assurer que son confrère va continuer de faire ce qu'il a à faire sans ennui. Est-ce qu'il a réagi trop vite? Avec son bâton? Qu'il l'ait sorti, déployé et montré, ça ne pose aucun problème. Est-ce qu'il l'a utilisé trop vite? C'est cette portion de son intervention qui sera examinée par une instance disciplinaire ».

Plainte au Commissaire à la déontologie policière

En effet, Jason De Sousa Andrade a déposé une plainte le 31 janvier au Commissaire à la déontologie policière du Québec.

L'homme de 28 ans a d'abord été arrêté et accusé d'entrave au travail des policiers. Il a comparu en novembre dernier. Ce n'était d'ailleurs pas la première fois qu'il faisait face à une telle accusation. En 2017, il avait été condamné à une amende pour une accusation de cette nature.

Mais cette fois-ci, la poursuite a retiré les accusations au cours des dernières semaines.

Jason De Sousa Andrade compte maintenant entamer une poursuite en dommages contre le SPVM pour l'événement du 8 septembre.

Contacté par Radio-Canada, le SPVM ne commente pas l'affaire, puisqu'une plainte en déontologie a été déposée contre un de ses agents.

Grand Montréal

Forces de l'ordre