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Déversement à T.-N.-L. : des questions sur le rôle de l’Office des hydrocarbures extracôtiers

Siobhan Coady, la ministre des Ressources naturelles de T.-N.-L.

Siobhan Coady, la ministre des Ressources naturelles de T.-N.-L.

Photo : CBC/Mark Quinn

Radio-Canada

Le plus important déversement de pétrole de l'histoire de Terre-Neuve-et-Labrador a relancé les interrogations sur les limites de l'autorité de l'organisme qui gère les activités pétrolières et gazières de la zone extracôtière de la province.

La ministre provinciale des Ressources naturelles, Siobhan Coady, a dû répondre cette semaine à plusieurs questions sur le rôle de l’Office Canada-Terre-Neuve-et-Labrador des hydrocarbures extracôtiers.

Le 16 novembre, 250 000 litres de pétrole se sont déversés dans l’océan Atlantique après que la pétrolière Husky Energy eut tenté de reprendre sur sa plateforme SeaRose la production interrompue pendant une forte tempête. Les vagues atteignaient 8 mètres et demi de hauteur au moment de la reprise de la production.

Husky a été la seule pétrolière à relancer la production si tôt, et elle n’avait pas besoin de l’autorisation de l’Office Canada-Terre-Neuve-et-Labrador des hydrocarbures extracôtiers pour le faire.

Siobhan Coady dit que son ministère enquête sur la manière dont l’Office a géré la situation en novembre et tente de déterminer s’il a ou non suffisamment d’autorité sur les entreprises pétrolières et gazières.

La plateforme pétrolière flottante SeaRose.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

250 000 litres de pétrole se sont déversés en mer près de la plateforme flottante SeaRose, le 16 novembre au large de Terre-Neuve.

Photo : La Presse canadienne / Husky Energy

Bob Cadigan, l’ancien pdg de la NOIA, l’association qui représente les industries gazières et pétrolières à Terre-Neuve-et-Labrador, dit que le gouvernement provincial doit revoir sa relation avec l’Office.

Selon lui, la perception que l’Office manque d’autorité ne date pas d’hier et existe parce que les lois fédérales et provinciales, par exemple la Loi fédérale sur les hydrocarbures et l’Accord atlantique, sont désuètes.

Bob Cadigan à l'extérieur des studios de Radio-Canada.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Bob Cadigan, ex-pdg de la NOIA, l’association qui représente les industries gazières et pétrolières de Terre-Neuve-et-Labrador.

Photo : Radio-Canada / CBC / Paul Gale

L’Office, affirme-t-il, est le meilleur organisme dont la province dispose pour superviser les activités extracôtières et fait du bon travail malgré des réglementations désuètes qui datent des années 1980.

M. Cadigan va jusqu’à accuser le gouvernement d’hypocrisie. Puisque la province est en partie propriétaire de l’Office Canada-Terre-Neuve-et-Labrador des hydrocarbures extracôtiers, dit-il, elle a le pouvoir d’influencer celui-ci.

Pressée de questions au sujet de la reprise hâtive de la production pétrolière sur la plateforme SeaRose et du déversement qui en a découlé, la ministre Siobhan Coady signale que les entreprises élaborent leurs propres protocoles.

Elles sont censées suivre leur plan en cas de météo défavorable ou de conditions dangereuses, dit la ministre. Si le plan a été suivi et que le protocole a besoin d’être changé, ce sera évidemment révélé par l’enquête.

Mme Coady ajoute que les pétrolières doivent avoir leur mot à dire dans la décision d’interrompre ou de reprendre la production, car c’est de cette manière qu’elles pourront être tenues responsables de leurs actions.

Je ne veux pas les dispenser de cette responsabilité, a-t-elle insisté mardi à l'Assemblée législative.

La ministre indique que l’Office a le pouvoir de retirer un permis d’exploitation à une entreprise pétrolière, et qu’il a d’ailleurs suspendu celui de Husky en janvier 2018 après que la compagnie eut choisi de ne pas interrompre ses activités quand un iceberg était presque entré en collision avec un navire de production et de stockage de pétrole.

D’après les informations découvertes par CBC, des raisons financières avaient motivé cette décision de Husky, et l’Office avait conseillé la pétrolière sur la manière d’expliquer ses actions d’une manière qui serait perçue positivement.

Enseigne de l'Office Canada-Terre-Neuve-et-Labrador des hydrocarbures extracôtiers.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L’Office Canada-Terre-Neuve-et-Labrador des hydrocarbures extracôtiers est un organisme conjoint qui gère les activités pétrolières et gazières de la zone extracôtière de la province.

Photo : Radio-Canada / CBC

Un porte-parole de l’Office Canada-Terre-Neuve-et-Labrador des hydrocarbures extracôtiers indique que les compagnies pétrolières et gazières sont en général libres de prendre leurs propres décisions, mais que l’organisme peut intervenir et prendre des décisions à leur place en cas de besoin.

L’organisme souligne aussi que depuis le déversement causé par Husky, les pétrolières doivent obtenir la permission de l’Office pour reprendre leur production.

Avec les informations de CBC

Terre-Neuve-et-Labrador

Industrie pétrolière