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ACFR : une incompréhension des rôles d'un C. A. à l'origine de la crise, dit une experte

Monique Dansereau est assise à son bureau, des armoires et des plantes figurent derrière elle.

La présidente de la société de conseil OSBL plus, Monique Dansereau, estime que le conseil d'administration de l'ACFR doit se prendre en main.

Photo : Radio-Canada

Raluca Tomulescu

Lorsqu'elle a remis sa démission, l'ancienne présidente de l'Association canadienne-française de Regina (ACFR), Sylvie Bergeron, avait soulevé le fait que le conseil d'administration était « dysfonctionnel » et « que les débats se tenaient par courriel plutôt que lors des rencontres en personne ». Radio-Canada a mis la main sur des échanges par courriel entre des membres du C. A. et les a soumis à une spécialiste en gouvernance basée au Québec, pour tenter de mieux comprendre où se situe le problème.

La présidente de la société de conseil OSBL plus, Monique Dansereau, a eu accès à des courriels échangés entre des membres du C. A. de l’ACFR entre le 16 janvier 2019 et le 19 février 2019. Son constat est clair : l'ACFR souffre d’un « problème général de gouvernance », qui découle d’une série de confusions, d’abord en ce qui concerne les rôles de chacun.

Les administrateurs n’ont pas la même compréhension des rôles d’un C. A. ni de leurs rôles pris individuellement.

Monique Dansereau, présidente de la société de conseil OSBL plus

Ce qu’ils doivent saisir, selon elle, c’est qu’ils sont légalement responsables d’une entité juridique qui ne leur appartient pas. Une fois réunis en conseil, ajoute-t-elle, ils doivent nécessairement comprendre qu’ils forment une équipe et qu’ils doivent être solidaires.

Monique Dansereau note que la compréhension des règlements administratifs est un autre aspect qui coince. « Il y a beaucoup de perceptions et d’interprétations de quelques administrateurs », remarque-t-elle.

La spécialiste en gouvernance regrette que tout ce que traverse l’ACFR porte atteinte à la réputation de l’ensemble de l’organisation et à la crédibilité des gens qui sont en poste.

« La valeur qui doit prédominer, c’est le respect des personnes. Quand c’est rendu à un point de vue personnel d’accusations, c’est autre chose que de la gouvernance », déplore-t-elle.

Quelques exemples d’échanges électroniques

L'ensemble des courriels obtenus par Radio-Canada couvrent la période du 25 octobre 2018 au 21 février 2019.

Les échanges commencent à s’enflammer après la réunion du conseil d’administration du 3 décembre 2018.

À ce moment, les membres du conseil d’administration et le directeur de l’ACFR ne s’entendent pas sur laquelle des deux entités, administrative ou exécutive, s’occupera d’un dossier sensible. Un membre du C. A. parle alors d’« insubordination » de la part du directeur, ce qui divise le groupe davantage.

Dans un courriel du 14 décembre 2018, l’ex-présidente du conseil Sylvie Bergeron demande « une trêve de rencontres, d’échanges, de courriels et d’accusations jusqu’au 12 janvier 2019 ». Elle décrit un climat « tendu » et déplore que « des confrontations inutiles monopolisent les rencontres », ce qui « empêche le conseil d’administration et le directeur de répondre [à leurs] obligations de bonne gouvernance ».

Elle mentionne que le conseil pourra d’ailleurs suivre une formation sur la gouvernance en janvier.

Des membres du C. A. et le directeur y ont finalement participé, sauf Yassine El Bahlouli et François-Regis Kabahizi. Ce dernier avait toutefois motivé son absence.

La pause du temps des Fêtes ne semble toutefois pas avoir calmé les esprits. Dans un courriel du 11 février 2019, Sylvie Bergeron indique qu’elle a demandé au président de l’Assemblée communautaire fransaskoise (ACF), Denis Simard, de présider la rencontre du conseil d’administration qui devait avoir lieu le soir même, en raison de son « expérience à gérer des discussions et de son impartialité ». Yassine El Bahlouli, alors vice-président de l’ACFR, s’y oppose et prévient qu'il « boycotte » la réunion, qui n’a finalement pas eu lieu par manque de participants.

Dans un autre courriel du 18 février 2019, Yassine El Bahlouli réitère que Sylvie Bergeron n’a pas le droit de déléguer la présidence et lui demande d’ « avoir le courage et l’humilité de débattre ce point ici ». Il ajoute qu’elle « [persiste] dans l’erreur et l’autoritarisme ».

Les statuts et règlements de l’ACFR, publiés sur le site web de l’organisme, stipulent que « la présidence peut déléguer la présidence d’une réunion sur approbation des membres présents », un protocole que Sylvie Bergeron a rappelé au C. A. dans le même échange de courriels.

Sylvie Bergeron a démissionné de son poste de présidente de l’ACFR le 22 février 2019, les rôles du conseil ont été remaniés le 25 février et lundi soir, Yassine El Bahlouli a, lui aussi, démissionné de son poste de conseiller.

Que faire à présent?

Selon Monique Dansereau, le conseil d’administration doit se prendre en main. « On se donne une occasion pour mettre sur la table le rôle réel des administrateurs, on crève l’abcès », préconise-t-elle.

Un bon point de départ, dit-elle, est de se rallier autour des orientations de l’organisme, de sa vision, et de sa mission.

Il faut revenir au point de base est se demander pourquoi on est là, pourquoi on rassemble les gens?

Monique Dansereau, présidente de la société de conseil OSBL plus

Le C. A. doit aussi s’assurer de bien préparer ses futurs administrateurs. « Un des rôles fondamentaux d’un conseil d’administration, c’est d’avoir un bon processus d’accueil des nouveaux, de leur expliquer les fonctions du C. A., ce qu’on attend d’eux, comment on fonctionne », indique Monique Dansereau.

L’important, conclut-elle, d’un côté comme de l’autre, c’est de bien « se préparer à servir ».

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