•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’abattage des loups ne suffit pas à sauver les caribous, selon une étude

Chargement de l’image

Le caribou des bois constitue une espèce menacée aux termes de la Loi sur les espèces en péril fédérale et de la législation provinciale albertaine.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Différentes mesures appliquées simultanément pour contrer l'extinction du caribou des bois portent leurs fruits, démontre une étude de l'Université de l'Alberta. Cette méthode pourrait notamment limiter une pratique controversée, soit l'abattage des loups.

La recherche publiée lundi par l'Institut de surveillance de la biodiversité de l'Université de l'Alberta prouve qu'il faut combiner plusieurs mesures pour optimiser la sauvegarde des caribous.

Parmi celles-ci figurent la réduction des proies des loups (les orignaux et les cerfs) ou encore l'installation de barrières pour protéger les femelles caribous et leurs petits de leurs prédateurs, comme les cougars et les loups.

Le caribou des bois est considéré comme une espèce menacée aux termes de la Loi sur les espèces en péril fédérale et de la législation provinciale albertaine.

« Il y a un problème immense où l’habitat du caribou a été changé », explique l’un des chercheurs de l’étude, Robert Serrouya.

Il précise que le phénomène est lié à la destruction de l’écosystème du caribou par l’exploitation pétrolière et la déforestation.

« Dans ce contexte, les populations de caribous vont continuer de diminuer dans les années à venir, poursuit-il. Si l’objectif, c’est de protéger le caribou, il faut enlever leurs prédateurs et réduire les proies [de ces derniers], en attendant que leur habitat revienne. »

Des résultats probants si les méthodes sont combinées

La recherche a porté sur une population de 12 hardes de caribous, ainsi que 6 autres hardes étudiées comme échantillon de référence entre 1994 et 2018. Elle a observé le comportement d’une population d’environ 3000 caribous sur un territoire de 90 000 km2 couvrant les Rocheuses entre la Colombie-Britannique et l’Alberta.

Avant l’application des mesures, 16 des 18 hardes étaient en déclin. Après l’expérimentation, 8 des 12 hardes affichaient une légère augmentation d’effectifs. Le changement le plus significatif intervient quand on recourt à une combinaison de chasse au loup et de protection des femelles et de leurs petits. Cette méthode a permis de presque doubler la population de caribous entre 2013 et 2018.

L’abattage des loups plus acceptable s'il est temporaire

Personne ne veut que les loups soient abattus, reconnaît M. Serrouya.

« Mais si on doit faire ça pendant une dizaine d’années, en attendant que l’habitat du caribou soit protégé et revienne à un état naturel, ce serait plus acceptable pour la population et le gouvernement. »

Il explique que, pour être efficace, l’abattage des loups doit être combiné aux deux autres facteurs influant sur l’écosystème du caribou : la protection de l’habitat et la réduction des proies invasives.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !