•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Malgré un rare cas de rémission, la lutte contre le VIH a toujours besoin d’appuis

Un homme s'appui sur une boîte de nourriture.

L'artiste Joe Average, qui vit avec le VIH depuis près de 30 ans, est bénévole pour l'organisme A Loving Spoonful, qui offre des repas gratuits aux personnes atteintes du virus. Il a lui-même eu recours aux services de l'organisation dans le passé.

Photo : Radio-Canada / Lien Yeung

Radio-Canada

Quelques jours après que la rémission d'un patient atteint du VIH a fait les manchettes à travers le monde, des organismes de soutien aux personnes atteintes du virus du sida de la Colombie-Britannique rappellent qu'ils ont toujours besoin d'appuis.

Lisa Martella est la directrice générale de l’organisme A Loving Spoonful, qui offre des repas gratuits aux gens vivant avec le VIH et le sida dans le Grand Vancouver. Depuis l’annonce de la rémission durable d’un homme appelé le patient de Londres au début du mois de mars, elle raconte avoir reçu des appels lui demandant si son organisation avait toujours besoin d’amasser des fonds.

Le cas du patient de Londres est « très prometteur », soutient la directrice de l’organisme. « Mais il ne s’agit pas encore d’un remède de masse, accessible à tout le monde », ajoute-t-elle.

« Au même moment où nous répondons à ces questions, de nombreux patients qui ont besoin d’aide sont dirigés vers nous », affirme Lisa Martella.

Elle dit être préoccupée par la situation, puisque 80 % du financement de A Loving Spoonful provient d’une activité de collecte de fonds qui doit avoir lieu jeudi.

Selon l’organisation AIDS Vancouver, les récents progrès en matière de traitement du VIH et les histoires comme celle du patient de Londres compliquent la recherche de financement pour les organismes. « Je pense que chaque année, nous observons une diminution dans le total des dons et des subventions », indique Brian Chittock, qui est directeur général de AIDS Vancouver depuis neuf ans.

Une lutte victime de son succès?

Le nombre de nouvelles infections au VIH n’a jamais été aussi bas en Colombie-Britannique et les patients vivent de plus en plus longtemps, dit le Dr Julio Montaner, un chercheur du Centre d’excellence sur le VIH et le sida de la province.

Depuis 1996, les médicaments permettant de diminuer la charge virale sont offerts gratuitement en Colombie-Britannique. Cette stratégie a permis de faire passer le nombre de diagnostics de 702 en 1996 à 186 en 2017.

Le Dr Montaner croit toutefois que la lutte contre le virus pourrait être victime de son propre succès.

Si on commence à célébrer trop tôt et qu’on coupe dans les ressources, les patients qui vivent avec le VIH sont toujours là. Un moins bon accès aux services entraînera à la longue une reprise de l’épidémie.

DrJulio Montaner, chercheur du Centre d’excellence sur le VIH et le sida de la Colombie-Britannique

C’est ce qui s’est produit en Grèce, indique le chercheur. Pendant la crise économique, en 2008, le gouvernement a réduit le financement des soins de santé, ce qui a fini par mener à une augmentation du nombre de nouveaux cas de VIH, soutient-il.

Julio Montaner espère qu’une telle situation ne se produira jamais au Canada. « La lumière au bout du tunnel est de plus en plus brillante, dit-il. Il serait extrêmement dangereux de réduire les investissements maintenant. »

Avec les informations de Lien Yeung

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Colombie-Britannique et Yukon

Sida