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La C.-B. n’interdira pas l’usage des cellulaires en classe

Un élève regarde l'écran de son téléphone cellulaire, sur lequel apparaît l'image d'une table de billard.
Le téléphone est utilisé comme outil pédagogique par certains enseignants. Photo: Radio-Canada / Martin Diotte
Adrien Blanc

Le ministère de l'Éducation de la Colombie-Britannique n'a pas l'intention de suivre l'Ontario dans l'interdiction des téléphones mobiles dans les salles de classe, estimant que la responsabilité en revient aux conseils scolaires.

Dans un courriel adressé à CBC, le ministère de l’Éducation indique qu’il laisse les conseils scolaires de la province déterminer les politiques à mettre en place en ce qui concerne les technologies sans fil, y compris les cellulaires, pour répondre aux besoins des étudiants.

L'École Centrale de Victoria avait ainsi décidé de bannir les téléphones portables de l'établissement en 2017. Les élèves sont invités à laisser l'appareil à la maison. Seule une vingtaine d'élèves ayant des besoins spéciaux ont le droit d'apporter le leur.

Interrogé sur la question, le conseil scolaire de Surrey a fait savoir qu'il n’envisageait pas d’interdire l’usage des cellulaires en classe. Son porte-parole, Doug Strachan, estime que les appareils mobiles peuvent être de bons outils éducatifs, nécessaires à une citoyenneté numérique. Il rappelle par ailleurs que les enseignants disposent d’une marge de manœuvre pour interdire les téléphones dans leur classe quand ceux-ci deviennent une distraction.

Toutefois, Dominique Guay, une enseignante de l’école Oak Bay High, qui fait partie du conseil scolaire de Victoria, pense que de nombreux membres du personnel éducatif sont dépassés par la popularisation des téléphones mobiles. Elle répète à ses élèves adolescents qu’elle ne veut ni voir ni entendre leur téléphone pendant la classe, même si c’est une règle épuisante à faire respecter.

J’ai eu des élèves qui étaient presque en état de choc quand on leur enlevait leur téléphone.

Dominique Guay, professeure de français en immersion à l’École Oak Bay High

L’enseignante dit confisquer un téléphone cinq à six fois par an, pour une journée, quand un élève n’écoute pas une leçon ou la présentation d’un camarade. J’ai eu des parents qui m’ont dit que c’était une bonne chose, car ils avaient le même problème de ne pouvoir tenir une conversation à la maison, se souvient Dominique Guay, tandis que d’autres m’ont dit que je n’avais pas le droit de toucher à la propriété de leur enfant.

Un professeur de la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal, Thierry Karsenti, encourage au contraire le monde enseignant à inclure les jeunes dans l’établissement de règles d’usage des téléphones mobiles.

En faisant confiance aux jeunes, on sera surpris de voir leur réponse et à quel point ils sont responsables.

Thierry Karsenti, professeur en sciences de l’éducation à l’Université de Montréal

Il compare l’apprentissage des outils numériques à la formation à la conduite automobile et considère qu’il est de la responsabilité du système scolaire d’intégrer l’usage des téléphones mobiles dans le programme.

Colombie-Britannique et Yukon

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