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  • Gratien Gélinas, le père de la dramaturgie québécoise

    Sur une scène, Fridolin (Gratien Gélinas) est assis sur une chaise, les bras grand ouverts de chaque côté de son corps.

    Gratien Gélinas, interprétant Fridolin sur scène en 1944.

    Photo : Radio-Canada / Henri Paul

    Radio-Canada

    Il y a 20 ans s'éteignait le dramaturge Gratien Gélinas. Le jour de son décès, les hommages se succédaient afin de souligner l'œuvre de ce pionnier du théâtre et du cinéma d'ici.

    Dans les années 30, il était bien difficile de vivre du théâtre au Canada.

    Artiste autodidacte, Gratien Gélinas y parvient en prenant en charge plusieurs rôles à la fois : il est l’auteur, le comédien, le metteur en scène et le producteur de ses pièces.

    Son personnage de Fridolin, qui apparaît sur scène en 1938, lui fait connaître le succès pour une première fois.

    Présentée comme une revue théâtrale, Fridolinons se moque des politiciens, de la religion, de l’effort de guerre. Le tout à travers les yeux d’un gamin de ruelle qui parle une langue québécoise naturelle et crédible.

    Cette revue annuelle humoristique sera présentée avec un retentissement croissant jusqu’en 1946.

    Dans son uniforme de soldat du Royal 22e Régiment, Tit-Coq (Gratien Gélinas) est tout gaillard, une cigarette à la main.

    Gratien Gélinas dans son personnage de Tit-Coq, en 1948.

    Photo : Radio-Canada / Henri Paul

    Avec la pièce Tit-Coq, Gratien Gélinas fait entrer le théâtre québécois dans la modernité.

    Créée en 1948, la pièce met en scène un jeune soldat montréalais de retour du front. Elle reflète avec justesse les réalités de la société québécoise de l'époque. Le ton est à la fois sérieux et humoristique.

    Gratien Gélinas en joue des centaines de représentations en français, mais aussi en anglais, au Canada et aux États-Unis. Un sommet dans sa carrière.

    Au Québec, la pièce Tit-Coq sera reprise au cinéma.

    Plusieurs œuvres de Gratien Gélinas seront également présentées à la télévision de Radio-Canada.

    Montréal ce soir, 16 mars 1999

    Le 16 mars 1999, les hommages se succèdent à la nouvelle du décès du dramaturge.

    Dans ce reportage de Dominique Poirier au Montréal ce soir, de nombreux artistes témoignent de l’influence du dramaturge dans leur cheminement.

    La pièce Bousille et les justes aura mis au monde le comédien Gilles Latulippe et marqué l’auteur en devenir Michel Tremblay.

    Dominique Michel souligne également la polyvalence de l’artiste, qui portait de multiples chapeaux. « C’était peut-être un premier qui a eu confiance en lui-même », exprime la comédienne.

    Le dramaturge Jean-Claude Germain affirme pour sa part qu’avec les Fridolinades et Tit-Coq, Gratien Gélinas a été le premier à créer un lien sur scène entre le comique et le dramatique.


    Vingt ans plus tard, la mémoire de Gratien Gélinas demeure.

    L’animatrice Mitsou Gélinas annonçait récemment qu’un des studios de production de MTL Grandé se nommerait dorénavant le studio Gratien-Gélinas, en hommage à son grand-père.

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