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Le sculpteur Joe Fafard s’est éteint

Le sculpteur Joe Fafard a d'abord travaillé avec l'argile pour ensuite se tourner vers le bronze dans les années 1980.

Photo : fournie par la famille

Radio-Canada

C'est dans sa maison de Lumsden, en Saskatchewan, que le sculpteur de renommée internationale Joe Fafard a rendu son dernier souffle, samedi, entouré de ses proches. Il était âgé de 76 ans. Retour sur une vie artistique sans fin.

À l'été 2018, Joe Fafard s’est rendu à Toronto pour présenter une exposition à la galerie Mayberry Fine Art, une exposition consacrée au peintre Vincent Van Gogh. Une de ses oeuvres a également été installée de façon permanente dans la métropole ontarienne à l’entrée de cette galerie.

Une sculpture représentant des chevaux en mouvement dans un parc.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La sculpture Do Ré Mi Fa Sol La Si Do de Joe Fafard à Québec, installée dans le parc Notre-Dame-de-la-Garde.

Photo : Ville de Québec

Les oeuvres de Joe Fafard sont visibles dans de nombreuses villes canadiennes. Pensons notamment au taureau intitulé Royal Sweet Diamond, au centre-ville de Vancouver, à ses fameux chevaux en acier qu'on peut voir à Québec et à Calgary, ou encore aux impressionnantes sculptures d’animaux de la ferme, comme Claudia, installée en 2003 sur le terrain du Musée des beaux-arts de Montréal.

Cliquez ici pour écouter ou réécouter l'émission de radio diffusée dimanche pour rendre hommage à l'artiste disparu.

« Ce que je voudrais faire, c’est faire les meilleures sculptures que je peux faire. Même essayer de dépasser toutes les autres que j’ai déjà faites. C’est toujours un bon défi d’avoir des ambitions, de faire le mieux que possible, de s’améliorer, et c’est ça qui me motive dans la création », avait-il affirmé en entrevue à Radio-Canada en 2018.

Deux ans plus tôt, il se rendait à Prince Albert pour voir sa gigantesque sculpture de loup, intitulée Dempsey, installée devant la galerie Mann Art. Une oeuvre dont rêvait la galerie depuis cinq ans.

Une sculpture en forme de loup exposée de façon permanente à l'extérieure d'une galerie d'art.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le loup Dempsey a été installé devant une galerie d'art de Prince Albert en 2016.

Photo : Galerie Mann Art

Le Musée des beaux-arts du Canada le décrit comme étant un artiste qui a donné un souffle nouveau à la sculpture en art contemporain canadien. Il est reconnu pour avoir créé des oeuvres qui illustrent la vie à la ferme, le quotidien, mais qui rendent aussi hommage à des personnages célèbres, comme ses sculptures de Pierre Elliott Trudeau et de Jean Chrétien.

Il est difficile de déterminer le nombre exact d'oeuvres réalisées par cet artiste prolifique. Son travail se retrouve d'ailleurs entre les mains de nombreux collectionneurs privés, partout au pays et ailleurs.

Je ne peux pas mettre le doigt sur ce qui me pousse à faire ce que je fais, mais je continue à le faire quand même. C’est une belle façon de vivre et de gagner sa vie. Cela me rend très heureux.

citation de Joe Fafard sur son site web
Des sculptures sur une table qui représentent différents personnages, notamment les anciens premiers ministres Jean Chrétien et Pierre Eliott Trudeau.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une table avec de nombreuses sculptures de l'artiste fransaskois dans son atelier à Lumsden en Saskatchewan.

Photo : Radio-Canada / Audrey Paris

Mes amis

C'est le nom donné à une de ses récentes expositions, présentée en 2015 à la galerie d'art Slate. Cette galerie située à Regina appartient à Gina Fafard, une des filles du sculpteur, et à Kimberley Fyfe. Les oeuvres de cette collection sont un hommage aux personnes, réelles ou imaginaires, qui ont inspiré l'artiste au fil des ans.

Une des pièces de l'exposition est notamment intitulée Mon père. Une sculpture qui permet d'en savoir un peu plus sur sa vie à Sainte-Marthe, dans le sud-est de la Saskatchewan, là où il est né, le 2 septembre 1942.

Joe Fafard a grandi dans une ferme près de la frontière avec le Manitoba, au sein d’une famille canadienne-française qui l’a toujours encouragé à créer. Il était le sixième de 12 enfants, comme le raconte l'auteur Terrence Heath dans une biographie du sculpteur parue en 2007.

Deux sculptures représentant Vincent Van Gogh et Paul Gauguin, sur un fond blanc.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les sculptures de Vincent Van Gogh et Paul Gauguin par Joe Fafard.

Photo : Radio-Canada / Thibault Jourdan

Il a réalisé ses premières créations au début des années 1950, alors qu'il était encore un élève du primaire. Sa passion, née dans la ferme familiale, le mènera à s'inscrire aux beaux-arts à l'Université du Manitoba.

Baccalauréat en main en 1966, Joe Fafard se dirige ensuite vers l’Université de l’État de Pennsylvanie, où il obtient une maîtrise en beaux-arts en 1968.

Sa biographie le décrit comme l'un « des artistes professionnels les plus innovateurs dans le domaine des arts visuels », et précise qu'il « présente une grande variété de ses oeuvres dans des galeries et des musées à travers le pays, mais également autour du monde, comme aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en France et au Japon ».

Son talent et son charisme lui ont également permis de créer des liens forts avec d'autres artistes reconnus, comme le peintre Wilf Perreault et le sculpteur Victor Cicansky. Dans les années où il a enseigné à l'Université de Regina, il a eu comme élève le célèbre peintre et sculpteur canadien David Thauberger, avec qui il s'est aussi lié d'amitié.

Joe Fafard demeurait à Lumsden, au nord de Regina, sur une terre où, outre sa maison et de nombreuses sculptures extérieures, se trouve un grand atelier abritant plusieurs de ses créations ainsi que celles de membres de sa famille.

Il laisse notamment dans le deuil sa conjointe, Alyce Hamon, et leurs deux enfants, Solenne et Julien, de même que trois enfants issus d'une autre union, Joël, Misha et Gina, leur mère Susan Wiebe, et cinq petits-enfants.

Joe est parti comme il a vécu, simplement, sans prétention, en toute sérénité, avec une étincelle dans les yeux, mais surtout avec tout l’amour des siens

Alyce Hamon

La tenue d'une cérémonie publique pour célébrer Joe Fafard sera annoncée prochainement par les membres de la famille.

Un reportage de Lyssia Baldini diffusé récemment sur la plateforme Atelier culturel de Radio-Canada

De nombreuses distinctions

En 1977, il reçoit la médaille du jubilé d'argent de reine Élisabeth II, un des premiers honneurs d'une longue série.

Le sculpteur fransaskois est devenu officier de l’Ordre du Canada en 1981, et il fait partie des membres de l’Ordre du mérite du gouvernement de la Saskatchewan depuis 2002. Il a reçu la Médaille des arts connexes de l’Institut royal d’architecture du Canada en 1987 et un doctorat honorifique de l’Université de Regina en 1989.

En 2007, le Conseil des arts de la Saskatchewan lui a décerné un prix soulignant l’ensemble de sa carrière. En 2012, il devint le premier artiste de la Saskatchewan à voir ses oeuvres, trois au total, immortalisées sur des timbres de Postes Canada.

Le sculpteur a aussi été désigné pour accompagner une délégation d'une trentaine de personnalités fransaskoises envoyée en mission culturelle, économique et politique au Québec pour clôturer l'Année des Fransaskois, en 2012.

Des cinéastes se sont également intéressés à son art, dont Michael McKennirey, en 1973, avec le documentaire de l'Office national du film I Don't Have to Work that Big.

Joe Fafard sur son vélo avec deux enfants ainsi qu'un chien qui les suit. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une scène du film I Don't Have to Work that Big diffusé en 1973 par l'Office national du film. Les cinéastes s'étaient rendus à Pense en Saskatchewan, là où Joe Fafard a demeuré dans les années 1970.

Photo : Office national du film

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