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L’avenir de la Davie lié au prochain budget fédéral?

Un navire de la classe Secon en construction au Chantier Davie. La photo a été prise le 19 novembre 2012.
Selon le maire de Lévis, la survie du Chantier Davie pourrait se jouer dans le prochain budget fédéral. Photo: La Presse canadienne / Jacques Boissinot
Louis Gagné

Le gouvernement fédéral doit absolument accorder des contrats « significatifs » au Chantier Davie dans son projet budget, clame le maire de Lévis, Gilles Lehouillier. Il en va, selon lui, non seulement de la survie de l'entreprise, mais de toute la stratégie canadienne de construction navale.

« Le chantier ne peut pas attendre, ça prend, dans le cadre budgétaire, des budgets puis des contrats réels, ça ne peut pas attendre […] Sinon, le chantier est en péril », a déclaré Gilles Lehouillier, mercredi, lors d’une conférence de presse.

Il a fait remarquer que depuis l’élection des libéraux de Justin Trudeau, en 2015, le nombre de travailleurs sur le chantier était passé de 1435 à 209. Pour assurer sa survie, l’entreprise lévisienne doit être en mesure de fournir du travail à au moins 1000 personnes.

Le maire a rappelé que des contrats totalisant 10 milliards de dollars prévus dans la Stratégie nationale de construction navale n’avaient pas encore été octroyés. Le temps est venu, dit-il, d’octroyer à l'entreprise de Lévis sa juste part des contrats fédéraux.

Gilles Lehouillier lors d’une conférence de presse à Lévis. Le maire se tient debout, micro à la main, devant deux tableaux. L’un montre la capacité des chantiers navals du Canada, l’autre les contrats qui ont été accordés ou qui restent à être octroyés dans le cadre de la Stratégie nationale de construction navale.Le maire Lehouillier presse Ottawa de venir en aide au Chantier Davie en lui accordant des contrats. Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Gilles Lehouillier croit que le dépôt du budget fédéral, le 19 mars, représente l’ultime chance, pour le gouvernement Trudeau, de montrer qu’il a à cœur la survie de Chantier Davie.

S'il n’y a rien dans le cadre du budget, ils vont avoir failli à leur tâche d'assurer la survie du Chantier Davie.

Gilles Lehouillier, maire de Lévis

Contrats donnés à l’étranger?

Le maire a souligné que depuis l’octroi, en 2011, de contrats de construction totalisant 33 milliards de dollars aux chantiers de Halifax et de Vancouver, aucun navire n’avait été livré.

« Ce n'est pas étonnant […] que les autres chantiers ne livrent pas de navires, ils n'ont pas de capacité. C'est aussi simple que ça », a lancé Gilles Lehouillier, chiffres à l’appui.

Selon le maire de Lévis, le Chantier Davie possède 50 % de la capacité canadienne de construction de navire. Si l’entreprise venait à mettre la clé sous la porte, faute de contrats, le gouvernement fédéral n’aurait d’autre choix que de se tourner vers l’étranger.

Tableau présentant les principaux projets prévus dans le cadre de la Stratégie nationale de construction navale. La moitié gauche du tableau, de couleur rouge, présente les contrats de  construction accordés aux chantiers de Halifax et de Vancouver. La moitié droite, de couleur verte, montre les navires dont les contrats de construction n’ont pas encore été octroyés.Gilles Lehouillier affirme les contrats de construction navale qui n’ont pas encore été octroyés totalisent 10 milliards de dollars. Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

« La conséquence, c’est qu’on va envoyer une partie de notre PIB à l’étranger, c’est pas plus compliqué que ça, parce qu’on va être obligés d’acheter en catastrophe des navires [dans d’autres pays] des navires usagers », a prévenu Gilles Lehouillier.

Croyez-vous sincèrement que les deux autres chantiers vont arriver à livrer tout ce qu’il y a sur la carte en rouge et en vert? Impossible.

Gilles Lehouillier, maire de Lévis

« Ça frôle le désastre »

Le maire était accompagné du vice-président de l'Association des fournisseurs de Chantier Davie Canada, Pierre Drapeau. Il a mentionné que le chantier lévisien faisait affaire avec 879 sous-traitants répartis dans 13 régions du Québec.

Par conséquent, les difficultés de la compagnie ont des répercussions qui vont au-delà de Lévis et de la Chaudière-Appalaches.

Davie, ce n’est plus une entreprise de Lévis. C’est une entreprise qui a des tentacules dans presque toutes les régions du Québec.

Pierre Drapeau, vice-président de l'Association des fournisseurs de Chantier Davie Canada
Le navire ravitailleur Astérix sur le fleuve Saint-Laurent, devant le Chantier Davie, à LévisGilles Lehouillier soutient que le Chantier Davie a fait ses preuves en livrant à la Marine royale canadienne le navire Astérix à l’intérieur des temps et des coûts prévus. Photo : Jérémy Citone, Chantier Davie

Selon M. Drapeau, la Stratégie nationale de construction navale commence à ressembler à « un désastre » : « C'est une situation qui frôle le désastre. S'il fallait terminer l'année avec aucun navire livré par la stratégie canadienne, ça se rapproche du scandale financier. »

À l’instant de Gilles Lehouillier, Pierre Drapeau croit que le gouvernement Trudeau a encore l’occasion de « prendre en main » la stratégie de construction navale « pour faire en sorte qu’elle livre ses promesses ».

Avec la collaboration de Marc-Antoine Lavoie

Québec

Chantier naval