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  • Archives
  • Être une femme et vivre sa quarantaine dans les années 60

    La quarantaine peut être un passage difficile pour les femmes. Photo: Radio-Canada
    Radio-Canada

    La crise de la quarantaine, vous connaissez? Certains passages sont plus difficiles que d'autres, mais ils évoluent aussi au fil des époques. À travers nos archives, voyez de quelle façon les femmes vivaient leur quarantaine dans les années 60.

    « La vie pour un homme commence à 40 ans », déclare Yoland Guérard en introduction de l’émission Femme d’aujourd’hui du 19 mai 1966.

    « Pour une femme, on peut penser que c’est un moment critique de sa vie », exprime pour sa part sa coanimatrice Lizette Gervais. « C'est une vie de solitude qui commence. »

    Lizette Gervais a recueilli le témoignage d’une femme qui « avoue » ses 40 ans. Pensive et bien installée dans un fauteuil, Madeleine Dubuc fait le bilan de sa vie.

    Si elle admet craindre la vieillesse, Madeleine Dubuc confie ne pas s’ennuyer de l’adolescence.

    C’est fini les battements de cœur, les attentes des coups de téléphone des garçons, l’acné, les examens et tout et tout. Ça, je laisse ça aux jeunes!

    Madeleine Dubuc

    Au cours de la vingtaine, elle a pris un mari et a appris à tenir une maison. Puis les enfants sont arrivés.

    Il a fallu attendre la trentaine pour qu’elle apprenne à bien se connaître et à développer des loisirs.

    À quarante ans, elle a maintenant l’impression d’avoir tout appris.

    Après avoir tant travaillé, elle se retrouve avec beaucoup de temps libre. Les enfants ont quitté la maison. Le quotidien ne présente plus de grands défis.

    Et puis tout à coup, il peut y arriver une sensation d’ennui, de vide, ce n’est pas vraiment ça qu’on voulait. C’est là qu’on se met à chercher : qu’est-ce que je vais faire, ces années qui s’en viennent?

    Madeleine Dubuc

    Dans ce monde américain centré sur l’extrême jeunesse, elle ne se sent pas à sa place. En comparaison, elle considère que la femme « reste femme » beaucoup plus longtemps en Europe.

    Heureusement, la femme de quarante ans termine son témoignage sur une note positive.

    Je crois au bonheur, mais plus comme la chose idéale qu’on cherche. Je crois aux petits bonheurs qu’on se fait soi-même jour après jour.

    Madeleine Dubuc

    Et la ménopause?

    Case postale 100, 17 janvier 1958

    L’émission Case postale 100 répond aux questions des téléspectateurs sur les sujets les plus divers.

    Le 17 janvier 1958, l’animatrice Madeleine Arbour fait la lecture d’une lettre provenant d’une femme de 46 ans affligée d’une mystérieuse maladie.

    Comme dans le témoignage précédent, cette femme ressent un grand vide depuis le mariage de son aînée et son départ du nid familial. Elle se dit pourtant heureuse de son nouveau gendre, tout comme de son mari qui lui assure « sécurité et bonheur ».

    « Je me sens fatiguée », écrit-elle. « La moindre chose me demande un effort. J'éprouve de la difficulté à me concentrer sur mon travail. Les tâches de la maison, qui ne m'ont jamais déplu, me rebutent. Je suis comme absente. Je me demande quoi faire pour sortir de ma torpeur ».

    Le Dr Camille Laurin détient la réponse à sa question. « Je crois qu’il convient ici de parler de ménopause », explique le psychiatre.

    Famille, maternité, travail, le contexte que décrivent ces femmes a bien changé depuis les années 60.

    Néanmoins, peu importe l’époque, toute femme avançant dans la quarantaine rencontrera ce tournant dans sa vie.

    « Il me semble que la première chose utile à faire, c’est de réaliser pleinement ce qui nous arrive », conseille le Dr Camille Laurin. « En effet, il est toujours rassurant de savoir au moins ce dont on souffre. »

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