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Faute de soutien financier, La Piaule menace de fermer durant l'été

Un immeuble comprenant plusieurs chambres vu de l'autre côté de la rue, en hiver.

La Piaule accueille des personnes en situation d'itinérance à Val-d'Or.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Thomas Deshaies
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'organisme La Piaule de Val-d'Or, qui offre un hébergement aux personnes en situation d'itinérance à Val-d'Or, appelle à l'aide. Son financement actuel placerait l'organisme dans une situation insoutenable, selon son président. Le conseil d'administration pourrait être contraint de fermer durant l'été.

Le président de La Piaule, Stéphane Grenier, affirme que le financement provenant de l'État est insuffisant. Alors que l'organisme se dirigerait vers un déficit d'environ 140 000 $, une fermeture temporaire durant l'été est envisagée. Ça apporterait des problèmes de cohabitation l'été, peut-être des campements de fortune un peu partout autour de la ville, déplore M. Grenier. Si on n'a plus les moyens de se payer collectivement les services, ce sont des choix qu'il faudra faire.

Il va y avoir des problèmes d'errance à Val-d'Or, donc le coût social de tout cela, ça va être assez énorme d'après moi.

Louise Bouchard, membre du CA de La Piaule

La membre du conseil d'administration de l'organisme Louise Bouchard abonde dans le même sens. Ils [personnes en situation d'itinérance] vont se ramasser à la rue et ce seront les urgences qui vont être débordées, craint-elle.

Financement insuffisant et nouvelles exigences

Selon M. Grenier, La Piaule n'a bénéficié que d'une hausse de subvention de 291 $ l'année dernière. En situation de rareté de main-d'œuvre, l'organisme serait donc incapable d'offrir des salaires décents, causant une difficulté pour le recrutement et une surcharge de travail chez les employés actuels.

Certaines travailleuses, comme l'accueillante Catherine Lemay, doivent assumer de multiples tâches avec un salaire se rapprochant du salaire minimum. On fait plusieurs métiers, on se transforme en policier, en gérant, on gère tout. On fait tout ici dans le fond, s'exclame-t-elle.

Une femme pose pour la caméra dans le cadrage d'une porte.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'accueillante Catherine Lemay doit accomplir plusieurs tâches avec un salaire approchant le salaire minimum.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

La Piaule a été forcée de fermer deux lits multifonctionnels destinés aux personnes en situation d'ébriété en raison d'une nouvelle exigence gouvernementale. Du personnel qualifié, comme des travailleurs sociaux, doit dorénavant être présent en tout temps, selon M. Grenier. Tout ça avec une subvention de 58 000 $, mais avec ça, je peux à peine payer un travailleur qualifié pour un shift, déplore-t-il.

Une intervention du monde politique demandée

M. Grenier assure que l'organisme multiplie les campagnes de financement en parvenant à récolter près de la moitié de son budget de fonctionnement annuel de cette manière. Il juge que c'est maintenant au gouvernement de faire sa part. Selon lui, le CISSS-AT se trouverait aussi dans une situation financière inquiétante et n'aurait pas les moyens de venir en aide à l'organisme.

On a besoin d'aide. En ce moment, c'est la communauté qui nous soutient, mais on a besoin que le politique aussi nous soutienne.

Stéphane Grenier, président de La Piaule

Le porte-parole en matière de santé pour Québec solidaire, Sol Zanetti, a visité La Piaule samedi et apporté son soutien à l'organisme. Il faut qu'on arrête de contraindre les organismes communautaires à dépenser le peu de temps qu'ils ont puis toute leur énergie à aller chercher de l'argent au lieu de donner le service, qui en plus va sauver beaucoup d'argent à l'État et éviter des drames humains. Sans eux, ce serait la pagaille, a-t-il déclaré lors de son passage.

Sol Zanetti est entouré d'employés d'une soupe populaire.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le député de Québec solidaire Sol Zanetti est passé à La Piaule samedi dernier.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Chez Willie n'a toujours pas de financement récurent

Le centre de jour Chez Willie, administré par le Centre d'amitié autochtone de Val-d'Or (CAAVD), qui offre des services complémentaires à La Piaule, n'a toujours pas à ce jour de financement récurent.

La directrice générale du CAAVD, Édith Cloutier, affirme cependant que le service n'est pas menacé. C'est l'objectif de Chez Willie depuis son ouverture, de trouver un véhicule financier qui permet d'avoir une récurrence, pour justement mettre nos énergies à élargir ses services en lien avec ses besoins en lutte à l'itinérance, explique-t-elle.

Selon Mme Cloutier, même si les initiatives des dernières années ont permis d'apporter plus de soutien aux personnes vulnérables, il manque encore de services. Le CAAVD souhaite élargir son offre de services pour la population autochtone. Il y a peut-être des compléments de services qui pourraient être amenés à un lieu comme Chez Willie. On est en train d'étudier les options, conclut-elle.

Le CISSS-AT nous accordera une entrevue sous peu.

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