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La vérificatrice générale de Montréal priée d'enquêter sur l’usine de compostage

Un bac brun en bordure de la rue, en hiver.

Actuellement, les déchets alimentaires des Montréalais sont envoyés à Saint-Thomas, dans Lanaudière, sur un site géré par la compagnie EBI.

Photo : Radio-Canada / Martin Thibault

Jérôme Labbé

L'opposition officielle réclame que la vérificatrice générale (VG) de la Ville de Montréal se penche sur le contrat de construction et d'exploitation du futur centre de traitement des matières organiques (CTMO) de l'arrondissement de Saint-Laurent, dont les coûts ont considérablement augmenté récemment. Pour ce faire, elle déposera lors du prochain conseil municipal une motion, dont Radio-Canada a obtenu copie.

Le texte demande que le conseil municipal mandate la VG Michèle Galipeau afin qu'elle vérifie « l'ensemble de la stratégie et des plans d'affaires visant la création des centres de traitement des matières organiques pour respecter le Plan directeur de gestion des matières résiduelles ».

Car il n'y a pas que le CTMO de Saint-Laurent qui pose problème, selon Ensemble Montréal, le parti qui forme l'opposition officielle à l'Hôtel de Ville de Montréal : c'est tout le plan de match de l'administration Plante qu'il faut examiner.

Son chef, Lionel Perez, s'inquiète par exemple que l'équipe de la mairesse ait décidé de procéder « à la pièce » en octroyant seulement un contrat pour le CTMO de l'arrondissement de Saint-Laurent, alors que la stratégie développée par les administrations précédentes prévoyait la construction quasi simultanée de quatre CTMO et d'un centre de prétraitement à Montréal-Est.

« Nous, on pense que c'est une décision qu'elle a prise de manière trop hâtive; il y a trop de questions qui ne sont pas répondues; et on a peur qu'à la fin de la journée, ça va coûter trop cher aux contribuables montréalais sans qu'il y ait vraiment un rendement satisfaisant des réalisations au niveau environnemental », a-t-il déclaré lors d'une entrevue téléphonique réalisée mercredi.

L'opposition souligne que les coûts de l'ensemble du projet ont presque triplé depuis 2010, passant de 199 millions de dollars à 589 millions de dollars.

À lui seul, le CTMO de Saint-Laurent, qui doit traiter 50 000 tonnes de matières organiques par année, coûtera 175 millions, soit 51 % de plus que la dernière estimation de la Ville, a révélé Radio-Canada le 19 février dernier.

C'est beaucoup trop cher, estime Lionel Perez, qui rappelle que l'usine de biométhanisation de Surrey, en Colombie-Britannique, a été construite au coût de 68 millions de dollars pour un tonnage encore plus important que celui de la future usine à compostage de Saint-Laurent.

Il cite aussi le CTMO de Perris, en Californie, qui engloutira à lui seul 335 000 tonnes de matières organiques par année, soit plus de six fois la capacité prévue de l'usine de Saint-Laurent. Sa construction a coûté 100 millions de dollars américains (133 M$ CA).

Une carte du secteur.

Le futur centre sera construit à l'intersection du boulevard Henri-Bourassa Ouest et de la rue Valiquette, dans l'arrondissement de Saint-Laurent.

Photo : Ville de Montréal

C'est l'entreprise Suez Canada Waste qui sera chargée de la conception, de la construction, de l'exploitation et de l'entretien de la future usine à compostage de Saint-Laurent, qui deviendra du même coup le premier CTMO de Montréal.

L'attribution du contrat a été votée par le conseil municipal le 26 février dernier.

Le conseil d'agglomération l'a avalisée deux jours plus tard, et ce, malgré les réticences des maires des villes défusionnées de l'île de Montréal, qui avaient demandé à l'administration de reporter le vote afin de pouvoir étudier le projet plus en profondeur.

Il s'agit après tout du plus important contrat d'infrastructure depuis celui des compteurs d'eau – un dossier sur lequel s'était d'ailleurs penché le Vérificateur général, rappelle Lionel Perez.

La motion réclamant une enquête de la VG sera débattue lors de la prochaine réunion du conseil municipal, qui s'ouvrira le lundi 25 mars. Elle sera proposée par Francesco Miele, leader adjoint de l’opposition et conseiller du district de Côte-de-Liesse, dans l'arrondissement de Saint-Laurent.

En théorie, le futur centre de compostage de Saint-Laurent devrait être opérationnel en septembre 2021. En attendant, la Ville continuera d'acheminer ses matières organiques à Saint-Thomas, dans Lanaudière.

Grand Montréal

Politique municipale