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Un expert dénonce l'interdiction des cellulaires dans les classes en Ontario

Des enfants portant des sacs à dos tiennent un appareil électronique dans leurs mains et le regardent. Ils sont accotés sur un mur de brique.

De jeunes élèves qui utilisent un téléphone cellulaire.

Photo : iStock

Ismaël Sy

L'interdiction prochaine des téléphones cellulaires dans les salles de classe en Ontario est une solution « moyenâgeuse », selon Thierry Karsenti, spécialiste en technologies de l'éducation et professeur à l'Université de Montréal.

La ministre de l'Éducation, Lisa Thompson, a confirmé l'intention de son gouvernement de bannir les appareils cellulaires des salles de classe des écoles publiques élémentaires et secondaires dès la prochaine rentrée.

Elle a déclaré que cette décision a été prise dans le but de favoriser l'apprentissage des élèves. Or, certains experts, comme M. Karsenti, sont d'avis qu'elle aura plutôt l'effet contraire.

Au lieu que l'école joue son rôle éducatif, on pense qu'interdire le téléphone cellulaire va régler tout ça. Pour moi, c'est une solution un peu moyenâgeuse, dit M. Karsenti.

Il fait valoir que le système d'éducation doit sensibiliser les jeunes quant aux impacts à long terme des téléphones cellulaires et à notre dépendance grandissante à la technologie.

On ne donne pas une voiture à quelqu'un avant qu'il n'ait son permis de conduire, mais le cellulaire on donne ça à des enfants, alors qu'on n'a jamais montré à personne comment l'utiliser avant.

Thierry Karsenti, professeur à l'Université de Montréal et spécialiste en technologies de l'éducation

Des conseils scolaires réticents à l'idée

Le Conseil des écoles publiques de l'Est de l'Ontario (CEPEO) abonde dans le même sens et préfère l'approche pédagogique à une interdiction complète d'utiliser les téléphones intelligents.

Sachant que les élèves ont ces appareils-là sur eux, il faut les encadrer et leur apprendre à l'utiliser de façon adéquate, estime Éric Génier, directeur des services éducatifs du CEPEO.

Même son de cloche du côté du Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE), où on encourage l'utilisation responsable du cellulaire.

On a un contrat, un engagement d'utilisation responsable, que chaque élève doit signer en présence de ses parents, explique Guy Dubois, surintendant à l'éducation au CECCE., selon qui l'interdiction complète fait état d'une vision à court terme.

Je ne suis pas convaincu qu'on est en train de préparer nos élèves à la société de demain ou d'aujourd'hui même. Notre rôle est de former nos élèves à être des citoyens de demain, confie-t-il.

Les deux conseils scolaires affirment que les téléphones cellulaires sont particulièrement utiles en raison des outils de traitement de texte qu'ils offrent. Ces appareils permettent aussi aux élèves de réseauter avec des jeunes à l'étranger et de développer des compétences numériques.

Un problème de dépendance?

L'ex-président de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO), Pablo Mhanna-Sandoval, reconnaît que le comportement de plusieurs élèves sur les bancs d'école témoigne d'une dépendance réelle à leur téléphone.

Les médias sociaux, surtout Snapchat, c'est vraiment une activité commune en salle de classe. Lorsqu'on voit les notifications, on veut voir ce que c'est, on veut toucher et dès qu'on lève le téléphone, on est apporté dans un vortex qui dure des minutes et des minutes de notre temps précieux en salle de classe, raconte-t-il.

Tout comme les représentants des conseils scolaires, il est d'avis que la vraie solution est de s'attaquer aux racines du problème. M. Mhanna-Sandoval croit que les autorités devraient mettre sur pied une campagne publique de sensibilisation auprès des familles.

C'est une dépendance qui ne s'arrête pas aux murs d'une salle de classe et cette politique [l'interdiction en classe] ne reflète pas cette réalité, malheureusement, déplore-t-il.

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Ottawa-Gatineau

Éducation