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Agression sauvage d'une infirmière à l'hôpital Georges-L.-Dumont

Le Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont, à Moncton.
Le Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont, à Moncton Photo: Radio-Canada / Michel Nogue
Anaïs Brasier

Lundi, un homme est entré dans le bureau d'une infirmière de l'hôpital Georges-L.-Dumont, à Moncton. Mécontent que son épouse ait été transférée de chambre, il l'a frappée au visage et dans les côtes, selon la description faite par la famille de la victime. Quand les secours sont arrivés, il la tenait à la gorge. Elle souffre maintenant d'une contusion au cerveau.

La version des faits qui suit est celle de la présumée victime, telle qu’elle l’a racontée à sa mère, Norma Melanson. L'incident s'est produit lundi dernier, le 11 mars, à l’hôpital Dumont.

L’épouse du présumé agresseur avait été transférée à une autre chambre parce qu’elle avait des convulsions. Il s’agissait d’une procédure normale pour rapprocher la patiente du poste des infirmières, assure Norma Melanson, qui a elle-même été infirmière pendant 52 ans.

Norma Melanson en entrevue dans sa cuisine. Norma Melanson décrit l'agression subie par sa fille, telle que celle-ci la lui a racontée. Photo : Radio-Canada

L’époux de la patiente était mécontent de ce transfert, selon Mme Melanson. Lundi, vers 14 h, il serait entré dans le bureau de la présumée victime : Je te donne trois secondes pour transférer mon épouse dans une autre chambre, lui aurait-il dit. Sans lui donner le temps de réagir, il se serait dirigé vers elle.

Il l’a ramassée, acculée contre le mur, cogné la tête contre le mur, il lui a arraché deux poignées de cheveux, il l’a frappée au visage des deux côtés, elle saignait du nez. Ensuite il l’a frappée dans les côtes, il l’a mise par terre.

Norma Melanson, mère de la présumée victime

L’infirmière n’est pas grande et pèse à peine plus de 100 livres. Elle n’avait aucune chance devant son agresseur présumé.

Une équipe de secours est intervenue 11 minutes après le début de l’agression. C’est long, mais la porte du bureau était fermée, dit Norma Melanson. Quand l’équipe du code blanc est arrivée, le monsieur la tenait à la gorge, ajoute-t-elle.

Elle m’a dit : “Maman, je suis convaincue qu’il était en train de me tuer”.

Norma Melanson, mère de la présumée victime

L’infirmière a ensuite été transportée à l'urgence, où elle a été soignée et où des agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) sont venus prendre sa déposition.

Elle souffre maintenant de maux de tête, de nausées et de vomissements dus à une contusion au cerveau. Avec deux yeux au beurre noir, le nez croche et une bosse près d’un oeil, son état est tel que sa mère n’a pas pu la voir. Ça a l’air que c’est tellement épouvantable, dit-elle, ravalant ses sanglots. C’est son frère qui m’a conseillé d’attendre, les intervenants m’ont dit la même chose.

Selon ce que la GRC a dit à l’infirmière mercredi matin, son présumé agresseur doit comparaître en cour le 4 juin. La cour n'a toutefois pas pu confirmer cette information. En attendant, il ne peut ni entrer à l’hôpital Georges-L.-Dumont, ni s’approcher de sa présumée victime.

Le manque de personnel augmente le risque d'épisodes de violence, selon le syndicat

La présidente du Syndicat des infirmières et des infirmiers du Nouveau-Brunswick (SIINB), Paula Doucet, a réagi par courriel.

Nous savons que nos hôpitaux et autres établissements de soins de santé sont surpeuplés et manquent de personnel, ce qui augmente le risque de frustration et d'épisodes de violence.

Paula Doucet, présidente du Syndicat des infirmières et des infirmiers du Nouveau-Brunswick
Paula Doucet, présidente du Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau‑BrunswickPaula Doucet, présidente du Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau‑Brunswick Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Le SIINB affirme depuis de nombreuses années qu’il s’agit d’une raison importante pour que la violence soit clairement définie comme un risque au travail dans la législation sur la santé et la sécurité au travail, ajoute-t-elle. Nous savons que dans le secteur de la santé, un grand nombre d'incidents violents se produisent et affectent directement nos membres, les autres membres du personnel de santé et les patients.

Le réseau de santé Vitalité a aussi répondu par courriel.

Il arrive parfois que ce genre d’incident se produise à l’intérieur de nos établissements. [...] Nous prenons chacune de ces situations très au sérieux et offrons des services d’appui à tous les employés touchés. Tout incident au cours duquel un membre du personnel est menacé, maltraité ou victime de voies de fait est rapporté et un suivi est effectué.

Avec des informations de Wildinette Paul

Nouveau-Brunswick

Agression