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Un septuagénaire victime d'une violente agression en plein jour à Saint-Boniface

L'avenue Provencher devant la Caisse.

La criminalité dans le quartier a augmenté de 30 % entre 2017 et 2018, selon les données de la police de Winnipeg.

Photo : Radio-Canada / Gavin Boutroy

Abdoulaye Cissoko

L'agression d'un septuagénaire, survenue mardi en plein jour, dans le quartier Saint-Boniface, à Winnipeg, suscite des réactions auprès des habitants du quartier. Après avoir attaqué l'homme, ses assaillants lui ont volé sa voiture.

L'agression s'est produite dans un stationnement derrière la Caisse Groupe Financier, entre les rues Saint-Joseph et Langevin. La victime, un homme de 70 ans, est un résident de l'Accueil colombien, un foyer pour personnes âgées, situé au 200, rue Masson, soit dans le même quartier.

Il attendait sa femme dans le stationnement lorsque trois individus ont surgi, l’ont sorti de force du véhicule avant de s’en prendre physiquement à lui.

Normand TouchetteAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Normand Touchette, directeur général de l'Accueil colombien

Photo : Radio-Canada

Selon le directeur de l’Accueil colombien, Normand Touchette, les assaillants ont volé la voiture. Le septuagénaire, qui a subi une double fracture du nez, est toujours à l'hôpital.

La police dit ne disposer pour le moment d'aucune description des trois suspects et qu'une enquête est en cours. Normand Touchette, lui, est choqué par cette agression. Il ajoute que les résidents du foyer ont également du mal à comprendre la violence de l'attaque.

Il estime que cette agression ne remet toutefois pas en cause la sécurité dans le bâtiment. « Nous fermons à clé les portes du foyer après les heures du bureau. La sécurité est assurée en soirée et en fin de semaine également », souligne-t-il.

Marcel DeGagné.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Marcel DeGagné, un résident de Saint-Boniface

Photo : Radio-Canada

Cette agression rappelle à Marcel DeGagné, un résident de Saint-Boniface que nous avons rencontré dans la rue, l'attaque subie par son frère dans un autre endroit du quartier. « Il s'était fait [sortir] de sa voiture et menacé avec un couteau en plein jour sur la rue Marion, dans Norwood. Son véhicule a été volé avant d'être retrouvé », explique-t-il. Son frère n'avait pas subi de blessure.

Criminalité en hausse

La présidente de l'Association des résidents du Vieux Saint-Boniface, Lyndsey Marshall, s'inquiète de la montée de la criminalité dans le quartier.

Lyndsey MarshallAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Lyndsey Marshall, présidente de l'Association des résidents du Vieux Saint-Boniface

Photo : Radio-Canada

Selon elle, l'attaque de mardi démontre que le fléau est réel. Par ailleurs, elle remarque que les actes criminels sont devenus, au fil des années, plus fréquents et plus violents.

Selon Lyndsey Marshall, c’est une situation qui préoccupe les habitants au point que, lors de la dernière assemblée générale de l'association, qui a eu lieu lundi soir, le sujet a été largement abordé. « Il y a de plus en plus de résidents qui se plaignent de cambriolages dans des garages, ou encore de la drogue qu'ils ont trouvée dans leurs ruelles ou dans les parcs », affirme-t-elle.

Les statistiques de la police confirment qu’il y a une hausse de la criminalité dans Saint-Boniface.

Selon ces données, de 2017 à 2018, le nombre de crimes violents a augmenté de près de 12 %, et celui des crimes sur les biens de 34 %. Dans l'ensemble, la criminalité dans le quartier a crû de 30 % au cours de la même période.

Un sachet contenant des comprimés de méthamphétamine portant l'inscription STAR.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La police de Winnipeg dit que la métamphétamine est l'un des principaux facteurs qui expliquent la hausse de la criminalité dans la ville.

Photo : Gendarmerie royale du Canada

Pour le sergent Rob Carver, de la police de Winnipeg, Saint-Boniface n'est pas une exception. Selon lui, l'augmentation des méfaits concerne tout Winnipeg. Il dit que la crise de la méthamphétamine est l'un des principaux facteurs qui expliquent cette augmentation.

La police tente d'éradiquer le fléau, notamment en adoptant une approche ciblée. Rob Carver explique que, lorsque les enquêteurs soupçonnent, par exemple, des problèmes de méthamphétamine ou de dépendance dans une rue ou un appartement, la police concentre ses ressources à ces endroits pour être sûre d’éradiquer le problème.

L'agent souligne toutefois que, pour éviter des agressions au hasard sur des automobilistes et sur les piétons, il faudrait déployer des policiers à chaque coin de rue 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Ce qui n’est pas possible, déplore-t-il.

Pour sa part, la présidente de l'Association des résidents du Vieux Saint-Boniface encourage les habitants qui seraient victimes ou témoins d'un crime de ne pas hésiter à le signaler aux autorités policières.

Manitoba

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