•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Canola : la situation est « critique », dit un fermier saskatchewanais

Gerry Hertz est montre des semences de canola.
Gerry Hertz a investi beaucoup d'argent dans le canola. Photo: CBC / Matthew Howard
Radio-Canada

Près de 43 000 producteurs de canola de l'Ouest canadien sont aux prises avec un marché incertain, notamment Gerry Hertz, qui qualifie la situation de « critique ». Le Saskatchewanais a investi une somme importante en vue des récoltes de 2019.

« J’en ai beaucoup dans mes bacs. Le prix a baissé. Ce n’est pas uniquement à cause de ce problème, mais ça me coûte beaucoup d’argent à court terme », affirme l’agriculteur de la région d’Edenwold, à l’est de Regina.

Le 1er mars, la Chine a décidé d'interdire les importations de semences de canola et d'autres produits en provenance de la plus importante compagnie d’exportation de canola canadienne, Richardson International.

La Chine a déclaré que cette décision était due à la peur des parasites et des bactéries. Le Canada a réfuté ces accusations, affirmant que les produits ont été inspectés.

La Chine achète environ 5 millions de tonnes de canola canadien. C'est le plus important importateur de semences de canola, avec environ 40 % du marché. Richardson International a fourni environ 2 millions de tonnes importées.

Des conditions et une réglementation canadienne strictes

Membre du groupe SaskCanola, M. Hertz affirme que les agriculteurs cultivent leurs récoltes dans des conditions sanitaires strictes.

« Nous avons le meilleur contrôle de qualité du monde avec l’Agence canadienne d’inspection des aliments », soutient l’agriculteur.

Un analyste spécialisé dans le marché du canola et conseiller pour les fermiers, Ed Baldwin, estime que, depuis l’arrestation de la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, le gouvernement chinois tente de mettre la pression sur le gouvernement canadien.

La Chine a réduit ses livraisons de canola depuis Noël, ce qui a modifié les exportations vers le pays, résume l’analyste.

« Nous sommes coincés entre les deux plus grandes économies du monde. Nous avons les États-Unis, qui sont notre principal partenaire commercial, et nous avons la Chine, qui est un marché que nous voulons développer », explique M. Baldwin.

Des moments difficiles

Le porte-parole de Richardson International, Jean-Marc Ruest, affirme que toutes les entreprises dans le secteur du canola sont touchées par la décision du gouvernement chinois. La Chine importe des semences et des produits de canola canadiens depuis des décennies.

« Si la qualité du produit était en cause, la Chine pourrait faire une demande pour résoudre ces problèmes. Il doit y avoir un certain nombre de raisons pour lesquelles Richardson International a été ciblée », mentionne M. Ruest.

Ed Baldwin croit que la solution est surtout diplomatique et lance un message aux agriculteurs : « Je ne pense pas que ce soit le temps de paniquer et de vendre ses récoltes à perte. Le marché ne fonctionne pas comme ceci », dit-il. « Nous devons permettre aux gouvernements de négocier. »

Inquiétude

Plusieurs délégués présents réunis cette semaine à Saskatoon au congrès annuel de l’Association des municipalités rurales de la Saskatchewan (SARM) se sont dits inquiets de l’impact de la décision de la Chine.

Son président, Ray Orb, entend s'entretenir avec le ministre de la Diversification du commerce international, Jim Carr, afin de connaître le plan du fédéral pour résoudre la situation.

« Nous espérons qu’une délégation se rendra en Chine », dit M. Orb.

Les agriculteurs et le SARM demandent des actions immédiates parce que, disent-ils, la situation est « critique ».

Agriculture

Économie