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ABI : l'offre rejetée, le lock-out continue à Bécancour

Roulotte

Site de l'Aluminerie de Bécancour inc. (ABI)

Photo : Radio-Canada / Jef Fortier

Michelle Raza

Après le rejet de la plus récente offre patronale aux travailleurs de l'Aluminerie de Bécancour inc. (ABI), les deux parties comme le reste de la région envisagent la suite des choses.

L’employeur pensait peut-être que nous serions épuisés financièrement et moralement par 14 mois de lock-out, mais nous sommes encore là, a résumé le président de la section locale 9700 du Syndicat des métallos, Clément Masse, au lendemain du vote.

Il a rappelé que l’offre rejetée lundi soir était moins généreuse que celle que les travailleurs d’ABI avaient refusée en janvier 2018. Le protocole de retour au travail proposé, qui s'échelonnait sur dix mois, a notamment été cause d'insatisfaction. Lors du conflit de travail à l'ABI en 2004, ça c'était fait en un mois et demi, a rappelé Clément Masse.

Clément Masse, tout sourire, qui serre les mains de ses membres.

Le conseil exécutif du syndicat et l'unité de négociation ont recommandé à leurs membres de voter contre l'offre de la direction de l'ABI.

Photo : Radio-Canada

Le syndicat des travailleurs de l’ABI dit maintenant vouloir prendre quelques jours pour analyser ses options. Parmi elles, le scénario d’une contre-offre à l’employeur n’est pas écarté.

On va peut-être repartir de l’offre refusée en janvier 2018 et voir quel aménagement on peut faire pour satisfaire l’employeur dans ses demandes et satisfaire nos membres aussi, a expliqué Clément Masse.

Le syndicat demande au ministre Boulet de ne pas intervenir

Le Syndicat des métallos demande au ministre du Travail Jean Boulet, impliqué dans les tentatives de règlement du conflit de travail depuis son entrée en poste l’automne dernier, de ne pas intervenir dans le dossier pendant un certain temps.

Le ministre a toujours son hypothèse de règlement, mais nous ne pensons pas que ce soit pertinent pour le moment, a déclaré Clément Masse.

Le ministre Jean Boulet pose devant un drapeau du Québec.

Le ministre Boulet a rencontré les deux partis jeudi.

Photo : Radio-Canada

Le ministre Boulet dit avoir pris acte de la décision du syndicat. Je vais attendre les quelques jours dont parle Clément Masse. Il persiste à croire toutefois que son hypothèse de règlement dans le dossier d’ABI pourrait aider à rapprocher les parties.

Je suis obsédé par les répercussions de ce conflit de travail qui dure depuis 14 mois.

Le ministre du Travail et député de Trois-Rivières, Jean Boulet

S’ils ne veulent pas faire appel prochainement au ministre du Travail, les syndiqués souhaitent toutefois rencontrer le premier ministre François Legault.

Ils veulent le sensibiliser au fait que l’entente actuelle avec Hydro-Québec, qui a permis à ABI d’économiser 165 millions de dollars en électricité, crée un déséquilibre des forces dans le conflit de travail.

Jean Boulet a par le passé expliqué que la renégociation des tarifs d’électricité « ne faisait pas partie de l’équation » et que le gouvernement Legault devait composer avec l’entente conclue par le précédent gouvernement libéral.

Quand je dis que la renégociation des tarifs ne fait pas partie de l’équation, je le dis en solidarité avec mes collègues, dont le premier ministre, a réitéré le ministre Boulet en entrevue à Facteur matinal.

Le maire de Bécancour assommé par le rejet de l’offre

Je suis assommé, concède le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois. Je réagis comme maire d’une ville où [ABI] représente 16 % du budget municipal.

On se retrouve un peu comme en période supplémentaire, illustre le maire. Je n’ai pas envie de larmoyer, mais je ne me réjouis certainement pas.

Jean-Guy Dubois, maire de Bécancour

Jean-Guy Dubois, maire de Bécancour

Photo : Radio-Canada

Le maire de Bécancour, qui se disait optimiste avant la tenue du vote, prend maintenant acte du résultat. 700 personnes sur 830 à peu près ont dit qu’ils n’acceptaient pas cette entente-là. Ils ne peuvent pas tous avoir tort.

C’est un combat de titans, qui va bien au-delà des relations de travail de l’ABI, de Bécancour, mais qui vaut aussi pour l’ensemble des alumineries. Ça va servir de modèle.

Le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois

Jean-Guy Dubois rappelle qu’il reste encore d’autres options pour dénouer le conflit de travail à l’ABI, notamment une hypothèse de règlement préparée par le ministre du Travail, Jean Boulet, à qui il fait encore parfaitement confiance.

Interrogé sur une possible fermeture de l’aluminerie ABI, Jean-Guy Dubois a répondu ne pas vouloir envisager le scénario. Au lieu de parler de développement ou de qualité de vie, on va parler de comment on va réussir à manger quand il n’y a rien sur la table.

La fermeture, pas un scénario crédible, selon le syndicat

Alors que plusieurs intervenants ou commentateurs craignent la fermeture de l’Aluminerie de Bécancour inc., le syndicat dit ne pas accorder foi à ce scénario.

Pancarte extérieure de l'ABI l'hiver avec des pancartes syndicales en avant

Les 1030 travailleurs de l'Aluminerie de Bécancour inc (ABI) sont en lock-out depuis le 11 janvier 2018.

Photo : Radio-Canada

Ce n’est pas un scénario que nous pensons crédible, a soutenu le président de la section locale 9700 du Syndicat des métallos, Clément Masse. Il a d’ailleurs souligné que l’employeur n’a parlé en aucun temps de fermeture de l’usine lors des négociations.

Mauricie et Centre du Québec

Relations de travail