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Des ambulanciers paramédicaux appelés pour un incident au poivre de Cayenne, alors qu'Abdirahman Abdi était en arrêt cardiaque

Trois agents de police autour d'un homme étendu par terre. L'image de l'homme au sol a été volontairement brouillée.
L'agent Dave Weir à gauche et l'agent Daniel Montsion agenouillé au centre. Photo: YouTube
Radio-Canada

Au 12e jour du procès du policier Daniel Montsion au palais de justice d'Ottawa, l'ambulancier paramédical Yannick Roussel a raconté lundi qu'il ne s'attendait pas à amener Abdirahman Abdi à l'hôpital quand il est arrivé au 55, rue Hilda, à l'ouest du centre-ville, le 24 juillet 2016.

L’ambulancier paramédical et son collègue ont été appelés sur les lieux pour ce qu’ils croyaient être un incident lié à du poivre de Cayenne.

À leur arrivée, ils ont parlé à un policier qui leur a dit que le patient avait résisté à son arrestation et qu'il avait un historique de troubles mentaux.

Selon le témoignage fait lundi lors du procès de l’agent Montsion au palais de justice d’Ottawa, Yannick Roussel est allé chercher un moniteur de fréquence cardiaque et une solution saline pour traiter les yeux d’Abdirahman Abdi.

Ce n'est que deux minutes après son arrivée sur les lieux qu'il a découvert que la victime était en arrêt cardiaque, a-t-il déclaré.

C'est à ce moment-là qu'il s’est mis en mode paramédical, se précipitant vers le camion pour demander de l'aide et obtenir un système d'aspiration et une civière.

Plaidoyer de non-culpabilité

À l'ouverture du procès au début de février, M. Montsion a plaidé non coupable à des accusations d'homicide involontaire, d’agression armée et de voies de fait graves relativement à la mort de M. Abdi.

Les accusations découlent d'une altercation avec des policiers, le 24 juillet 2016, qui a laissé Abdirahman Abdi, 37 ans, ensanglanté et sans signes vitaux devant son immeuble de la rue Hilda, dans le quartier Hintonburg, à l'ouest du centre-ville. Il a été déclaré mort à l'hôpital le lendemain.

La Couronne a annoncé son intention de prouver que l'agent Montsion avait infligé plusieurs coups injustifiés à la tête et aux jambes de M. Abdi, tout en portant des gants aux articulations renforcées qui ont finalement entraîné la mort de la victime.

Daniel Montsion fait son entrée au palais de justice.Agrandir l’imageLe policier Daniel Montsion a plaidé non coupable à des accusations d'homicide involontaire, d’agression armée et de voies de fait graves relativement à la mort de M. Abdi. (Archives) Photo : Radio-Canada / Robyn Miller

Pas de pulsations cardiaques pendant une demi-heure

Yannick Roussel a déclaré à la cour que les ambulanciers ont traité Abdirahman Abdi pour un arrêt cardiaque médical, par opposition à un arrêt cardiaque causé par un traumatisme ou une perte de sang.

M. Roussel a expliqué que, dans le cas d'un arrêt cardiaque médical, les ambulanciers paramédicaux choquent un patient avec un défibrillateur, et ce, jusqu'à quatre fois pour tenter de le réanimer sur les lieux.

Dans le cas où un arrêt cardiaque est causé par un traumatisme ou une perte de sang, ils ne le choquent qu'une fois avant de le conduire de toute urgence à l'hôpital pour une intervention chirurgicale dès que possible.

Tandis que Yannick Roussel conduisait Abdirahman Abdi au campus Civic de l'Hôpital d'Ottawa avec plusieurs autres ambulanciers paramédicaux à l'arrière, il a déclaré à la radio qu'ils ne connaissaient pas la cause de son état.

Cela pourrait être un traumatisme avec une absence de signes vitaux, le patient saignait beaucoup du visage, avait alors dit Yannick Roussel à la radio.

Un enregistrement de l'échange a été entendu au procès.

Aucun signe vital d'Abdirahman Abdi n'a été observé pendant les 30 minutes précédant sa réanimation à l'hôpital.

Ça a duré très longtemps, a déclaré l'ambulancier paramédical lundi.

Abdirahman Abdi a été officiellement déclaré mort le lendemain des faits.

Plus tôt au cours du procès, le tribunal a entendu les enquêteurs de l'Unité des enquêtes spéciales. Ces derniers avaient aussi été appelés pour ce qu'ils croyaient être un incident se rapportant à du poivre de Cayenne au 55, rue Hilda.

On ne sait pas encore si Abdirahman Abdi a effectivement été aspergé de poivre de Cayenne.

Une vidéo montrant la suite de l'affrontement entre les policiers et Abdirahman Abdi

Lundi matin, peu avant le témoignage de M. Roussel, Nimao Ali, la voisine d' Abdirahman Abdi, a raconté avoir vu ce dernier couché, face au sol et menotté. Selon elle, aucun des deux policiers ne semblait montrer d'empressement pour secourir Abdirahman Abdi à la suite de leur altercation.

La vidéo montre la victime sur le sol, ne bougeant pas, environ sept minutes avant l'arrivée des ambulanciers paramédicaux. Sur la vidéo, on entend Mme Ali demander aux ambulanciers paramédicaux les raisons pour lesquelles ils ne soignent pas Abdirahman Abdi sur-le-champ.

Pour leur part, les ambulanciers paramédicaux ont déclaré que leur temps de réponse avait été de cinq minutes.

Une vidéo montrant l'arrivée des ambulanciers paramédicaux a été présentée en cour. Cette vidéo montre une scène qui pourrait choquer certaines personnes.

Une vidéo montrant l'arrivée des ambulanciers

Les avocats de Daniel Montsion auront l'occasion de poser des questions sur la réaction des ambulanciers paramédicaux aux blessures d'Abdirahman Abdi.

La Couronne a appelé mardi Éric Langlois, un autre ambulancier paramédical d’Ottawa à la barre.

Avec les informations de Laurie Trudel et Laura Osman

Ottawa-Gatineau

Procès et poursuites