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Nouvel appel à mieux encadrer le développement de l'intelligence artificielle

Une silhouette sur fond noir.
Le PDG d'Element AI estime que les développeurs de produits d'intelligence artificielle doivent être transparents pour garder la confiance du public. Photo: iStock / monsitj
Hugo Prévost

Une nouvelle voix s'ajoute au concert de celles qui réclament un meilleur encadrement du développement de l'intelligence artificielle et de son utilisation dans la sphère économique. Jean-François Gagné, président-directeur général d'Element AI, croit ainsi que l'industrie de l'intelligence artificielle se doit d'être plus transparente, possiblement avec un coup de pouce des gouvernements en place.

En entrevue à RDI Économie, le fondateur et dirigeant de cette compagnie montréalaise travaillant avec des entreprises du secteur financier et du domaine des chaînes d'approvisionnement estime que les systèmes d'intelligence artificielle deviennent « de plus en plus sophistiqués ».

« Pour comprendre et bien gérer cette technologie-là, on doit la rendre transparente », soutient-il.

Ne transforme toutefois pas son modèle d'affaires qui veut : Jean-François Gagné se dit conscient que des motivations au-delà des pressions financières des marchés sont nécessaires pour convaincre les entreprises du bien-fondé de sa démarche. Voilà donc où entrent en scène les gouvernements – « ou d'autres acteurs », mentionne M. Gagné qui évoque entre autres des normes industrielles en la matière.

On doit se rallier à cette idée de transparence; [il faut pouvoir] expliquer comment les décisions sont prises, quels en sont les conséquences et les risques inhérents à l'automatisation d'une décision.

Jean-François Gagné, PDG d'Element AI

La notion de vague ou de flou revient régulièrement à travers les propos du patron d'Element AI. Flou en matière de normes pour la conduite autonome, vagues balises pour la protection de la vie privée... l'industrie gagnerait certainement non seulement à établir un cadre strict, mais également à le faire connaître.

Pour M. Gagné, après tout, il s'agit d'une question de confiance. Surtout lorsqu'on évoque des voitures, des camions, voire des drones ou des avions sans pilote.

« Étant donné la sophistication des outils [liés à l'IA], si nous voulons qu'ils soient déployés le plus largement possible, nous devrons nous assurer que tout le monde nous accompagne », ajoute le PDG.

Des craintes depuis belle lurette

Les inquiétudes envers l'intelligence artificielle ne datent pas d'hier; si la peur d'une armée robotisée contrôlée par un ordinateur surpuissant a quelque peu reflué depuis les oeuvres apocalyptiques de la guerre froide et l'époque des Terminator et autres pieuvres mécaniques de La Matrice, les possibles dérives d'une IA mal encadrée sont toujours présentes, même si elles sont souvent associées à de nouveaux domaines.

Fausses nouvelles, vols d'informations personnelles, dérives éthiques de toutes sortes, ou encore tempêtes économiques provoquées par des algorithmes fautifs, la liste des problèmes potentiels est longue.

Aux yeux de Yoshua Bengio, sommité québécoise en matière d'intelligence artificielle, le politique est souvent « plusieurs années en retard » sur les innovations du marché. Raison de plus, croit-il, pour agir le plus rapidement possible sur ce plan.

M. Bengio est d'ailleurs l'un des spécialistes qui, régulièrement, tirent la sonnette d'alarme pour que les gouvernements de la planète agissent afin d'encadrer le développement de l'intelligence artificielle, histoire d'éviter une catastrophe.

En 2004, l'astrophysicien Stephen Hawking estimait ainsi que l'IA pourrait « menacer l'existence humaine » si les ingénieurs concevaient une véritable intelligence artificielle.

L'an dernier, un rapport corédigé par 26 experts en IA, en cybersécurité et en robotique soulignait la possibilité qu'une IA avancée puisse servir à des fins criminelles ou terroristes si elle tombait entre de mauvaises mains.

Intelligence artificielle

Économie