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Lebourgneuf : le rêve inachevé des années 1970

Un croquis du secteur Lebourgneuf à Québec, avant le développement du secteur dans les années 1970
Avant le développement massif du secteur Lebourgneuf, la Ville de Québec prévoyait qu'un monorail permettrait de relier le secteur au centre-ville Photo: Québec Urbain
Radio-Canada

Des passerelles pour piétons, des immeubles en hauteur entourés de végétation et même un monorail suspendu pour se rendre au centre-ville de Québec; dans les années 1970, les décideurs avaient des idées de grandeur pour le secteur Lebourgneuf. Aujourd'hui, force est de constater que le secteur ne ressemble que très peu à la vision originale.

Il y a 40 ans à peine, le secteur Lebourgneuf « était un trou au centre de l'agglomération où il y avait des cultivateurs, mais qui ne cultivaient plus leurs terres », rappelle l’historien Réjean Lemoine.

Photo du secteur Lebourgneuf à Québec en 1977 avec une affiche qui annonce l'ouverture de Place LebourgneufIl y a une quarantaine d'années, le secteur Lebourgneuf à Québec était encore boisé Photo : Courtoisie Ville de Québec

En déclin économique et démographique, la Ville de Québec voit dans ce secteur l’occasion de s’agrandir et surtout de faire concurrence à la ville voisine, Sainte-Foy, qui accapare les nouveaux développements.

Dans une première vague de fusion en 1973, la Ville de Québec annexe les villes de Duberger, Les Saules, Charlesbourg-Ouest et Neufchâtel.

Le nom Lebourgneuf provient d'ailleurs de la contraction des noms Charlesbourg et Neufchâtel.

« Lebourgneuf va devenir la solution pour créer un pôle suffisamment fort de bureaux et de résidentiel, résume Réjean Lemoine. En fait Lebourgneuf, c'était une collectivité nouvelle, c'était une mode à l'époque, comme une cité jardins au début du 20e siècle. »

Une « ville nouvelle » à l’européenne

La vision de Lebourgneuf présentée en 1974 par l’administration du maire Gilles Lamontagne est inspirée des villes nouvelles européennes, popularisées dans la période d’après-guerre.

Un croquis d'un plan du futur quartier Lebourgneuf dans les années 1970Un quartier autosuffisant, c'est ce qui avait été imaginé dans les années 1970 par l'équipe du maire de Québec à l'époque, Gilles Lamontagne Photo : Courtoisie Québec Urbain

Une première vague de développement a lieu avec l’arrivée des Galeries de la Capitale, en 1981. C’est toutefois le prolongement de Robert-Bourassa en boulevard urbain vers le nord dans les années 2000 qui donnera à Lebourgneuf son véritable envol.

De 2006 à 2016, la population augmente de 50 %, pour atteindre plus de 35 000 personnes.

Les immeubles de bureaux aussi poussent comme des champignons et la moitié des édifices qui abritent des centaines de commerces et d’entreprises ont moins de 20 ans.

Le développement se poursuit encore aujourd'hui, mais il semble aux antipodes de ce qui avait été imaginé dans les années 70.

Selon le regroupement des gens d’affaires, c’est justement la facilité d’accès en voiture et les stationnements abondants qui ont attiré les employeurs.

« Le secteur Lebourgneuf, une de ses forces, c'est la capacité de se stationner sans frais. Ç'a été un attrait important pour le secteur depuis son développement impressionnant qu'on a connu », souligne Daniel Giguère, membre du conseil d’administration d’Axe Lebourgneuf.

Actuellement, le secteur Lebourgneuf c'est plus de 900 places d'affaires et 20 000 personnes qui y travaillent quotidiennement. Qui aurait dit ça il y a à peine 10 ans?

Daniel Giguère, Axe Lebourgneuf

L’offre et la demande

L’historien Réjean Lemoine n’est pas surpris de constater que, 40 ans plus tard, le quartier ne ressemble en rien au projet de départ.

L'histoire du jeune quartier Lebourgneuf

« Cette idée-là ne peut pas fonctionner. En Amérique du Nord, on se développe avec le réseau autoroutier, les centres commerciaux, les banlieues et les bungalows qui suivent, donc c'est la façon dont on construisait dans ces années-là et c'est ce qui s'est produit », résume-t-il.

Je pense que tranquillement ce secteur-là va s'intégrer à la ville de Québec, mais on parle vraiment en décennies, pas demain matin.

Réjean Lemoine, historien et chroniqueur urbain

Sur la section nord de Robert-Bourassa, le quartier n’a manifestement rien perdu de son intérêt pour les promoteurs.

Des centaines, voire des milliers d’unités d’habitation sont toujours en construction, principalement dans des immeubles de haute densité.

Les résidents du secteur commencent d'ailleurs à sentir les effets de la densification. Entre Robert-Bourassa, le boulevard Lebourgneuf et l'autoroute Félix-Lelerc, les déplacements sont de moins en moins fluides aux heures de pointe.

Québec

Urbanisme