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Montréal ouvre la voie à un autre concept de vélo en libre-service

Un vélo vert vif stationné au coeur d'édifices du centre-ville de Calgary.
Lime offre des vélos électriques en libre-service sans ancrage à Calgary. Photo: CBC / Anis Heydari
Radio-Canada

La Ville de Montréal veut se doter d'un nouveau règlement pour encadrer des services de vélos et de trottinettes en libre-service qui, contrairement à celui de Bixi, n'ont pas besoin d'un port d'ancrage pour fonctionner.

Ces véhicules non immatriculés sont munis d'un GPS et activés au moyen d'une application sur un téléphone intelligent.

Des entreprises comme Jump, une filiale d'Uber, prévoient lancer ce service dans les prochains mois à Montréal.

Le règlement que proposera Montréal vise à « encadrer ces nouveaux services de mobilité pour favoriser les déplacements de tous les citoyens, tout en assurant une occupation ordonnée du domaine public », écrit la Ville dans un communiqué.

Dans un premier temps, ces vélos et trottinettes seront autorisés dans le centre-ville, à l'intérieur d'un quadrilatère bordé par le boulevard René-Lévesque et les rues Guy, Sherbrooke et Berri.

Éviter l'encombrement de la voie publique

Les entreprises intéressées à fournir ces services devront se procurer un permis à un prix variant de 15 000 $ à 27 500 $ « en fonction de la taille du parc de véhicules du même type (trottinettes/vélos) qu’elles souhaitent déployer sur le territoire ».

Montréal veut éviter que des centaines de vélos encombrent la voie publique entre les locations, comme ça s'est vu en Chine ou dans d'autres pays:

Le règlement décrit donc les espaces où les usagers pourront laisser les véhicules.

« Les trottoirs ne sont pas faits pour entreposer ou stationner ces véhicules-là, a indiqué Éric Alan Caldwell, responsable du transport au comité exécutif, en conférence de presse. On vient donc régir comment ces véhicules-là vont pouvoir se stationner dans la ville. On prévoit des zones de dégagement qui seront définies par les arrondissements, à leur demande, où les véhicules vont pouvoir se stationner. Et il y aura aussi l’utilisation des supports à vélo qui sera permise. »

De plus, les exploitants de ces services devront être basés à Montréal et ils auront l’obligation de déplacer les véhicules qui bloqueraient la voie publique.

« Nous pourons retirer les permis des exploitants délinquants », a indiqué M. Caldwell.

Le règlement devrait être adopté en avril.

Chaos ou réduction de la congestion?

La PDG de Vélo-Québec, Suzanne Lareau, aurait aimé que la Ville fixe des tarifs encore plus élevés.

« J'aurais aimé que la réglementation soit encore plus musclée qu'actuellement, parce que les expériences dans les villes étrangères nous montrent que généralement, quand ça arrive, c'est un chaos dans la ville, indique-t-elle. Je suis curieuse de voir ce que ça va donner à Montréal. Je pense qu'il faut une réglementation qui est mordante et moi j'aurais mis des prix plus élevés pour obtenir un permis et pour opérer ces vélos-là dans la ville ».

De son côté, Uber s’est dite « ravie de l’occasion qui se présente à Montréal ». Par la voix de son porte-parole Jean-Christophe de Le Rue, l’entreprise se dit convaincue que les vélos électriques en libre-service peuvent contribuer à réduire la congestion routière.

Elle s’appuie sur les données qu’elle a recueillies à San Francisco à partir de février 2018, date à laquelle les usagers de ses services de transport automobile ont pu réserver des vélos électriques Jump à partir de l’application Uber. « Les utilisateurs des vélos électriques Jump remplacent jusqu’à 15 % de leurs courses Uber par des trajets Jump, cela est particulièrement le cas lors des heures de pointe », indique M. de Le Rue. Les vélos Jump font l'objet d'un projet pilote à San Francisco depuis janvier 2018.

En ce qui concerne les trottinettes électriques en libre-service sans ancrage, la Ville de San Francisco les a toutes fait retirer de son territoire en juin dernier parce que les usagers les laissaient un peu n’importe où et que les fournisseurs les exploitaient sans permis. Puis, en août, la municipalité californienne a lancé un projet pilote auquel seules les entreprises Scoot et Skip ont eu l’autorisation de participer.

Au Canada, l’entreprise Lime offre un système de vélo-partage sans borne depuis l’automne dernier à Calgary, et la Ville de Winnipeg réalise une étude sur la faisabilité de l’implanter. Un projet pilote de trottinettes électriques se déroule également sur le campus de l'Université de Waterloo, en Ontario.

Avec la collaboration de Benoît Chapdelaine et de Valeria Cori-Manocchio, de CBC

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