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30 ans du web : Tim Berners-Lee veut redresser son invention « dysfonctionnelle »

Tim Berners-Lee a inventé le web en 1989, alors qu'il travaillait au CERN et qu'il cherchait un moyen plus efficace de partager de l'information avec ses collègues et ses élèves.

Photo : Reuters / Simon Dawson

Radio-Canada

Le 12 mars 1989, Tim Berners-Lee, alors ingénieur à l'Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN), posait les bases de ce qui allait devenir le web. Trente ans plus tard, il estime que le temps est venu de revoir son invention en profondeur.

« Je pense que le web a été une force bénéfique pendant ses 15 premières années, a affirmé Tim Berners-Lee dans une entrevue qu'il a accordée cette semaine à BBC News. Actuellement, je crois que c’est incertain. »

« Je suis vraiment préoccupé par la croissance de la méchanceté et la désinformation [sur le web] », a poursuivi Tim Berners-Lee.

Celui qui a été anobli par la reine Élisabeth II en 2004 espère aujourd’hui corriger le tir quant au cap qu’a pris son invention. « Il faut stopper le plongeon vers un futur dysfonctionnel », affirme-t-il.

Trois catégories de problèmes

Dans une lettre ouverte (Nouvelle fenêtre) soulignant l’anniversaire de sa création, M. Berners-Lee regroupe sous trois catégories les problèmes du web actuel :

  1. Les intentions délibérées et malveillantes, comme le piratage et les attaques d’État, les comportements criminels et le harcèlement en ligne
  2. Une conception de systèmes qui crée des incitations perverses dans lesquelles la valeur des utilisateurs est sacrifiée, comme des modèles où les revenus sont basés sur la publicité et qui récompensent commercialement les pièges à clics et la propagation virale de la désinformation
  3. Les conséquences négatives involontaires d’une conception bienveillante, telles que le ton indigné et divergent, et la qualité du discours en ligne

Selon lui, des lois plus strictes pourraient minimiser la première catégorie de problèmes, et les deux autres nécessiteraient une remise en question des modèles existants. Il estime en outre que de chercher des coupables parmi les entreprises ou les gouvernements ne réglerait rien et qu’il faut plutôt essayer de traiter les causes de ces problèmes.

Le Contrat pour le web

« À mesure que le web remodèle notre monde, nous avons la responsabilité de nous assurer qu'il soit reconnu comme un droit fondamental et construit pour le bien public », écrit Tim Berners-Lee, en comparant cette idée à la Déclaration universelle des droits de l'homme.

M. Berners-Lee et sa Fondation Web proposent donc le Contrat pour le web (Nouvelle fenêtre) afin d’établir des normes, des lois et des principes visant à faire du web un environnement plus sain et accessible au plus grand nombre.

« La lutte pour le web est l’une des causes les plus importantes de notre époque, affirme Tim Berners-Lee. Aujourd’hui, la moitié du monde est en ligne. Il est plus urgent que jamais de veiller à ce que l’autre moitié ne soit pas laissée de côté et à ce que tout le monde contribue à un web propice à l’égalité, aux occasions et à la créativité. »

Libre depuis ses débuts

« Vague, mais excitant… » C’est en ces termes que Mike Sendall, l’ex-patron de Tim Berners-Lee au CERN, a décrit la proposition (Nouvelle fenêtre) de son employé, en 1989.

Mike Sendall avait vu juste : l’invention du web a considérablement changé la face du monde, en 30 ans d’existence. À l’époque, Internet, qui existait depuis de nombreuses années, était essentiellement réservé aux militaires, aux chercheurs et aux riches et puissantes organisations.

Peu de temps après son invention, le web a été placé dans le domaine public et une version a été mise en ligne sous licence libre. L’intention de Tim Berners-Lee et du CERN était claire : offrir cette technologie au plus grand nombre de gens pour partager le savoir de l’ensemble de l’humanité avec l’ensemble de l’humanité.

Dans sa lettre ouverte, M. Berners-Lee réaffirme cette intention, tout en soulignant les travers qu’elle a contribué à créer. « Sur fond de reportages sur la mauvaise utilisation du web, il est compréhensible que de nombreuses personnes aient peur et se demandent si le web est vraiment une force au service du bien », écrit-il.

« Mais compte tenu de tout ce que le web a changé au cours des 30 dernières années, il serait défaitiste et dénué d’imagination de supposer que le web tel que nous le connaissons ne peut pas être amélioré dans les 30 prochaines années. Si nous renonçons à construire un web meilleur aujourd’hui, ce n’est pas le web qui nous aura fait défaut. C’est nous qui aurons fait défaut au web. »

Avec les informations de BBC News

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