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Lock-out à l’ABI : pourquoi les travailleurs ont-ils dit non?

Boîte de votes de l'ABI devant des syndiqués dans une salle.
Les syndiqués de l'ABI se prononcent lundi sur la dernière offre patronale. Photo: Radio-Canada
Maude Montembeault

Alcoa souhaitait imposer plusieurs conditions dans son protocole de retour au travail qui lui auraient permis de mettre un terme, temporairement ou définitivement, au retour au travail des travailleurs de l'Aluminerie de Bécancour inc. (ABI). Radio-Canada a obtenu copie de documents, dont le protocole de retour au travail proposé par l'employeur, qui permettent de mieux comprendre le rejet massif de l'offre patronale par les syndiqués.

On apprend que, dans un scénario idéal, les syndiqués de l’ABI auraient pris progressivement le relais des cadres d’Alcoa à partir du 8 avril 2019 pour une période dite « de transition » qui aurait duré 10 mois.

Cette transition prévoyait trois étapes, soit le remplacement des cadres, la préparation au redémarrage et la stabilisation des cuves.

Alcoa se réservait le droit, avant ou pendant la transition, de recourir à des cadres, des travailleurs non syndiqués, des sous-traitants et des gestionnaires pour les opérations de redémarrage.

Ce qui pourrait expliquer le refus des travailleurs, ce sont les nombreuses conditions pouvant justifier un changement au scénario idéal.

Article qui relate les conditions pouvant justifier un changement :

Il est entendu que l’employeur peut suspendre, interrompre ou mettre fin au processus de rappel au travail prévu au présent protocole, de façon temporaire ou permanente, dans les cas suivants :

  • ralentissement de travail
  • vandalisme
  • arrêt de travail concerté
  • baisse significative de la qualité du produit
  • problème technique
  • toute condition du marché (p. ex., pas de commandes de billettes, problème d’approvisionnement de matières premières, etc.)

Sans confirmer que le protocole a été la goutte qui a fait déborder le vase, le président de la section locale 9700 du Syndicat des métallos, Clément Masse, confirme qu'il avait préséance sur la convention collective et qu’il plaçait ses membres dans une position de grande vulnérabilité, d’autant plus que l’ancienneté n’y était pas nécessairement respectée.

Alcoa n'a pas répondu à notre demande d'entrevue.

Lundi, les syndiqués ont rejeté à 82 % l'offre faite par la direction, la première qu'elle leur présentait depuis le début du conflit de travail.

Alcoa exigeait que le protocole de retour au travail ainsi que les trois conventions collectives soient acceptés pour que l'offre se concrétise et que le lock-out prenne fin.

Le conflit à l'ABI dure depuis 14 mois. Le 11 janvier 2018, Alcoa a mis ses 1030 employés en lock-out. Depuis, certains ont décidé de quitter l'entreprise, d'autres de prendre leur retraite. Il y a maintenant 920 travailleurs à l'usine de Bécancour.

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