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Les députés britanniques se prononceront sur un report du Brexit

La première ministre britannique Theresa May a confirmé que les députés britanniques seront appelés à voter jeudi sur la possibilité de repousser l'échéance du Brexit.

Photo : Reuters / Handout

Radio-Canada

Les députés britanniques seront appelés à voter jeudi sur la possibilité d'un report « court et limité » de l'échéance du Brexit, après avoir rejeté mercredi soir l'option d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (UE) sans accord.

Les députés ont surpris le gouvernement mercredi en approuvant, par un vote de 321 voix contre 278, une motion amendée et non contraignante demandant spécifiquement d'exclure une sortie de l'UE sans accord.

La motion originalement déposée par le gouvernement soulignait plutôt que le Parlement ne voulait pas quitter l'UE sans accord, mais réaffirmait que cela pouvait se produire dès le 29 mars si les députés n'en ratifiaient aucun d'ici là.

C'est dans ce contexte que les députés devront voter jeudi à savoir s'ils demanderont ou non à l'UE la permission de repousser l'échéance du Brexit.

Prenant acte du vote de mercredi soir, la Commission européenne a toutefois rapidement rappelé qu'il n'existe que deux possibilités pour sortir de l'UE : celle d'une sortie avec accord et celle d'une sortie sans accord.

Rejeter toute sortie sans accord ne suffit pas, a-t-elle ainsi confirmé; il faut accepter l'accord négocié par le gouvernement de Theresa May et Bruxelles.

« Si les Britanniques demandent un nouveau délai, cela peut être un délai technique pour mettre en œuvre la sortie » de l'UE, a estimé le président français Emmanuel Macron.

Si un délai additionnel était demandé, il faudrait alors qu'on nous explique pour quoi faire. Ce ne peut être pour renégocier un accord que nous avons négocié durant de nombreux mois et dont nous avons dit qu'il n'était pas renégociable.

Emmanuel Macron, président de la France

Theresa May a pour sa part indiqué que la motion que déposera son gouvernement ne prévoira qu'une courte période de prolongation, soit le temps nécessaire à la ratification d'un accord avec l'UE.

Le président du Parlement, John Bercow, a d'ailleurs annoncé que le gouvernement entend soumettre son projet d'accord aux députés pour une troisième fois, le 20 mars.

Si l'entente est approuvée, « le gouvernement va demander à l'UE une seule prolongation [...] pour une période allant jusqu'au 30 juin 2019, dans le but de faire adopter les législations nécessaires au départ de l'UE ».

Le Brexit pourrait ainsi être repoussé de trois mois, a annoncé M. Bercow.

Un projet d'accord remanié rejeté

Le vote de mercredi a été pris au lendemain du rejet par les députés d’un projet d’accord remanié par une forte majorité de 391 voix contre 242. Un premier accord avait aussi été battu par 432 voix contre 202 à la mi-janvier.

L’accord remanié a été écarté parce que des députés déplorent la perte de souveraineté qu’entraînerait l’installation d’un « filet de sécurité » (backstop), un dispositif de dernier recours visant à empêcher le retour d’une frontière physique entre l’Irlande du Nord, province britannique, et la République d'Irlande, pays membre de l’UE.

La perspective d'un départ sans accord, un scénario baptisé « hard Brexit », est la hantise des milieux d'affaires, avait rappelé plus tôt dans la journée Catherine McGuinness, présidente du comité politique de la City of London Corporation, l'institution qui dirige le quartier d'affaires de la capitale britannique.

Nous sommes au bord du précipice. Les politiciens de toutes tendances doivent dépasser leurs divergences et avoir pour priorité absolue le rejet d'un Brexit sans accord.

Catherine McGuinness, présidente du comité politique de la City of London Corporation

Le ministre des Finances, Philip Hammond, a également plaidé pour éviter un Brexit sans accord, soulignant les risques économiques qu'une telle décision présente. Il a d'ailleurs annoncé mercredi qu'il abaissait la prévision de croissance économique du Royaume-Uni de 1,6 % à 1,2 %, en raison du « nuage d'incertitude » autour du Brexit.

Pour atténuer une possible rupture brutale, le gouvernement a par ailleurs annoncé qu'il supprimerait temporairement les tarifs douaniers sur 87 % des importations. Il s'est dit prêt à « entamer d'urgence des discussions » avec la Commission européenne et le gouvernement irlandais sur le sujet.

« Il est dans notre intérêt commun de parvenir à une sortie ordonnée », a commenté avant le vote la chancelière allemande Angela Merkel, tandis que le négociateur en chef de l'UE pour le Brexit, Michel Barnier, a lancé un appel à « ne pas sous-estimer » le risque d'un Brexit sans accord et ses conséquences.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et BBC

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